La lutte contre les inégalités est au cœur de la présidence française du G7

Evènement de haut niveau sur la migration et le développement
Intervention de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies
Assemblée générale – 27 février 2019

Monsieur le Directeur général,
Excellences,

Avant toute chose, je souhaite m’associer à la déclaration prononcée il y a quelques instants par le représentant de l’Union européenne.

Je voudrais remercier tout particulièrement la présidente de l’Assemblée générale, Madame Espinosa Garcés, pour l’organisation très opportune de cet évènement, ainsi que les panélistes pour leurs exposés sur l’état d’avancement des objectifs et des cibles de l’Agenda 2030 qui se rapportent directement au sujet qui nous réunit aujourd’hui qui est celui des liens entre la migration et le développement.

Cinq ans après leur adoption, l’année 2019 constituera une étape charnière pour l’atteinte des objectifs de développement durable d’ici l’année 2030. Pour la première fois, les Etats membres tireront le bilan du premier cycle de mise en œuvre des objectifs au cours d’un Forum politique de haut niveau organisé sous l’égide de l’Assemblée générale en septembre, et ce, dans le but d’insuffler une nouvelle impulsion. Le thème du Forum politique de haut niveau sous les auspices de l’ECOSOC cet été mettra, quant à lui, l’accent sur l’inclusion et les inégalités. A cet effet, je peux vous assurer de l’engagement de la France pour faire de ces deux évènements de véritables succès conjointement avec le Sommet du SGNU sur l’action climatique. La France a d’ailleurs choisi de placer la lutte contre les inégalités, qui est le sujet clef de l’ODD10, au cœur de la présidence française du G7 dont le sommet se tiendra du 25 au 27 août prochain. Le critère du succès, et ce doit être notre objectif et notre souci constant, est de favoriser des résultats concrets bénéficiant directement aux populations.

La contribution positive des migrations au développement durable a été reconnue dans l’Agenda 2030 qui comprend plusieurs cibles dédiées à la migration qui nous ont été rappelés en détail tout à l’heure. Les migrations sont souvent perçues médiatiquement ou politiquement comme un « problème à gérer », alors qu’il parait bien plus judicieux de voir les migrations comme une opportunité et d’en faire pleinement un facteur de développement. Pour cette raison, la France a pris en compte les interactions entre migrations et développement dans sa stratégie nationale et le gouvernement a confié à l’Agence française de développement l’élaboration d’un plan d’action. Le gouvernement français a décidé d’orienter son action à travers cinq objectifs stratégiques :

Premièrement, la France soutient qu’il faut améliorer la gouvernance des migrations à travers une approche inclusive des acteurs locaux, régionaux, nationaux et internationaux. La gouvernance locale des migrations doit ainsi être promue et soutenue.

Deuxièmement, nous considérons que les migrations sont un facteur de développement économique et social des territoires d’origine comme des territoires de destination. Les diasporas sont, du fait de leurs transferts financiers, le premier acteur mondial de la solidarité. La France se caractérise par la présence sur son territoire de diasporas nombreuses, diverses, structurées et actives pour le développement des pays d’origine et nous pensons que l’appui technique et financier aux organisations de diasporas et de migrants doit être renforcé avec une plus grande valorisation des transferts de fonds. A cet effet, la France a mis en place en 2015 un plan d’action national qui vise précisément à baisser les coûts de transferts de fonds des migrants. Grâce à cela, le coût des transferts de fonds depuis la France a ainsi diminué ces dernières années pour atteindre une moyenne de 6,82% en 2016, soit une baisse de 41% depuis 2011.

Troisièmement, nous appelons de nos vœux l’intégration de la dimension migratoire dans toutes les politiques de développement. En effet, la prise en compte systématique des migrations dans les projets de développement et les politiques sectorielles est indispensable, particulièrement dans les territoires fortement impactés par les mouvements de population. Il s’agit, enfin, de prendre en compte les migrations dans les projets de développement économique, en particulier dans le domaine de l’emploi, tant au niveau local que régional.

Quatrièmement, la France est convaincue que le respect des droits fondamentaux et la protection des personnes migrantes sont une condition essentielle et une finalité du développement. Les personnes migrantes sont exposées à des risques plus grands de violation de leurs droits, en particulier les femmes et les enfants. Il est indispensable donc de garantir les droits fondamentaux des personnes migrantes indépendamment de leur statut et ce tout au long du parcours migratoire, en particulier via l’accès au droit et à la justice et l’accès aux services de base.

Cinquièmement et pour terminer, il est à notre sens absolument nécessaire d’adopter un discours responsable sur les migrations et sur les liens entre migrations et développement. La méconnaissance des réalités des migrations génère des craintes et tensions qui peuvent se traduire par des faits de discriminations, voire par des violences. Les pouvoirs publics peuvent aider à une meilleure compréhension des migrations en encourageant un discours juste et étayé sur la nature des déplacements et les effets positifs des migrations. Pour cela, des données fiables doivent être diffusées dans le discours politique et médiatique et une plus grande sensibilisation de l’ensemble des citoyens, et notamment des jeunes permettraient de s’inscrire dans la durée.

Pour conclure, l’endossement par l’AGNU le 19 décembre dernier du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières constitue un premier pas important vers une gestion coordonnée d’un phénomène durable et global. Conjointement à l’Agenda 2030 de développement durable et à l’Accord de Paris sur le changement climatique, le Pacte mondial sur les migrations constitue notre feuille de route à tous. A plus forte raison, ces défis requièrent une coopération étroite entre les Etats. Sur ce sujet comme sur tant d’autres, le multilatéralisme est la seule solution possible.

Je vous remercie.

Dernière modification : 27/02/2019

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