La pandémie de COVID-19 n’a pas épargné l’Afrique centrale [en]

AFRIQUE CENTRALE

INTERVENTION A TITRE NATIONAL
DE NICOLAS DE RIVIERE
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES
AU CONSEIL DE SECURITE

New York, 12 juin 2020

L’Afrique centrale connaît un certain nombre de progrès, mais reste une région fragile, confrontée à de nombreux défis d’ordre politique, sécuritaire, humanitaire, ou relatifs aux droits de l’Homme. La situation très volatile de la République centrafricaine en est l’illustration. L’Accord de paix est remis en cause par les groupes armés, et la période préélectorale attise les tensions politiques. Le bassin du Lac Tchad fait face à la menace persistante de Boko Haram, et le golfe de Guinée reste l’épicentre de la piraterie au niveau mondial, malgré les initiatives louables des pays de la région.

La situation est d’autant plus délicate que la pandémie de COVID-19 n’a pas épargné la région et que son impact socio-économique risque d’être plus important encore. Alors que plusieurs pays se préparent à aller aux urnes, nous devons être pleinement conscients du risque de déstabilisation à la fois politique et sécuritaire que fait peser une telle situation.

Le soutien des partenaires internationaux reste indispensable pour aider les pays d’Afrique centrale à endiguer ces menaces.

Dans le prolongement de l’appel à l’action pour l’Afrique lancé le 15 avril par le président Macron et plusieurs responsables africains et européens, la France a promis 1,2 milliard d’euros pour soutenir l’Afrique dans la lutte contre le COVID-19. Elle a également lancé une initiative dans le cadre du G20 et du Club de Paris pour un moratoire sur le service de la dette des pays touchés par la pandémie. En Afrique centrale, le Tchad, la République du Congo et le Cameroun ont bénéficié de cette mesure. La France s’est par ailleurs engagée en faveur d’un pont aérien humanitaire entre l’Union européenne et plusieurs pays africains, en vue de soutenir la continuité des opérations des organisations humanitaires et leur participation à la riposte contre le COVID-19, alors que la fermeture des frontières a provoqué d’importantes difficultés logistiques. Le premier vol, le 8 mai, était à destination de la République centrafricaine. Le second, le 15 mai, à destination de São Tomé et Principe. Les 8 et 9 juin, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Yves le Drian, son homologue belge et le Commissaire européen en charge de la gestion des crises, se sont rendus en République démocratique du Congo à l’occasion d’un premier vol du pont aérien, qui doit permettre l’acheminement de près de 40 tonnes de fret et plus d’une centaine de travailleurs humanitaires. A ce soutien bilatéral s’ajoute l’appui de la France aux agences onusiennes humanitaires présentes dans la région. Dans ce cadre, la France devrait ainsi verser 4,5 M€ pour la lutte contre le Covid-19 en Afrique. Il est nécessaire de poursuivre une action concertée et cohérente, sous l’égide des Nations unies. Nous devons faire plus.

La France réitère également son soutien total à l’appel du Secrétaire général en faveur d’un cessez-le-feu mondial et d’un accès humanitaire sûr et sans entrave. Il n’y a pas d’alternative pour lutter efficacement contre la pandémie de COVID-19.

Je vous remercie.

Dernière modification : 12/06/2020

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