La police des Nations unies, des unités nécessaires qui doivent être entretenues [en]

Briefing des chefs des composantes Police
Intervention de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 6 novembre 2019

Merci Monsieur le Président,

Je souhaite commencer à mon tour en rendant un hommage appuyé à l’action des policiers et des gendarmes, femmes et hommes qui sont aujourd’hui déployés dans des conditions sécuritaires parfois très difficiles au sein des opérations de paix des Nations unies.

En écoutant M. Jean-Pierre Lacroix, et les témoignages des briefers et briefeuses aujourd’hui, nous voyons bien qu’il est particulièrement important que les populations puissent ressentir le bénéfice d’une opération de maintien de la paix, notamment en ce qui concerne l’amélioration de leur vie quotidienne. Et on voit bien que les forces de police ont un rôle déterminant à jouer à cet égard. Le témoignage de Mme Marie-Joseph Fitah-Kona, Conseillère du maire du 3e arrondissement de Bangui, que je remercie chaleureusement de sa participation aujourd’hui, est à ce titre exemplaire. La France entend être un partenaire volontaire et un partenaire constructif dans ce domaine. Et c’est pourquoi nous soutenons pleinement l’initiative « Action pour le Maintien de la Paix », et notamment l’engagement dans ce cadre à rendre la police des Nations unies plus efficace, plus performante et plus proche des besoins des populations. Il est essentiel à cette fin, que la police de l’ONU ait des capacités adaptées en matière de planification, de génération des forces, de gestion des crises et de direction.

Je voudrais à cet égard insister sur trois priorités de notre point de vue.

Tout d’abord, les personnels de police et de gendarmerie mis à disposition par les pays contributeurs doivent apporter une réelle plus-value en matière de compétence technique et de capacité opérationnelle. L’ONU a également besoin de leurs expertises au sein des structures de commandement. La France déploie ainsi au sein de la MINUSMA une équipe de policiers spécialisés en explosifs et en police scientifique. Nous déployons également au sein du secrétariat des experts dans le domaine des unités constituées de police et dans celui de la planification.

Deuxième priorité, nous considérons que le rôle des unités de police doit être revalorisé. Si les « casques bleus », c’est-à-dire les composantes militaires, représentent l’essentiel des « personnels en uniforme » d’une opération de maintien de la paix, les policiers ont, eux, un rôle spécifique indispensable. Ils incarnent un message différent : celui d’un retour progressif à la normale lié à une baisse de la menace et à une évolution positive de la situation sécuritaire. Les populations locales ne s’y trompent pas en général. Ce rôle si particulier des unités de police prend un relief particulier lors des phases de transition. En effet, au moment où les effectifs de casques bleus tendent à baisser progressivement, que l’Etat-hôte renforce sa souveraineté et que les forces armées nationales prennent peu à peu le relai, les unités de police des Nations unies permettent de témoigner que l’investissement des Nations Unies ne se cantonne pas au déploiement d’unités mais que le souci des populations locales reste au cœur des priorités de notre Conseil. Et je pense notamment à la République démocratique du Congo : dans certaines provinces, comme la Représentante Permanente adjointe de la Belgique l’a souligné, les unités de police pourraient succéder à des unités de casques bleus.

Enfin, le troisième point que je souhaitais soulever : la féminisation des contingents et des personnels de la Police est également indispensable. Nous devons continuer à progresser dans ce domaine, selon les objectifs qui sont ambitieux, mais qui sont atteignables, fixés par le Secrétaire général des Nations unies. Comme l’ont souligné plusieurs missions de police des Nations unies, il y a une corrélation positive entre la participation des femmes dans les forces de police et la stabilité et la durabilité des processus de paix. On l’a vu au Libéria, l’inclusion des femmes au sein des forces de police a permis de faire reculer les violences sexuelles et fondées sur le genre de jour, mais surtout de nuit. Et nous regrettons qu’en dépit de ces statistiques positives, l’inclusion des femmes au sein des forces de police reste trop faible, tout en saluant bien sûr les efforts déployés par le Département des opérations de paix pour accroître le nombre de femmes déployées.

Je voudrais terminer par quelques questions. Tout d’abord une question générale à tous et à chacun. Si l’on vous demandait, de façon assez schématique, quelle est la, ou quelles sont les deux principales difficultés dans l’accomplissement de vos missions, quelles seraient-elles ? Une autre question qui s’adresse à tous mais qui s’adresse notamment à la MONUSCO : quelle est l’évaluation que vous faites de l’évolution de votre capacité à répondre aux besoins des victimes de violences sexuelles et de violences fondées sur le genre ? Et enfin, une question pour Monsieur Abdu Nassir, le chef de la composante de police de la MONUSCO : vous nous avez parlé de façon très utile des efforts de la MONUSCO contre le crime organisé en mettant l’accent sur le renforcement de la chaîne pénale, et je serais également très intéressée des éléments d’information dont vous pourriez nous faire part sur les actions que la composante police de la MONUSCO mène en contribution à la lutte contre la crise Ebola.

Merci.

Dernière modification : 07/11/2019

Haut de page