La propagation de COVID-19 en Syrie est extrêmement préoccupante [en]

Syrie (situation humanitaire)
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 19 mai 2020

Syrie (situation humanitaire)
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 19 mai 2020

Monsieur le Président,

Merci tout d’abord à Mark Lowcock pour sa présentation.

La propagation du COVID-19 en Syrie est extrêmement préoccupante. La pandémie est en train d’accroître les besoins humanitaires dans un pays où plus de 11 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire.

Un cessez-le-feu national immédiat et durable est plus que jamais nécessaire.

Il n’y a pas d’alternative pour lutter efficacement contre la pandémie.

Ceci est d’autant plus crucial que le cessez-le-feu dans le Nord-Ouest reste fragile.

Le régime n’a malheureusement pas répondu à l’appel du Secrétaire général et de son Envoyé spécial en faveur d’un cessez-le-feu à l’échelle nationale. Nous appelons toutes les parties, et en particulier le régime, à travailler activement en ce sens.

Les Nations unies doivent rester au centre de ces efforts, conformément à la résolution 2254.

Je tiens à rappeler l’obligation de toutes les parties à respecter le droit international humanitaire.

La protection des civils doit être au cœur des préoccupations de chaque partie.

Toutes les parties, en particulier le régime syrien, doivent garantir un accès humanitaire.

Pour prévenir la propagation de la pandémie et y répondre, il est essentiel de surmonter la pénurie de fournitures et d’équipements essentiels. Ceux-ci doivent être acheminés par les voies les plus directes pour atteindre leurs bénéficiaires, les plus vulnérables.

Nous ne le répéterons jamais assez : le mécanisme d’aide humanitaire transfrontalière n’a jamais été aussi pertinent, tant dans le Nord-Ouest que dans le Nord-Est. La France reste déterminée à préserver ce mécanisme qui sauve des vies : un renouvellement pour douze mois, comme le demande le Secrétaire général, est indispensable.

Dans le Nord-Ouest, l’intensification de l’acheminement de l’aide humanitaire par les deux points de passage doit absolument se poursuivre, les risques sont immenses tant localement que pour la région.

Dans le Nord-Est, les lacunes en matière de fourniture d’aide médicale se sont aggravées à la suite de la perte du point de passage d’Al Yarubiyah. L’acheminement d’un convoi de l’OMS la semaine dernière est une étape positive mais nous ne devons pas être dupes : Damas ne fournit pas à l’ONU les autorisations suffisantes et dans les temps nécessaires pour compenser la perte d’al Yarubiyah. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : seuls 31 % des établissements de santé qui bénéficiaient auparavant d’une assistance via le mécanisme d’aide humanitaire transfrontalière reçoivent une aide. Comme le souligne le rapport du Secrétaire général, la modalité d’accès « crossline » ne suffit manifestement pas à elle seule pour répondre aux besoins actuels dans le Nord-Est : en effet, la couverture en « crossline » est largement similaire à celle enregistrée en 2019. Cela signifie qu’il n’y a pas eu d’amélioration de l’acheminement de l’aide « crossline » depuis le 10 janvier. Ceci est d’autant plus préoccupant que la pandémie se propage dans le Nord-Est. Le Nord-Est de la Syrie a besoin d’une assistance transfrontalière par le biais d’un point de passage dédié.

Nous soutenons tous les efforts visant à prévenir et à punir les violations des droits de l’Homme.

Les crimes d’atrocités de masse ne resteront pas impunis.

La France continuera à soutenir fermement tous les efforts visant à recueillir et préserver les preuves pour appuyer les procédures devant les juridictions compétentes.

Nous réaffirmons l’importance de partager le rapport complet du bureau d’enquête avec le IIIM et la commission d’enquête afin de poursuivre les enquêtes sur les incidents et de traduire leurs auteurs en justice.

Enfin, comme indiqué hier, seule une solution politique conforme à la résolution 2254 du Conseil de sécurité permettra de mettre un terme à la tragédie humanitaire en Syrie.

Je vous remercie, Monsieur le Président.

Dernière modification : 19/05/2020

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