La protection des civils au Darfour doit rester une priorité au Soudan [en]

MINUAD
Intervention de Mme Anne Gueguen, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 24 avril 2020

Monsieur le Président,

Je tiens à remercier les Secrétaires généraux adjoints DiCarlo et Lacroix pour leurs exposés très éclairants. Comme les autres membres de ce Conseil, la France condamne fermement l’attaque et la tentative d’assassinat du Premier ministre soudanais Hamdok le mois dernier.

Je serai brève et me limiterai à exprimer deux préoccupations et deux espoirs.

La première préoccupation est l’impact de la crise du COVID-19 sur le Soudan. La transition soudanaise a déjà dû faire face à de multiples défis : une crise économique et humanitaire profonde, de grandes attentes de la part du peuple soudanais, la nécessité de réformes politiques et économiques et le processus de paix en cours. La pandémie de Covid est un défi supplémentaire qui nécessite un soutien fort de la communauté internationale, et la France exprime sa solidarité avec la population et le gouvernement soudanais dans ce contexte. Il est nécessaire que le Soudan ait pleinement accès aux mécanismes internationaux de soutien pour faire face à la pandémie et à ses conséquences. J’espère également que l’impact négatif sur les activités et les mouvements de la MINUAD pourra être atténué efficacement.

La deuxième préoccupation est la protection des civils au Darfour. Alors que nous discutons de la manière et du moment de fermer la MINUAD et de déployer une mission politique spéciale, il y a encore 2 millions de personnes déplacées et de graves violations des droits de l’Homme continuent d’être signalées. Le processus de paix est en cours et doit s’attaquer aux principales causes du conflit. Le secteur de la sécurité et les institutions au niveau local doivent être réformés et reconstruits. Dans ce contexte, la protection des civils au Darfour doit rester l’une de nos principales priorités au Soudan.

Cependant, le Soudan d’aujourd’hui est différent de celui d’hier. Alors que les Soudanais ont célébré ce mois-ci le premier anniversaire de la chute d’Omar al-Bachir, il y a beaucoup à espérer. La première pierre de l’espoir est que la transition politique a établi une nouvelle relation entre Khartoum et ses partenaires internationaux, fondée sur la confiance, le dialogue et l’engagement mutuel. Nous sommes déterminés à continuer à soutenir la transition politique au Soudan, ainsi que les pourparlers de paix en cours. Alors que nous discutons des modalités et du calendrier de la fermeture de la MINUAD et de la planification et de la mise en place d’une nouvelle mission, le dialogue avec les autorités soudanaises est essentiel. Nous avons pris note des lettres envoyées par le Premier ministre Hamdok et nous proposons de continuer le dialogue avec les autorités soudanaises à cet égard, notamment sur la manière d’aborder la protection des civils au Darfour après la MINUAD.

Le deuxième sujet qui incite à l’optimisme est la mobilisation de l’Union africaine au Soudan, que la France soutient pleinement. L’année dernière, les efforts de médiation de l’UA ont joué un rôle essentiel dans les négociations qui ont abouti à la formation d’un gouvernement dirigé par des civils. Nous ne pouvons pas réussir sans un partenariat fort avec l’Union africaine. Nous devons faire preuve de créativité et trouver un moyen de concevoir un partenariat ad hoc entre la mission de suivi et l’Union africaine, en prenant en considération la valeur ajoutée de chaque institution.

La France est prête à s’engager avec ses partenaires et espère que le Conseil de sécurité sera uni pour s’accorder sur une résolution qui servira la paix et les intérêts du peuple soudanais. Je vous en remercie.

Dernière modification : 29/04/2020

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