La protection des droits de l’Homme contribue à une consolidation de la paix effective [en]

LES OPERATIONS DE PAIX ET LES DROITS DE L’HOMME

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIERE
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 7 juillet 2020

Madame la Présidente,

Je remercie la présidence allemande pour l’organisation de ce débat et je salue votre présence, Madame la Ministre. Je remercie également Madame Bachelet, Monsieur Shaerer et Monsieur Kitenge pour leurs interventions.

Le COVID-19 illustre l’imbrication entre droits de l’Homme, développement et paix. Les progrès doivent se dessiner en parallèle sur ces fronts. C’est pourquoi le Conseil de sécurité doit prendre en compte les droits économiques et sociaux, comme civils et politiques, quand il s’acquitte de son mandat.

La protection des droits de l’Homme n’est pas un objectif en soi, elle contribue aussi à une consolidation de la paix effective.

Le mandat sur les droits de l’Homme que nous confions aux opérations de paix doit être une partie intégrante de la stratégie conduite par le Représentant spécial ou l’Envoyé spécial, en lien avec les équipes pays des Nations Unies et les autorités nationales. Cette stratégie doit reposer sur un dialogue inclusif avec toutes les composantes de la société, femmes, jeunes, défenseurs des droits humains, groupes marginalisés, pour traiter les causes profondes des conflits et prévenir des crises. C’est le sens de la réforme menée par le SGNU que nous soutenons pleinement. L’inclusion des femmes dans les processus de paix doit cesser d’être un slogan, elle doit devenir une réalité.

Je veux saluer les composantes droits de l’Homme qui remplissent des fonctions essentielles :

Par leur rôle d’alerte : en RDC, le plan « Shabunda », lancé en réaction à des enquêtes menées par la MONUSCO, a permis l’arrestation d’un chef d’un groupe armé responsable d’exactions ;

Par l’appui aux autorités nationales : au Mali, la division des droits de l’Homme apporte un appui indispensable aux enquêtes nationales. En RCA, la MINUSCA a soutenu la création de la Cour pénale spéciale dont les premières enquêtes sur des violations graves ont été lancées. La responsabilité première incombe aux Etats hôtes sans lesquels il ne saurait y avoir de protection des droits de l’Homme effective ;

Par leur intégration aux communautés locales aussi sur laquelle repose les mécanismes d’alerte précoce pour la protection des civils ;

Par leur accès aux victimes, qui doit permettre de trouver des réponses à leurs demandes de réparations. Le Fonds Global pour les survivants, que la France soutient, devrait pouvoir s’appuyer sur l’expertise des opérations de paix.

Pour s’acquitter de ce mandat exigeant, les opérations de paix doivent être dotées des compétences et des ressources nécessaires.

L’exemplarité des Nations Unies et de ses casques bleus est cruciale. Y contribuer est une priorité pour la France.

Je voudrais rappeler l’importance que nous attachons à la politique de tolérance zéro pour les abus sexuels. Nous souscrivons à la procédure de certification des unités militaires nationales désignées pour servir en opérations et rappelons l’importance d’une formation adéquate pour prévenir les violences sexuelles.

La France forme chaque année 30 000 soldats africains francophones amenés à être déployés en opérations de maintien de la paix. La formation inclut le droit international humanitaire et les droits de l’Homme. La France soutient par ailleurs le renforcement du rôle des organisations régionales dans ce domaine. C’est pourquoi des conseillers juridiques sont placés auprès des missions de formations européennes au Mali, en RCA, dans la mission de l’OTAN en Irak et du G5 Sahel.

Je tiens à rappeler l’importance de la politique de diligence en matière de droits de l’Homme suivie par les Nations Unies dans leur coopération avec les forces non-onusiennes. C’est un enjeu de crédibilité mais aussi d’efficacité. Au Sahel, la mise en œuvre du cadre de conformité aux droits de l’Homme est indissociable de l’opérationnalisation de la force conjointe. A cet égard, nous saluons l’action du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme.

Il ne fait pas de doute que le strict respect du droit international humanitaire et des droits de l’Homme est une condition du succès de la lutte contre le terrorisme et du maintien de la paix. Cela passe par un dialogue sur les droits de l’Homme qui doit être continu et constructif, tourné vers les solutions, pour permettre aux Etats de répondre aux besoins de sécurité, de justice et de prospérité de leur population.

Je vous remercie.

Dernière modification : 07/07/2020

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