La réforme de l’ONU [en]

La France soutient la réforme des Nations unies engagée par son Secrétaire général, António Guterres. Ce dernier a présenté, dès le début de son mandat, des propositions pour réformer l’Organisation, rassemblées en trois piliers : le développement, le pilier paix et sécurité, et la gestion.

La réforme du système de développement des Nations unies

En vue de la réalisation de l’Agenda 2030 de développement durable, le Secrétaire général a proposé d’opérer des changements dans le système de développement des Nations unies, entérinés par l’Assemblée générale des Nations unies (A/RES/72/279). Ceux-ci visent à rapprocher la présence et l’action des Nations unies aux besoins et aux contextes locaux. Entrée en vigueur le 1er janvier 2019, la réforme du système de développement a transformé les équipes pays qui sont désormais centrées sur un cadre stratégique d’aide au développement unique et dirigées par un coordonnateur résident impartial, indépendant et aux moyens d’action renforcés.

Au cœur de cette transformation se trouve le nouveau système des coordonnateurs résidents, qui doit assurer un dialogue permanent avec leur pays de résidence et l’ensemble des agences et entités des Nations unies. Les coordonnateurs résidents doivent jouer un rôle déterminant de coordination avec les interventions humanitaires et les opérations de maintien de la paix, permettant d’assurer la continuité de l’action des Nations unies.

La réforme du pilier paix et sécurité

Les objectifs principaux de la réforme sont de donner la priorité à la prévention et au maintien de la paix, de renforcer l’efficacité et la cohérence des opérations de maintien de la paix et des missions politiques spéciales et de progresser vers un pilier unique et intégré pour la paix et la sécurité. L’approche centrée autour du « continuum paix-sécurité » doit en outre permettre une meilleure intégration des logiques de développement dans le règlement des crises.

À travers l’initiative « Action for Peacekeeping » (Action pour le maintien de la paix ou A4P) lancée par le Secrétaire général des Nations unies, les États Membres, le Conseil de sécurité, les pays hôtes, les pays qui fournissent des contingents ou du personnel de police, les partenaires régionaux et les contributeurs financiers ont renouvelé leur engagement collectif en faveur des activités de maintien de la paix menées par l’ONU. La Déclaration d’engagements communs contient les engagements que les États Membres et le Secrétariat seraient prêts à prendre en vue de mener une action collective visant à renforcer le maintien de la paix.

L’A4P comporte 8 chapitres : politique ; femmes, paix et sécurité ; protection ; sûreté et sécurité ; performance et responsabilité ; consolidation de la paix ; partenariats ; conduite des opérations. La France a été désignée « champion » pour le chapitre Performance ; ce rôle sert à promouvoir et inciter les progrès dans ce domaine.

L’architecture du Secrétariat a aussi été revue afin de rendre son action plus cohérente : le département des affaires politiques a été transformé en un Département des Affaires politiques et de consolidation de la paix (DPPA) et le département des opérations de maintien de la paix (DOMP) en un Département des opérations de paix (DPO). Une structure politique et opérationnelle unique, commune aux deux Départements, est chargée de la gestion de toutes les activités politiques et opérationnelles ayant trait à la paix et à la sécurité.

Le Secrétaire général des Nations unies souhaite par ailleurs renforcer les relations avec les organisations régionales (Union africaine, Union européenne, Ligue arabe…), pour améliorer la planification et la communication stratégiques.

La réforme de la gestion

Clef de voûte de l’agenda de réforme du Secrétaire général, le pilier « gestion » est défini de manière complémentaire aux deux autres qu’il a vocation à soutenir : les réformes de fond qui sont menées dans les domaines de la paix et la sécurité et celui du développement passent obligatoirement par une amélioration du fonctionnement administratif de l’Organisation.

Pour conserver la confiance de la communauté internationale, l’Organisation doit montrer qu’elle est capable de s’adapter au temps présent et de relever avec efficacité et responsabilité les défis d’aujourd’hui. Devant ce constat, le Secrétaire général a proposé un nouveau et ambitieux modèle de gestion pour le Secrétariat et l’Organisation. Cette réforme vise en effet à responsabiliser les agents en délégant les pouvoirs de décision le plus proche possible du terrain ; simplifier les structures et rationaliser les procédures, notamment en matière de ressources humaines ; accroître la rapidité d’exécution des mandats ; et, enfin, améliorer la transparence en rendant mieux compte aux Etats-membres. Ce changement de paradigme vise à passer l’Organisation d’une culture du processus à une culture du résultat.

« Notre objectif doit être un système des Nations Unies pour le développement d’un XXIe siècle davantage tourné vers l’humain que vers les procédures. Le véritable test de cette réforme se traduira par des résultats tangibles dans la vie des personnes que nous servons - et par la confiance de ceux qui soutiennent notre travail. » - António Guterres, Secrétaire général des Nations unies, le 27 novembre 2018

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Bâtiment des Nations unies à New York – 23 février 2017
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Dernière modification : 19/05/2020

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