La solution à la pandémie est dans la redynamisation du système multilatéral [en]

CONSOLIDATION DE LA PAIX ET PAIX DURABLE :
LES PANDEMIES ET LES DEFIS A LA PAIX DURABLE

INTERVENTION DE MME ANNE GUEGUEN
CHARGEE D’AFFAIRES, REPRESENTANTE PERMANENTE ADJOINTE DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 12 août 2020

Monsieur le Président,

Je remercie l’Indonésie et votre Ministre qui nous a honoré de sa présence d’avoir pris l’initiative de cette réunion très opportune et remercie les intervenants pour leurs brillants exposés sur les défis posés par la pandémie de COVID-19 au plan de la paix et de la sécurité.

L’adoption récente de la résolution 2532 sur la pandémie de COVID-19, portée par la Tunisie et la France, a été une étape cruciale. Elle a mis en lumière notre responsabilité collective et notre unité face à cette crise sans précédent. Le Conseil a ainsi envoyé un signal clair, en soutien à l’appel du Secrétaire général. C’est également une exigence renouvelée vis-à-vis de l’action collective multilatérale.

Monsieur le Président,

L’appel du Secrétaire général au sursaut du multilatéralisme et à la solidarité internationale a montré le chemin. 75 ans après l’adoption de la Charte, il y urgence à renouer avec l’esprit de San Francisco.

Nous devons à présent passer de la parole aux actes. Avec la Tunisie, la France appelle ainsi à la mise en œuvre collective, intégrée et coordonnée de la résolution 2532. C’est la responsabilité des membres de ce Conseil mais aussi de l’ensemble des Nations Unies, en particulier dans leur engagement de prévention des conflits, de médiation et dans leurs activités humanitaires. La Commission de consolidation de la paix a également un rôle important à jouer, et le Fonds de consolidation de la paix est un outil qui a fait la preuve de sa pertinence et de son efficacité et que nous soutenons pleinement.

Je voudrais évoquer à cet égard notre responsabilité vis-à-vis des pays fragiles et en crise. Ces pays, en situation de conflit ou de post-conflit, sont particulièrement à risque dans le contexte de la pandémie. La COVID et les mesures prises pour l’endiguer ont pu alimenter les tensions, engendrer des discours haineux voire des violences. Elles ont généré de fausses rumeurs, des récits anxiogènes et des actions de désinformation, alors que certains ont été tentés de profiter de la pandémie pour restreindre les libertés publiques. La pandémie a aussi mis à mal la confiance dans les institutions et la résilience économique des plus vulnérables. Il nous revient de réfléchir collectivement aux moyens de lutter contre ces menaces.

Monsieur le Président,

Un des éléments clé de la stabilité de ces pays est la résilience de leurs systèmes de santé. Nous devons à cet égard soutenir les efforts engagés par les Nations Unies et l’OMS. L’OMS doit être confortée dans son rôle normatif, d’alerte et de coordination. Cela n’exclut pas, le temps venu, de tirer les leçons de la gestion de la crise actuelle et d’engager les réformes nécessaires.

La France est engagée aux côtés des Nations Unies pour soutenir les populations vulnérables touchées par la COVID-19. La France a engagé 500 millions d’euros dans le projet ACT-A, dont elle a été à l’initiative, pour accélérer le développement et l’accès aux traitements, diagnostics et vaccins contre la COVID-19.

Je souhaite enfin réitérer l’importance de l’intégration d’une perspective de genre dans la réponse à la crise que nous traversons, et de porter une attention particulière aux femmes et à la jeunesse. Nous devons prendre en compte leurs besoins spécifiques dans la réponse à la pandémie, et garantir leur participation pleine, active et effective à tous les niveaux de décision, afin de reconstruire de manière durable et égalitaire.

La France contribuera activement à cette réflexion notamment à travers l’organisation dans les mois à venir du Forum de Paris pour la paix en novembre 2020 puis, en partenariat avec ONU Femmes et le Mexique, du Forum Génération Egalité.

Monsieur le Président,

Nous le savons, la solution à cette crise et, à plus long terme, la construction d’une paix durable, n’est pas dans le repli sur soi, mais dans une coopération accrue et dans la redynamisation du système multilatéral. Vous pouvez compter sur le soutien et la détermination de la France.

Je vous remercie.

Dernière modification : 12/08/2020

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