La violence à l’égard des femmes et des filles croît aussi vite que la pandémie [en]

75EME ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES

DÉCLARATION CONJOINTE DE 82 PAYS A L’OCCASION DU 25ème ANNIVERSAIRE DE LA DÉCLARATION DE PEKIN

Déclaration commune de Son Excellence Monsieur Mogens Jensen, Ministre de l’Egalite des Chances du Danemark, à l’occasion de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale, célébrant le vingt-cinquième anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Pékin, le 1er octobre 2020, au nom des pays suivants : Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Andorre, Antigua et Barbuda, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Bénin, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Canada, Cap-Vert, Chili, Chypre, Costa Rica, Cote d’Ivoire, Croatie, Danemark, El Salvador, Estonie, Equateur, Espagne, Fiji, Finlande, France, Géorgie, Grèce, Guinée, Iles Marshall, Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon, Jordanie, Kazakhstan, Kirghizstan, Lettonie, Liban, Libéria, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine du Nord, Madagascar, Maldives, Maroc, Malte, Mexique, Monaco, Mongolie, Montenegro, Namibie, Norvège, Nouvelle Zélande, Palau, Pays-Bas, Pérou, Portugal, République de Corée, République dominicaine, République de Moldavie, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Rwanda, Samoa, Serbie, Sierra Leone, Slovénie, Suède, Suisse, Tadjikistan, Thaïlande, Timor-Leste, Togo, Tunisie, Turkménistan, Ukraine et Uruguay

New York, le 1er octobre 2020

Monsieur le Président,

J’ai le plaisir de faire cette déclaration au nom des gouvernements et des peuples de 82 pays : Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Andorre, Antigua et Barbuda, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Bénin, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Canada, Cap-Vert, Chili, Chypre, Costa Rica, Cote d’Ivoire, Croatie, El Salvador, Estonie, Equateur, Espagne, Fiji, Finlande, France, Géorgie, Grèce, Guinée, Iles Marshall, Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon, Jordanie, Kazakhstan, Kirghizstan, Lettonie, Liban, Libéria, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine du Nord, Madagascar, Maldives, Malte, Maroc, Mexique, Monaco, Mongolie, Montenegro, Namibie, Norvège, Nouvelle Zélande, Palau, Pays-Bas, Pérou, Portugal, République de Corée, République dominicaine, République de Moldavie, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Rwanda, Samoa, Serbie, Sierra Leone, Slovénie, Suède, Suisse, Tadjikistan, Thaïlande, Togo, Timor-Leste, Tunisie, Turkménistan, Ukraine, Uruguay, ainsi que de mon propre pays, le Danemark.

Monsieur le Président, nous célébrons aujourd’hui les progrès importants réalisés dans la promotion de l’égalité des genres et la réalisation de tous les droits humains de toutes les femmes et de toutes les filles depuis l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Pékin, en 1995, notamment dans les domaines de la violence à l’égard des femmes et des filles, de l’accès aux services de santé, y compris les droits et la santé sexuels et reproductifs (DSSR), de l’éducation des femmes et des filles et de leur émancipation politique et économique.

Ces améliorations ont été impulsées par des mouvements féministes dynamiques, des organisations de défense des droits des femmes et la société civile. Ils sont essentiels pour garantir la durabilité des accomplissements, alors que nous continuons à nous efforcer de mettre en oeuvre les engagements de Pékin.

Mais vingt-cinq années de gains obtenus de haute lutte sont aujourd’hui sérieusement menacées de graves retours en arrière sur ces droits. Trop de femmes et de filles se voient encore refuser le droit de prendre des décisions concernant leur propre vie et sont victimes de violences sexuelles et sexistes, y compris de pratiques néfastes, avec la tragique réalité qu’une femme sur trois dans le monde subira des violences au cours de sa vie.

La COVID-19 a considérablement aggravé cette situation. Les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée et sont confrontées à un défi extraordinaire. Comme une "pandémie de l’ombre," la violence à l’égard des femmes et des filles croît aussi vite que la pandémie de COVID-19. Les femmes et les filles en situation de vulnérabilité, y compris les femmes et les filles vivant avec un handicap, sont les plus exposées. Au cours des douze derniers mois, deux-cent quarante-trois millions de femmes et de filles âgées de 15 à 49 ans ont subi des violences sexuelles et/ou physiques de la part d’un partenaire intime, et ce chiffre va augmenter. Cette pandémie alimente également des millions de cas supplémentaires de mariages d’enfants, précoces et forcés. Pour enrayer ce phénomène, il faut une action concertée visant à intensifier les efforts de prévention fondés sur des données probantes, afin de mettre fin à la violence avant qu’elle ne commence, de s’attaquer aux normes sociales néfastes, de garantir la disponibilité et l’accessibilité de services complets à toutes les victimes et de poursuivre les agresseurs afin de lutter contre l’impunité.

Comme les services de santé primaires habituels sont perturbés par la pandémie, les femmes et les adolescentes ont un accès réduit aux services de santé essentiels, notamment les soins de maternité et de planification familiale. Les lacunes en matière de droits et de santé sexuelle et reproductive et d’accès aux services de santé dans le monde entier, mettent la vie des femmes en danger et entravent l’égalité des sexes. Ainsi, 800 femmes meurent chaque jour en couches, vingt millions de femmes souffrent chaque année d’une forme d’invalidité due à des complications liées à la grossesse et à l’accouchement, et deux cent quinze millions de femmes ont des besoins non satisfaits en matière de contraception. Pour pouvoir déployer tout leur potentiel et participer pleinement aux économies et aux sociétés, les femmes doivent avoir accès à des services de santé sexuelle et reproductive complets et non discriminatoires pour leur permettre de prendre des décisions, notamment si, quand et combien d’enfants elles veulent.

Nous appelons tous les gouvernements du monde à investir d’urgence dans le maintien des services de santé sexuelle et reproductive pendant la pandémie afin que les femmes et les adolescentes continuent à avoir accès à des services de santé essentiels et vitaux.

Monsieur le Président, la Décennie d’action pour les Objectifs de Développement Durable (ODD), le prochain Forum Génération Egalité, coparrainés par les gouvernements de la France et du Mexique avec ONU-Femmes, ainsi que l’actuelle réponse mondiale au COVID-19, sont autant de possibilités convergentes sans précédent qui nous sont offertes pour remobiliser la communauté internationale, renouveler l’engagement et la volonté politique de réaliser les changements sociétaux rêvés à Pékin et nécessaires pour reconstruire un monde plus égalitaire et plus inclusif. Nos gouvernements s’engagent à atteindre cet objectif et à défendre les droits humains des femmes et des filles.

Pour conclure, Monsieur le Président, comme aucun pays n’a encore achevé l’agenda de Pékin, nous restons profondément engagés dans la mise en œuvre accélérée, complète et effective de la Déclaration et du Programme d’action de Pékin et du Programme d’action de la CIPD et des résultats de leurs conférences d’examen. Les femmes et les hommes, les filles et les garçons, doivent avoir le même pouvoir de façonner la société et leurs propres vies. Nous continuerons à travailler sans relâche pour combler le fossé restant et instaurer l’égalité des sexes dans toutes les dimensions de la vie, pour donner aux femmes et aux filles les moyens de pleinement s’autonomiser et, par là même, renforcer le pouvoir de l’humanité.

Je vous remercie.

Dernière modification : 01/10/2020

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