Le COVID-19 représente une menace pour les territoires palestiniens. [en]

Moyen-Orient
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 30 mars 2020

Monsieur le Président,

Tout d’abord, je remercie Nikolay Mladenov pour son exposé et la présidence pour avoir organisé la réunion mensuelle sur le conflit israélo-palestinien. Il est important que le Conseil continue à se réunir sur les principaux points chauds.

Le briefing du coordinateur spécial a souligné la menace que le COVID-19 représente pour les territoires palestiniens.

À Gaza, le système de santé était déjà sur le point de s’effondrer avant la pandémie. La moitié des médicaments essentiels n’étaient disponibles que pour un mois. Les équipements de base pour répondre au COVID font manifestement défaut. La propagation du virus pourrait également conduire à une déstabilisation sociale et politique plus large, avec des conséquences régionales.

Nous avons pris note des efforts déployés. Nous demandons instamment à Israël d’autoriser la livraison de matériel médical et les évacuations humanitaires d’urgence. L’Autorité palestinienne doit également lever les restrictions qui empêchent la livraison de matériel médical et de médicaments à Gaza.

En écho à l’appel du Secrétaire général à une trêve humanitaire, tous les acteurs doivent s’abstenir de tout acte d’hostilité, maintenir le cessez-le-feu et assurer l’accès humanitaire à toutes les personnes dans le besoin. Nous condamnons les tirs de roquettes contre les zones civiles en Israël, y compris ceux du week-end dernier.

Néanmoins, il n’y aura pas de stabilité durable à Gaza sans une levée du blocus avec des garanties de sécurité crédibles pour Israël et le retour de l’Autorité palestinienne dans l’enclave dans le cadre d’un accord de réconciliation intra-palestinienne. Il importe que des progrès soient réalisés sur ces deux fronts.

En ce qui concerne la Cisjordanie, nous sommes très préoccupés par la situation des détenus palestiniens, y compris en Israël, et des civils vivant dans la zone C et à Jérusalem-Est. Permettez-moi de rappeler les responsabilités d’Israël en tant que puissance occupante, conformément aux conventions de Genève. Nous demandons aux autorités israéliennes de faciliter l’acheminement des fournitures humanitaires.

Une coopération accrue est nécessaire entre Israël et l’Autorité palestinienne. Je salue la décision d’Israël de transférer 120 millions de shekels de recettes fiscales à l’Autorité palestinienne ; les parties doivent néanmoins s’entendre sur un accord plus global.

La communauté internationale doit renforcer son soutien à Gaza et à la Cisjordanie. Je salue le plan global de réponse humanitaire des Nations unies pour répondre à la crise du COVID ainsi que les efforts de l’UNRWA qui restent d’autant plus essentiels aujourd’hui. Et je salue la nomination de M. Lazzarini au poste de commissaire général de l’UNRWA.

Enfin, nous réitérons notre condamnation des récentes annonces faites par le gouvernement israélien de poursuivre la colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Elles menacent clairement la viabilité d’un futur État palestinien.

Avec nos partenaires européens, nous avons appelé le gouvernement israélien à reconsidérer ses décisions et à mettre fin à toute activité de colonisation, conformément à ses obligations en tant que puissance occupante en vertu des Conventions de Genève et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2334. Nous demandons également à toutes les parties de respecter pleinement les obligations qui leur incombent en vertu du droit international.

Nous avons mis en garde contre toute mesure unilatérale, y compris l’annexion de certaines parties de la Cisjordanie, qui compromettrait la solution des deux États et les perspectives de paix. De telles mesures, si elles étaient mises en œuvre, ne resteraient pas sans réponse.

En conclusion, permettez-moi de former l’espoir que le COVID-19 soit également l’occasion de favoriser la réconciliation et la paix. Les mesures unilatérales en réponse à des défis communs, cela ne fonctionne tout simplement pas. J’espère donc que nous pourrons collectivement préparer le terrain pour la reprise des pourparlers de paix dans le cadre des paramètres agréés au niveau international et de la solution des deux États. Je vous remercie.

Dernière modification : 31/03/2020

Haut de page