Le Conseil doit soutenir l’action des jeunes dans la consolidation de la paix et la sécurité [en]

Jeunes, paix et sécurité
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 17 juillet 2019

Je remercie la présidence péruvienne d’avoir pris l’initiative de nous réunir un an après l’adoption de la résolution 2419, que le Pérou a initiée avec la Suède. Je remercie l’Envoyée du Secrétaire général pour la Jeunesse, ainsi que Mesdames Muganda et Ramyar, pour leurs exposés.

Je voudrais souligner les obstacles qui se dressent contre la participation des jeunes (I) avant d’explorer quelques pistes permettant au Conseil de sécurité de soutenir leur action en faveur de la paix et de la sécurité (II).

I/ Les jeunes et les organisations de jeunesse ne nous ont pas attendus pour se constituer en acteurs de la paix et la sécurité internationales. Partout, ils contribuent à des solutions innovantes, investissent de nouveaux espaces alternatifs et luttent contre le statu quo, comme le souligne le rapport du PNUD sur le rôle de premier plan des jeunes dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent.

Cependant, ce potentiel immense ne saurait se réaliser si les jeunes sont déplacés ou forcés de quitter leur pays à cause de la guerre, s’ils sont endoctrinés par des groupes extrémistes, si leurs écoles et universités sont attaquées, si la liberté d’expression sous toutes ses formes est entravée, s’ils sont exclus de la vie politique, économique et sociale. Il nous faut permettre à la jeunesse de s’émanciper dans tous ces domaines.

La France a donc fait de l’émancipation des jeunes une priorité nationale et une priorité de sa diplomatie.

A titre d’exemple, le projet Média Sahel mené par l’Agence française de développement qui mobilise un budget de 8,3 millions d’euros pour permettre aux jeunes du Burkina Faso, du Mali et du Niger de contrer les fake news, d’accéder à des informations fiables et de participer ainsi de manière plus active et sereine au débat public dans leur pays.

Nous soutenons également la participation des jeunes dans le cadre de notre présidence du G7. Il y a un mois, des centaines de décideurs de moins de 30 ans se sont réunis à Paris sous le haut patronage du Président de la République pour présenter des recommandations pour lutter contre les inégalités. Ces recommandations seront transmises au G7 des chefs d’Etat qui se réuniront du 24 au 26 août à Biarritz.

La participation de la jeunesse sera une priorité du Forum que la France co-organisera avec le Mexique et ONU Femmes en 2020 à l’occasion du 25e anniversaire de la 4e Conférence mondiale de l’ONU sur les droits des femmes de Pékin de 1995.

II/ Le Conseil doit soutenir plus systématiquement l’action des jeunes dans la consolidation de la paix et la sécurité en renforçant le cadre opérationnel des résolutions 2250 et 2419, qu’il a adoptées.

Les discussions dans le cadre de l’agenda « Jeunes Paix et sécurité » comme nous avons aujourd’hui sont importantes. La jeunesse doit également être intégrée de manière plus systématique dans nos délibérations sur les situations pays à notre agenda. Nous saluons à cet égard les interventions devant le Conseil de sécurité de jeunes briefeurs comme Kessy Ekomo-Soignet, de République centrafricaine, à Inas Miloud, de Libye ou encore à Nujeen Mustafa, jeune réfugiée syrienne. Ces interventions doivent être plus systématiques.

Il est également essentiel que les rapports sur les situations pays intègrent les aspirations de la jeunesse et la contribution des Nations unies à leur inclusion dans les processus de paix. A cet égard, je veux saluer la stratégie jeunesse de la Mission de vérification des Nations unies en Colombie, ainsi que les efforts du PNUD, du FNUAP et de la Commission de consolidation de la paix pour développer un programme global sur la jeunesse, la paix et la sécurité pour soutenir les coalitions de jeunesse et les feuilles de route jeunesse, paix et sécurité, qui débutera en 2020.

Nous attendons avec intérêt les recommandations qui seront faites par le Secrétaire général dans son rapport sur l’application des résolutions 2419 et 2250 d’ici mai 2020.

A cet égard je tiens à saluer l’extraordinaire mobilisation du Secrétaire général en faveur de la jeunesse, comme en témoignent le lancement récent de la Stratégie « Jeunesse 2030, l’organisation de la Conférence mondiale des ministres de la Jeunesse et du Forum de la jeunesse « Lisbonne + 21 » et le Sommet Climat pour la jeunesse prévu en septembre prochain, qui illustrent les efforts engagés par le SGNU pour faire de la jeunesse un pilier du multilatéralisme.

Monsieur le président,

En 1957, Albert Camus, lors de son discours de réception du prix Nobel de littérature, déclarait : « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. » Nous ne parviendrons pas à empêcher que le monde ne se défasse sans une participation pleine et effective des générations actuelles et futures et sans les reconnaître comme des partenaires incontournables de la paix et de la sécurité internationales. Pour ce faire, vous pouvez compter sur le plein engagement de la France. Je vous remercie.

Dernière modification : 23/07/2019

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