Soudan/Soudan du Sud : seul un dialogue sérieux permettra une solution politique [en]

Abyei / FISNUA
Intervention de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 28 avril 2020

Monsieur le Président,

Je tiens à remercier le Secrétaire général adjoint Jean-Pierre Lacroix et l’Envoyé spécial Parfait Onanga pour leurs exposés très éclairants.

Je serai brève et limiterai mes remarques à trois points.

Premièrement, la France condamne dans les termes les plus fermes l’augmentation des violences intercommunautaires et les récents affrontements violents à Kolom. Je voudrais souligner nos vives préoccupations concernant les allégations de violence sexuelle à l’encontre des femmes et enfants et es déplacements internes dans ce contexte. Nous appelons les gouvernements du Soudan et du Soudan du Sud à coordonner une enquête, comme annoncé, et nous rappelons que les responsables doivent être tenus traduits en justice. Ces terribles événements confirment que la situation à Abyei est encore fragile et que le déploiement de l’UNISFA est toujours nécessaire.

Monsieur le Président,

Cependant, et c’est mon deuxième point, seul un véritable processus politique pour traiter la question de l’Abyei et de la démarcation de la frontière peut réellement stabiliser la sécurité à Abyei. La France appelle les gouvernements du Soudan et du Soudan du Sud à saisir l’opportunité de l’amélioration de leurs relations bilatérales pour se pencher sur la question de l’Abyei et à engager un dialogue sérieux pour parvenir à une solution politique, conformément à l’accord de 2011. Nous nous félicitons des progrès réalisés dans les processus de paix dans les deux pays, tels que rapportés par l’Envoyé spécial Parfait Onanga. Nous encourageons tous les groupes armés du Darfour à se joindre aux négociations.

La France encourage également l’Union africaine, le Groupe de mise en œuvre de Haut Niveau de l’Union africaine et l’Envoyé spécial des Nations unies pour la Corne de l’Afrique à intensifier leur rôle de médiation en vue de parvenir à une solution politique entre le Soudan et le Soudan du Sud, conformément à l’accord de 2011. Nous devons tous faire de notre mieux pour éviter que la situation à Abyei ne devienne un nouveau conflit gelé et la FISNUA une mission à sans fin. Comme le Secrétaire général l’a écrit dans son dernier rapport, la communauté internationale ne peut ni l’accepter ni se le permettre.

Monsieur le Président,

Ma dernière remarque concerne la reconfiguration de la FISNUA, telle que décidée par ce Conseil. Nous regrettons profondément que les trois unités de police constituées (FPU) soient toujours en attente de déploiement. Nous demandons aux deux gouvernements de soutenir pleinement la FISNUA dans le déploiement de son personnel, notamment en lui délivrant les visas demandés. Les trois FPU doivent être déployées le plus rapidement possible. C’est la seule façon de faire face au niveau élevé de criminalité à Abyei, et d’adapter la force aux défis actuels. Dans le même temps, les deux parties devraient s’engager à mettre en place le service de police d’Abyei, conformément à l’accord de 2011.

Enfin, la France appelle l’ONU et toutes les parties prenantes à faire de leur mieux pour déployer le chef de mission civil adjoint et l’équipe civile. La FISNUA doit pouvoir soutenir le processus de paix, y compris au niveau communal, et travailler avec l’Union africaine et les acteurs concernés à Juba et Khartoum.

Je vous remercie.

Dernière modification : 29/04/2020

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