Le dérèglement climatique est source de déstabilisation sociale, économique, politique [en]

75ÈME ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES

EVENEMENT PARALLELE DE HAUT-NIVEAU "DOUBLE VULNERABILITE : LES CONSEQUENCES HUMANITAIRES DU CROISEMENT DES RISQUES LIES AU CLIMAT ET AUX CONFLITS »

INTERVENTION DE M. JEAN-BAPTISTE LEMOYNE,
SECRÉTAIRE D’ÉTAT CHARGÉ DU TOURISME, DES FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER ET DE LA FRANCOPHONIE

New York, le 25 septembre 2020

Mesdames et messieurs, chers amis,

Le dérèglement climatique, on le sait, il est source de déstabilisation à la fois sociale, économique, politique. Que ce soit la raréfaction des ressources naturelles ou les phénomènes climatiques inhabituels ou extrêmes et bien cela provoque des tensions graves qui peuvent dégénérer en conflits. Ils viennent fragiliser les sociétés et les communautés les plus vulnérables dont les moyens de subsistance limités dépendent directement de la stabilité, de la prévisibilité de leur environnement naturel. D’ores et déjà, ces phénomènes provoquent des déplacements internes de populations, des mouvements migratoires transfrontaliers, une augmentation des besoins humanitaires, alimentaires, nutritionnels. Et c’est pourquoi la communauté internationale doit se doter d’instruments d’analyse, de consultation, de coopération en s’appuyant sur la science pour anticiper et répondre aux risques provoqués par le dérèglement climatique.

Dans cet esprit, la France et ses partenaires européens ont demandé au Secrétaire général des Nations unies de produire un rapport tous les deux ans sur la question des conséquences sécuritaires d’un dérèglement climatique. La France propose aussi l’élaboration de recommandations d’actions concrètes dans le rapport biannuel du Secrétaire général et s’emploie à ce que les résolutions des Nations unies, y compris celles du Conseil de sécurité, soulignent l’importance de lutter contre le dérèglement climatique.

Les Nations unies devront favoriser l’adaptation des communautés et la résilience au changement climatique. Dans ce cadre, l’action du mécanisme « Climat et Sécurité » mérite d’être renforcé notamment avec la nomination d’un envoyé spécial pour la sécurité climatique. Les acteurs humanitaires également doivent adapter leurs stratégies pour tenir compte de ce changement et prévenir ces risques climatiques.

L’initiative « Climate Risks and early Warning Systems (CREWS) », lancée par la France lors de la COP21, s’inscrit dans cette perspective. CREWS vise à améliorer la prévention, l’information sur les risques d’évènements hydrométéorologiques et climatiques, et donc à protéger des vies, les moyens de subsistance et les biens des populations vulnérables. Plus largement, la France poursuit un dialogue étroit avec ses partenaires humanitaires, les agences onusiennes comme les ONG concernant les conséquences du dérèglement climatique sur les situations humanitaires mais aussi les modes d’actions des acteurs humanitaires.

L’impact du changement climatique, son accélération, ne permettent plus d’opposer le temps court de l’urgence humanitaire et celui plus long de l’enjeu climatique. Il faut penser ensemble les modalités de l’assistance humanitaire et la préservation de l’environnement. Et lors de sa prochaine Conférence nationale humanitaire qui devra se tenir en décembre, la France invitera les acteurs humanitaires à débattre de cet enjeu.

Dans ce contexte global, où dérèglement climatique et conflit se renforcent mutuellement et affectent la sécurité, le développement d’une responsabilité environnementale globale est de plus en plus nécessaire et sera bénéfique à tous.

Je vous remercie.

Dernière modification : 29/09/2020

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