Le Barrage de la Renaissance : prévenir l’escalade et régler ce différend [en]

REUNION PUBLIQUE SUR LE GRAND BARRAGE DE LA RENAISSANCE ETHIOPIENNE

INTERVENTION A TITRE NATIONAL DE M. NICOLAS DE RIVIERE

AMBASSADEUR, REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE, LE 29 JUIN 2020

Je remercie Mme DiCarlo pour sa présentation et je salue la présence parmi nous de M. Choukri et des ambassadeurs du Soudan et d’Ethiopie .

Le différend qui entoure le Barrage de la Renaissance risque, s’il n’est pas résolu d’une manière satisfaisante pour toutes les parties, de générer plus de tensions dans la région. Comme l’ont indiqué mes collègues européens, tout doit être mis en œuvre pour éviter l’escalade. J’en appelle donc à la responsabilité des dirigeants des trois pays concernés.

Je tiens à saluer les efforts du gouvernement soudanais pour relancer le processus de négociations, ainsi que l’Afrique du Sud, les Etats-Unis et l’Union européenne pour leur implication dans ces pourparlers.

L’Union africaine a un rôle majeur à jouer pour faciliter et accompagner ces négociations. Les discussions conduites la semaine dernière sous l’égide du Président Ramaphosa marquent un pas dans la bonne direction et doivent se poursuivre, dans un esprit constructif, pour parvenir à un accord. Nous encourageons la poursuite des négociations dans ce cadre et appelons à leur conclusion rapide, conformément à l’état d’esprit qui a présidé aux dernières discussions entre les chefs d’Etat et de gouvernement.

Un accord mutuellement bénéfique permettrait de faire de ce barrage une opportunité de développement et de prospérité pour tous les peuples de la région, et non plus un facteur de tensions et de divisions. Nous appelons toutes les parties à respecter le droit international et les conventions afférentes, mais aussi la déclaration de principe adoptée par les trois parties en 2015.

La France encourage aussi le Secrétaire général des Nations unies à proposer ses bons offices en appui à ces efforts. Alors que nous venons de fêter les 75 ans de la Charte, la prévention des conflits et le règlement pacifique des différends doit être au cœur de l’action des Nations unies.

Nous appelons enfin solennellement l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan à la retenue et à leur sens des responsabilités. C’est en effet par la voie du dialogue et par elle seule que l’on parviendra à éviter l’escalade et à résoudre ce différend. J’appelle donc chacune des parties à ne rien entreprendre qui pourrait nuire à cet objectif et à la poursuite des discussions.

Dernière modification : 30/06/2020

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