Le multilatéralisme, une méthode efficace et nécessaire

Dialogue de haut-niveau sur le multilatéralisme
Intervention de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies
ECOSOC - 10 septembre 2019

Monsieur le Secrétaire général,
Madame la Présidente de l’Assemblée générale,
Mesdames et Messieurs les Ambassadrices et les Ambassadeurs,
Madame la directrice du centre sur la coopération internationale de NYU,

Chers collègues,

Je tiens avant tout à remercier les missions permanentes de l’Equateur, de la Norvège et de la Russie pour l’organisation de ce second dialogue de haut-niveau sur le multilatéralisme, au cœur duquel se trouve notre organisation : l’ONU. Vous l’avez tous très bien dit : à l’heure où l’humanité et la planète font face à des transformations systémiques, que ce soit du fait du dérèglement climatique, des atteintes à l’environnement et à la biodiversité, des nouvelles technologies ou de la nouvelle tectonique des plaques géopolitiques, ou encore de l’aggravation des inégalités, nous avons plus que jamais besoin d’un multilatéralisme renouvelé et modernisé, et d’un multilatéralisme inclusif. Nous avons besoin d’une ONU rajeunie, ouverte, dont les objectifs et l’utilité soient visibles, lisibles et compréhensibles par le plus grand nombre à travers le monde.
A l’heure où le système multilatéral est confronté à des défis inédits tout en étant, et ceci est un paradoxe, la cible d’attaques sans précédents, la France est attachée à s’engager, avec vous, dans une véritable réflexion et à lancer un engagement concret des Etats membres de cette Organisation en faveur du renouvellement du multilatéralisme.

Plus que jamais, nous avons besoin d’institutions légitimes, efficaces et universelles pour prévenir les dérives d’une compétition sans règle, et pour inventer des solutions collectives aux grands défis d’aujourd’hui. Comme le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian le rappelait au cours de la Conférence des Ambassadeurs et Ambassadrices français, il y a quelques jours, le multilatéralisme, ce n’est pas un dogme, ce n’est pas une idéologie, mais c’est une méthode efficace, et c’est une méthode qui marche. Sans le multilatéralisme, il n’y aurait pas d’Accord de Paris, pas de convention de l’UNESCO sur la protection de la diversité culturelle, pas de fonds mondial pour sauver des vies humaines en luttant contre le sida, le paludisme et la tuberculose, et il n’y aurait pas non plus d’Agenda 2030.

Réinventer le multilatéralisme passe selon nous par une démonstration par la preuve de la pertinence du système multilatéral, de la coopération et des institutions internationales. Et c’est dans cet esprit que les ministres français et allemand des Affaires étrangères, Messieurs Heiko Maas et Jean-Yves Le Drian, ont lancé, cette année, une Alliance pour le multiltéralisme qui se réunira pour la première fois à New York à niveau ministériel le 26 septembre prochain, en marge de la semaine de haut-niveau de l’Assemblée générale. Cette Alliance représente un cadre souple de coopération, d’Etats engagés pour le multilatéralisme et la coopération internationale – parmi lesquels la France, l’Allemagne, mais aussi le Japon, le Canada, le Ghana, le Chili et d’autres pays, qui sont engagés pour résoudre les nouveaux défis de notre temps. Cette alliance vise notamment à impulser des initiatives fortes, notamment là où la gouvernance est absente ou insuffisante. Ces initiatives seront présentées au cours de la réunion ministérielle, dans 15 jours, le 26 septembre, à laquelle les missions permanentes de l’Allemagne et de la France sont heureuses de vous convier.

La France est également engagée pour la promotion de la méthode multilatérale à travers le Forum de Paris pour la Paix, dont la première édition s’est tenue le 11 novembre 2018 et qui se réunira à nouveau cette année du 11 au 13 novembre. Le Forum de Paris réunit toutes les parties prenantes – les Etats, les organisations, le secteur privé, la société civile – pour faire avancer des solutions concrètes concernant six thématiques majeures, dont la paix et la sécurité, le développement et l’environnement. Il intervient en complément de l’action des organisations multilatérales, qui restent les enceintes légitimes de la production de règles et de mécanismes, autour de projets concrets, normatifs visant à établir des instruments juridiques, standards ou des bonnes pratiques et visant également des projets organisationnels pour la mise en place de nouvelles institutions, des mécanismes ou des solutions innovantes.

Le 75ème anniversaire de l’Organisation des Nations unies, l’année prochaine, va nous offrir l’occasion de mettre en avant que le système multilatéral conserve toute sa pertinence. Et c’est une opportunité unique de communiquer largement sur les réussites de l’ONU, mais aussi de souligner sa nécessaire adaptation aux défis du XXIème siècle. La réforme qui a été engagée par le Secrétaire générale est à ce titre essentielle et la France la soutient sans réserve.
Je vous remercie.

Dernière modification : 11/09/2019

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