Le processus de consolidation de la paix en Guinée-Bissau reste à consolider [en]

Guinée-Bissau/UNIOGBIS
Intervention de M. Antoine Michon, coordinateur politique à la Représentation permanente de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 10 septembre 2019

Je voudrais tout d’abord remercier la Sous-Secrétaire générale pour l’Afrique, Madame Bintou Keita, et l’Ambassadeur Mauro Vieira, qui préside la configuration Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix, pour leurs interventions.

Monsieur le Président,

Je veux saisir l’occasion de cette réunion pour saluer les développements positifs qui ont eu lieu en Guinée-Bissau, mais aussi pour encourager les acteurs bissau-guinéens à poursuivre leurs efforts pour consolider ces avancées qui restent fragiles.

1/ Au titre des développements positifs, je voudrais d’abord saluer l’organisation des élections législatives en mars dernier, qui représente une avancée majeure. Même si la situation post-électorale reste fragile, l’attitude responsable de l’ensemble des acteurs bissau-guinéens, civils et militaires, a permis à ce scrutin de se tenir dans de bonnes conditions, et je salue leur sens des responsabilités.

Ces développements positifs sont le signe de l’efficacité de l’appui de la communauté internationale et je tiens à saluer à cet égard le rôle décisif du groupe des 5, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, l’Union africaine, la Communauté des pays de langue portugaise, l’Union européenne et les Nations unies, dans l’obtention de ces résultats. J’adresse notamment un hommage appuyé aux États de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, dont l’engagement sans faille, politique, économique et militaire, a porté ses fruits, et qui restent très impliqués en soutien à leur partenaire. Je veux aussi saluer le rôle positif de la Commission de consolidation de la paix, sous la direction de l’Ambassadeur Vieira, et le rôle des projets du Fond de consolidation de la paix, qui a été relevé.

Enfin, ce Conseil a effectué une mission sur place en février dernier, à l’initiative de la Côte d’Ivoire et de la Guinée équatoriale, qui a permis de marquer le soutien du Conseil à la tenue des élections dans de bonnes conditions.

Ces évolutions montrent que les outils que nous avons collectivement déployés pour répondre à cette crise, y compris les sanctions, ont été efficaces.

Et alors que le Bureau intégré des Nations unies en Guinée-Bissau rentre dans sa dernière année de mandat, je veux aussi exprimer notre soutien à la nouvelle Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies Mme Rosine Sori-Coulibaly, qui pourra compter sur notre plein appui dans ses efforts d’accompagnement des acteurs bissau-guinéens ainsi que dans la mise en œuvre du plan de transition du BINUGBIS que nous avons décidé ici dans ce Conseil.

Monsieur le Président,

2/ Malgré les avancées que j’ai mentionnées, le processus en Guinée-Bissau reste à consolider. A cet égard, il est très important que l’élection présidentielle se tienne bien aux dates prévues, à savoir le 24 novembre, pour le premier tour, et le 29 décembre, pour le second tour, et ceci dans un climat apaisé. Le respect de ce calendrier électoral est impératif pour prévenir une nouvelle crise politique. Nous attendons donc des autorités bissau-guinéennes qu’elles continuent à se mobiliser pleinement dans la préparation technique de ce scrutin, et en particulier, il me paraît absolument nécessaire de veiller à la bonne organisation de la Commission nationale électorale et de parvenir rapidement à un consensus sur la révision de la liste électorale.

Ce scrutin permettra en effet de clore le cycle électoral et sa bonne tenue constituera, pour ce qui nous concerne, un préalable nécessaire à une évolution sur le volet des sanctions, comme cela a été évoqué dans le rapport du Secrétaire général.

Le rétablissement d’une paix et d’une stabilité durables en Guinée-Bissau passe aussi par des avancées dans d’autres domaines, et à cet égard, je veux rappeler l’importance que l’ensemble des réformes politiques qui sont prévues par l’Accord de Conakry de 2016 soient mises à l’œuvre dans les meilleurs délais. Et par ailleurs, comme plusieurs intervenants l’ont souligné, la lutte contre la criminalité organisée, et notamment contre le trafic de drogue, exige un engagement résolu des autorités bissau-guinéennes et également un appui continu de la part de la communauté internationale. La saisie majeure de cocaïne qui a été mentionnée par Mme Keita, est à cet égard un signe plutôt encourageant de cet engagement. Enfin, la réforme du secteur de la sécurité, qui a déjà commencé, avec le soutien du BINUGBIS, est indispensable, on le sait. L’histoire récente a montré qu’il ne saurait y avoir de stabilité à long terme dans le pays sans réforme en profondeur du secteur de la sécurité.

Monsieur le Président,

Nous sommes donc à un moment charnière sur la Guinée-Bissau et les semaines à venir devront nous permettre de confirmer que la Guinée-Bissau est véritablement engagée sur la voie d’une stabilisation durable. Le rôle d’accompagnement de la région et, plus largement, de la communauté internationale et de ce Conseil sera important dans la période à venir et les autorités bissau-guinéennes peuvent compter sur le soutien de la France dans ces efforts.

Je vous remercie.

Dernière modification : 10/09/2019

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