Les civils continuent à payer le prix fort des affrontements au Yémen [en]

Yémen
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 17 octobre 2019

Merci Monsieur le Président.

Je remercie l’Envoyé spécial, Martin Griffiths, et le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Mark Lowcock, pour leurs interventions.

La situation humanitaire au Yémen reste catastrophique et notre réponse collective doit être à la hauteur.

Les populations civiles continuent à payer le prix fort des affrontements : le mois de septembre a été le plus meurtrier de l’année. Le respect du droit international humanitaire n’est pas négociable : il s’impose à tous.

La protection des civils, y compris celle des personnels humanitaires et médicaux, ainsi que des infrastructures civiles reste une priorité absolue.

Tout doit être fait pour garantir un accès humanitaire immédiat, sûr et sans entraves. Les restrictions croissantes imposées par les Houthis aux acteurs humanitaires privent des millions de personnes d’aide humanitaire : cela est inacceptable.

Il est essentiel enfin que les contributions au plan de réponse humanitaire soient versées sans délais. Nous saluons à cet égard les annonces de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis lors de la semaine ministérielle de l’Assemblée générale.

Seule une solution politique permettra de mettre durablement un terme aux souffrances de la population yéménite.

Nous appelons donc les parties à rechercher le plus rapidement possible, sans précondition, une telle solution avec l’aide des Nations unies. Il ne faut plus perdre de temps et travailler sans délais à cet effet, même si nous déplorons que l’accord d’Hodeïda ne soit pas entièrement mis en œuvre. En ce sens, nous réitérons notre plein et entier soutien à l’Envoyé spécial.

Les progrès vers une cessation des hostilités peuvent contribuer à cet objectif. Nous avons pris note de l’annonce houthie, le 20 septembre dernier, de cesser leurs frappes contre le territoire saoudien. Cette annonce est positive et elle a été suivie d’une relative baisse des échanges de tirs. Elle doit être suivie de progrès tangibles sur le terrain et dans la durée. Les récentes libérations de prisonniers sont encourageantes. Nous notons les signaux positifs envoyés par Riyad concernant cette proposition houthie : nous espérons voir une mise en œuvre rapide d’un apaisement des tensions. Les Nations unies ont un rôle essentiel à jouer pour accompagner ces efforts et contribuer à restaurer la confiance entre les parties.

Le risque est grand, par ailleurs, que les affrontements dans le Sud ne créent un front supplémentaire.

Nous saluons les progrès permis grâce aux dialogues de Djeddah, dont l’Arabie Saoudite a pris l’initiative. Un accord semble imminent et nous espérons qu’il sera conclu au plus vite.

La participation des différentes composantes de la société yéménite est primordiale dans le cadre du règlement du conflit. La lutte contre le terrorisme reste enfin un enjeu prioritaire dans le Sud du Yémen.

La France restera pleinement mobilisée et engagée dans la recherche d’une solution politique, la seule issue possible à ce conflit. Les autorités françaises continueront à agir en ce sens, y compris au plus haut niveau, dans le cadre des efforts menés par le Président de la République, M. Emmanuel Macron, en faveur d’un apaisement d’ensemble des tensions dans la région.

Je vous remercie Monsieur le Président.

Dernière modification : 18/10/2019

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