Les défenseures des droits de l’Homme doivent être protégées

Représailles à l’encontre des défenseures des droits de l’Homme
Intervention de Mme Sheraz Gasri, Conseillère juridique à la Représentation permanente de la France auprès des Nations unies
Réunion en formule Arria du Conseil de sécurité – 21 février 2020

Je tiens à remercier à mon tour le Royaume-Uni et la République dominicaine pour l’organisation de cette réunion. Et je remercie aussi très sincèrement Madame Brands Kehris, Madame Rees et Madame Eddens pour leurs exposés très détaillés et très éclairants qui illustrent la réalité du problème à notre agenda aujourd’hui et la gravité des menaces auxquelles font face les femmes défenseurs des droits humains, qui s’engagent au bénéfice de toutes et de tous, parfois au péril de leur vie, et qui ont le courage de venir témoigner et de coopérer avec les Nations unies. Leur action est indispensable pour atteindre les objectifs des Nations unies et nous devons les entendre plus fort ici, même quand nous ne sommes pas d’accord avec ce qu’elles ont à nous dire.

Que ces femmes puissent être prises pour cibles lorsqu’elles coopèrent avec l’ONU et témoignent devant le Conseil de sécurité est une atteinte à l’autorité du Conseil et contraire à toutes les valeurs et principes de la Charte. Comme les Etats qui sont intervenus avant moi l’ont dit, nous devons condamner fermement ces menaces. IL n’est pas acceptable que les femmes soient intimidées et quand elles le sont, qu’elles ne sachent pas vers qui se tourner quand elles font face à des menaces. Le point d’entrée aux Nations unies doit être très très clair.

Les défenseurs des droits de l’Homme doivent pouvoir trouver au sein des Nations unies un espace protecteur. Quand elles sont invitées à témoigner devant le Conseil de sécurité cela relève de notre responsabilité collective de réagir.

Bien évidemment le rôle de Madame Brands Kehris, en tant que point focal pour les représailles au sein du système des Nations unies, est essentiel et nous comptons sur elle pour nous signaler les situations spécifiques et nous faire des propositions au cas par cas pour les prévenir et y mettre fin.

Nous avons bien évidemment entendu les propositions nombreuses de Shalini Eddens et de Madeleine Reens notamment sur la question de l’importance de l’évaluation des risques et du suivi lors du retour dans le pays d’origine. Nous avons aussi bien pris note des propositions qui étaient faites par les autres Etats membres du Conseil et nous allons continuer à les écouter avec attention.

Je pense qu’il est essentiel qu’en tant qu’Etat membre du Conseil de sécurité nous n’invitions pas la société civile à la légère, et qu’en tant que Conseil nous assurions le suivi dans la durée des personnes qui sont venues témoigner devant nous et qui ont coopéré sur le terrain avec des opérations de maintien de la paix ou des Missions spéciales.

Je vous remercie.

Dernière modification : 24/02/2020

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