Les défis restent importants en Bosnie-Herzégovine [en]

Bosnie-Herzégovine
Intervention de M. Wadid Benaabou, coordonnateur politique adjoint de la Mission permanente de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 6 mai 2020

(traduction de l’intervention prononcée initialement en anglais)

Monsieur le Président,

Je tiens à remercier le Haut Représentant pour la Bosnie-Herzégovine, M. Valentin Inzko, et la représentante de l’ONG Youth initiative for Human Rights, Mme Irena Hasic, pour leurs présentations. Je salue également la présence à cette réunion des représentants de la Bosnie-Herzégovine, de la Croatie, de la Serbie et de l’Union européenne. La France s’associe pleinement à la déclaration que prononcera le représentant de la délégation européenne.

Monsieur le Président,

Les défis restent importants en Bosnie-Herzégovine, comme l’a expliqué le Haut Représentant, mais je note plusieurs développements positifs qui montrent que la coopération et l’unité peuvent prévaloir.

Tout d’abord, j’aimerais saluer la réponse des dirigeants et des citoyens de Bosnie-Herzégovine au défi de la pandémie de Covid-19. La réaction rapide des autorités à tous les niveaux et la bonne coordination entre tous les acteurs ont permis de maîtriser la propagation du virus malgré la crise politique. L’Union européenne a également démontré sa solidarité en apportant une assistance afin de répondre aux besoins médicaux les plus urgents et d’assurer la reprise économique, complétée par l’aide bilatérale de ses États membres.

Deuxièmement, la formation du Conseil des ministres au niveau de l’État central en décembre dernier est une évolution positive qui était attendue depuis longtemps, depuis les élections générales de 2018. Cependant, nous regrettons la décision de bloquer le fonctionnement normal des institutions au niveau de l’État qui a été prise à la mi-février à la suite d’une décision de la Cour constitutionnelle. Nous appelons toutes les parties prenantes à respecter les décisions de la Cour constitutionnelle et à permettre aux institutions de Bosnie-Herzégovine de fonctionner normalement dès que possible. Le budget 2020 doit également être adopté afin de permettre à l’État de fonctionner. En outre, nous appelons à la formation du gouvernement de la Fédération et à la tenue d’élections locales à Mostar.

Troisièmement, je souhaite réaffirmer la conviction de la France quant à la perspective européenne de la Bosnie-Herzégovine et des Balkans occidentaux. L’Union européenne reste pleinement engagée sur cette question, comme le démontre l’organisation aujourd’hui d’une vidéoconférence des dirigeants de l’UE et des six pays des Balkans occidentaux. Nous nous félicitons de l’accord conclu la semaine dernière entre les trois membres de la présidence de Bosnie-Herzégovine sur la mise en œuvre des recommandations de la Commission européenne concernant l’État de droit et le fonctionnement démocratique en Bosnie-Herzégovine. Nous espérons que cet accord ouvrira la voie à la reprise d’un fonctionnement normal des institutions au niveau de l’État. Les réformes dans les domaines économique et social, l’État de droit, le fonctionnement démocratique et les droits de l’homme sont plus que jamais nécessaires au développement de la Bosnie-Herzégovine et au rapprochement européen. Je rappelle également l’importante contribution à la stabilité du pays de l’opération militaire de l’Union européenne EUFOR Althea mandatée par ce Conseil.

Enfin, la France continue de condamner fermement la glorification des crimes de guerre et des criminels, quelle que soit leur communauté d’origine. La justice nationale et internationale a fait un travail remarquable pour poursuivre et condamner les responsables des atrocités commises pendant le conflit. Il est inacceptable de contester les décisions judiciaires. Je pense en particulier au génocide de Srebrenica, dont nous commémorons le 25ème anniversaire cet été. Les processus de justice transitionnelle et de réconciliation restent la seule base solide pour l’avenir du pays, et à cet égard, je partage pleinement les propos de l’ambassadeur allemand sur la réconciliation franco-allemande, qui peut être une source d’inspiration.

Je vous remercie.

Dernière modification : 01/06/2020

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