Les femmes, actrices indispensables dans la lutte contre le réchauffement climatique [en]

Les femmes sont des actrices essentielles dans la lutte contre le changement climatique. Elles en sont cependant aussi les premières victimes. Si leur participation aux processus de décision contre ces dérèglements n’est pas encore garantie, la France agit activement dans la prise en compte du genre dans le réchauffement climatique pour s’assurer que les femmes soient des acteurs clés au même titre que les hommes.

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Les femmes et le climat
Les changements climatiques sont l’un des plus grands défis de notre siècle, tout comme l’est le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Or, ces deux combats vont de pair.

La difficulté des femmes à accéder aux ressources, la restriction de leurs droits, la réduction de leur mobilité et de leur participation aux prises de décision font d’elles les premières victimes des dérèglements climatiques. En effet, les populations en situation de pauvreté, qui sont les plus vulnérables, supportent l’essentiel des conséquences. Or les femmes constituent 70 % de la population pauvre au plan mondial. Sécheresses, désertification, inondations sont aussi autant de menaces sur les activités agricoles dont les femmes ont majoritairement la charge, alors même qu’elles produisent dans certains pays jusqu’à 80 % de l’alimentation. Quand une catastrophe naturelle frappe une région, le risque de décès est 14 fois plus élevé pour les femmes, selon l’ONU. Enfin, les femmes sont encore sous-représentées dans les processus de négociations et de décisions dans la lutte contre les dérèglements climatiques.

Premières victimes de ce dérèglement, les femmes représentent aussi souvent les principales porteuses de changement. Les spécialistes du développement le soulignent : un programme conçu sans prise en compte des femmes est moins efficace que le même programme planifié avec elles. En tant que productrices de plus de la moitié des denrées alimentaires dans le monde, ce sont elles qui possèdent certaines connaissances traditionnelles en matière de biodiversité. Par ailleurs, leur participation et leur égal accès au marché du travail et aux processus de décision est également un facteur direct de croissance économique. Les études sur la question sont unanimes : l’égal accès des femmes aux ressources productives sauveraient 100 à 150 millions de personnes supplémentaires de la faim. Il est donc primordial que la participation des femmes soit garantie pour réduire à la fois les effets négatifs sur la planète mais aussi pour améliorer leurs conditions de vie. Agir pour les femmes et pour l’égalité, c’est accélérer la lutte contre le changement climatique.

L’engagement de la France
Les enjeux relatifs à l’autonomisation des femmes, à la lutte contre le dérèglement climatique et à l’agriculture sont des priorités de la France. Lors de la conclusion de l’Accord de Paris en décembre 2015, la France s’était déjà engagée dans la promotion des droits des femmes et également sur la prise en compte du genre dans le réchauffement climatique. A l’occasion de la 61ème session de la Commission de la Condition de la Femme en 2017, la France a de nouveau affirmé que l’autonomisation des femmes était un indispensable facteur de paix et de progrès social, économique et environnemental. L’Accord de Paris sur le climat a pris en compte pour la première fois la notion de genre dans son préambule, les moyens dédiés au genre dans le domaine du climat restent insuffisants. Le plan d’action sur le genre adopté lors de la COP23 marque cependant une nouvelle étape qui tend au renforcement des moyens dédiés au genre dans tous les domaines d’activités, en particulier dans les moyens de mise en œuvre (finances, développement et transfert de technologies, renforcement des capacités).

La CSW62
Aujourd’hui, le principal défi de la France et des Nations unies est donc d’intégrer systématiquement l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans leurs réponses opérationnelles face au changement climatique à un niveau local, national et international. Pour répondre à ces défis, la 62e session de la Commission de la condition de la femme, qui s’est tenue à New York du 12 au 23 mars, a mis à l’honneur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles en milieu rural. L’occasion de rappeler que les femmes doivent être placées au cœur des stratégies nationales et locales de lutte contre le dérèglement climatique ainsi qu’au cœur des négociations internationales sur ce sujet.

Les femmes et climat en chiffres  :
- 43% de la main d’œuvre agricole
- 70% des personnes pauvres
- Des écarts de revenus avec les hommes pouvant aller jusqu’à 50%
- 60 à 80% de la nourriture des pays en développement produite par les femmes
- COP 21 : à peine 8% de femmes parmi les 150 chefs d’Etat
- 70% des personnes décédées lors du tsunami de 2004 en Asie étaient des femmes

Dernière modification : 19/03/2018

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