Les jeunes doivent être impliqués dans les décisions relatives aux défis actuels [en]

Jeunes, Paix et Sécurité
Intervention de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 27 avril 2020

Monsieur le Président,

Je souhaite tout d’abord me joindre aux autres pour remercier la République dominicaine d’avoir organisé cette réunion opportune. Je remercie le Secrétaire général pour son briefing sur l’agenda "Jeunes, paix et sécurité". La France soutient ses recommandations et son appel à cet égard. Je souhaite également remercier l’Envoyée du Secrétaire général pour la jeunesse ainsi que les jeunes artisans de la paix qui sont avec nous aujourd’hui virtuellement pour avoir partagé leurs points de vue et leurs recommandations.

Monsieur le Président,

Les jeunes leaders sont déjà mobilisés et actifs dans toutes les régions du monde pour s’attaquer aux grands enjeux mondiaux. Ils n’ont pas attendu que nous agissions. Nous le voyons dans le rôle unique qu’ils jouent dans le renforcement de la réponse au changement climatique et à la pandémie de COVID-19. Vendredi dernier, j’ai eu l’occasion de participer à un échange animé et substantiel avec sept jeunes bâtisseurs de la paix en Méditerranée de l’initiative "Jeunes voix méditerranéennes" qui ont partagé des propositions innovantes et dynamiques et ont démontré leurs talents numériques. La question n’est pas de savoir si, mais comment, nous, aux Nations unies, au siège et sur le terrain, pouvons mieux nous engager auprès de la jeunesse de manière mutuellement enrichissante.

Comme l’a souligné à juste titre le Secrétaire général, nous sommes de plus en plus conscients du rôle des jeunes, mais des défis persistent. Les jeunes continuent d’être victimes de stéréotypes et de discriminations. La crise de COVID-19 a également exacerbé la vulnérabilité des jeunes, en particulier les moins protégés. Ils restent largement exclus des processus décisionnels, des institutions politiques et du marché du travail. Les stéréotypes sont trop souvent utilisés comme prétexte pour ignorer leurs demandes et violer leurs droits.

Si leurs droits ne sont pas respectés, si l’espace civique n’est pas protégé, les jeunes ne peuvent pas exprimer pleinement leur potentiel et ne peuvent pas s’engager activement dans l’établissement d’une paix durable. La France a appelé et continuera d’appeler au respect de la liberté d’expression et du droit de réunion pacifique partout et pour tous, notamment en soutenant les jeunes défenseurs des droits de l’Homme.

Monsieur le Président,

Les jeunes doivent être impliqués de manière efficace et significative dans les discussions et les décisions relatives aux défis actuels. À cet égard, les réseaux et initiatives interrégionaux de l’Union européenne qui permettent aux jeunes artisans de la paix d’influencer la prise de décision sont un exemple de bonnes pratiques qui peuvent en inspirer d’autres.

Pour renforcer l’autonomisation des jeunes, en particulier des jeunes femmes, la France investit dans l’éducation de qualité. 200 millions d’euros ont été consacrés via le Partenariat mondial pour l’éducation. Pour que de jeunes leaders émergent, nous devons offrir à chacun les outils intellectuels et moraux que seule une éducation de qualité peut fournir.

La France mettra également la jeunesse au cœur du Forum Génération égalité organisé conjointement avec le Mexique et ONU Femmes, qui se tiendra désormais en 2021. Cela permettra aux jeunes, et en particulier aux jeunes femmes, de contribuer de manière significative aux débats : leur voix sera entendue.

Monsieur le Président,

Cinq ans après la résolution charnière 2250, nous devons continuer à nous mobiliser pour garantir une place centrale aux jeunes et exploiter tout leur potentiel pour rétablir la paix et la sécurité et construire des sociétés justes, pacifiques et inclusives. La France continuera à s’engager pour que les jeunes et les jeunes femmes soient associés à nos travaux au sein des Nations unies, y compris bien sûr au Conseil de sécurité. Nous considérons les deux agendas, "Jeunes, paix et sécurité" et "Femmes, paix et sécurité", comme essentiels aux travaux du Conseil. Vous pouvez compter sur le soutien de la France pour maintenir cette question à l’ordre du jour du Conseil de sécurité.

A l’initiative de la République dominicaine, nous allons ainsi promouvoir l’adoption d’une résolution sur cet agenda. Je conclurai en exprimant mon plein soutien à l’appel que vient de lancer le Secrétaire général d’investir massivement dans la jeunesse au lendemain de la pandémie de COVD 19, et faire en sorte que nous reconstruisions mieux, avec eux.

Je vous remercie.

Dernière modification : 27/04/2020

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