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« On ne peut laisser perdurer l’instabilité qui prévaut en Libye et les menaces qui en résultent pour les voisins de la Libye, mais aussi pour l’Europe » M. Jean-Yves Le Drian, ministre français de l’Europe et des affaires étrangères, le 18 septembre 2017 à New York.

Contexte

La Libye a entamé une phase de transition démocratique à la suite du soulèvement populaire de 2011. Après avoir franchi d’importantes étapes de sa transition avec la tenue d’élections en 2012, le pays a connu en 2014 une grave crise politique et sécuritaire avec l’instauration de deux gouvernements et de deux parlements concurrents, le pays étant séparé entre l’Ouest et l’Est. En décembre 2015, la médiation onusienne menée par le représentant spécial des Nations unies a permis d’aboutir à la signature d’un accord de paix inter-libyen signé à Skhirat (Maroc). Cet accord met en place un Conseil présidentiel, dirigé par le Premier ministre Fayez Sarraj, chargé de constituer un gouvernement d’entente nationale et prévoit une période de transition en vue d’aboutir à une réconciliation nationale inclusive. Depuis la mise en place d’un gouvernement d’entente nationale, peu de progrès ont été réalisés entre les parties.

En parallèle, la situation sécuritaire en Libye s’est détériorée de façon inquiétante ces derniers mois, avec notamment une escalade des combats entre les groupes armés libyens, favorisant l’expansion de la menace terroriste et le développement de différents trafics.

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Libye, 2011
Crédits : UN Photo

Le renforcement des capacités de l’Etat libyen et la réconciliation nationale sont des priorités pour lutter de manière efficace contre la menace terroriste, favoriser le démantèlement de réseaux de trafiquants de migrants et améliorer la situation humanitaire dans le pays.

C’est dans ce contexte, et en soutien à la médiation menée par l’ONU, que la France a tenu le 25 juillet 2017, à la Celle-Saint-Cloud, une conférence avec le Président du Conseil présidentiel du Gouvernement d’Entente Nationale, Fayez Sarraj, et le commandant en chef de l’Armée Nationale libyenne, Khalifa Hafter, dans le but de relancer le processus pour la stabilité, la sécurité et l’unité de la Libye.

Une action onusienne en Libye diversifiée

Les Nations unies ont lancé dès 2012 une mission d’appui légère (MANUL) dont le mandat est centré sur le processus politique (dialogue national et processus constitutionnel), tout en se concentrant plus largement sur le développement de l’Etat de droit, la gouvernance et la sécurité. Ce mandat a été récemment renouvelé pour une durée d’un an (résolution 2376 (2017)).

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies assure également un rôle central de facilitation auprès des acteurs libyens en vue d’une résolution inclusive à la crise libyenne. Depuis juin 2017, c’est le Libanais Ghassan Salamé qui assure cette fonction.

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Ghassan Salamé, Special Representative of the UN in Libya and Antonio Guterres, UN Secretary General
Credits : UN Photos

C’est grâce à cette médiation que des pourparlers de paix ont pu aboutir en décembre 2015 à l’accord de paix inter-libyen de Skhirat (Maroc), que le Conseil de sécurité a soutenu par l’adoption de la résolution 2259.

Depuis sa prise de fonction, le nouveau Représentant spécial a rencontré les acteurs libyens, régionaux et internationaux. En septembre 2017 lors de l’Assemblée générale des Nations unies, Ghassan Salamé a présenté sa feuille de route afin de relancer les efforts de règlements politiques en Libye. Cette feuille de route a été par la suite endossée par une déclaration présidentielle, le 10 octobre dernier, qui témoigne du soutien du Conseil de sécurité aux efforts du Représentant spécial.

Ghassan Salamé a notamment insisté sur deux étapes clés du processus : les amendements nécessaires de l’accord de Skhirat, qui arrivera à échéance le 17 décembre 2017, afin de rendre les institutions plus efficaces et d’assurer une meilleure représentativité des différents acteurs politiques ; l’organisation, dans un second temps, d’une « conférence nationale de réconciliation », qui se tiendra prochainement, pour préparer la relance institutionnelle et définir le cadre de nouvelles élections en Libye.

Par ailleurs, depuis 2011, grâce à l’adoption des résolutions 1970 et 1973, le Conseil de sécurité a également mis en place un régime de sanctions et un embargo sur les armes afin de limiter les flux illégaux d’armes dans le pays, l’exploitation et l’exportation de pétrole et de produits dérivés par des canaux parallèles hors de l’Etat libyen, et les trafics de migrants, alimentant l’instabilité et profitant à Daech et aux autres groupes terroristes. Ce régime de sanctions a été élargi en 2014 par le Conseil de sécurité à toute personne entravant le dialogue politique inter-libyen.

Dans le même sens, l’Union européenne apporte depuis 2015 son appui à travers l’opération EUNAVFOR Sophia qui a pour mandat de contribuer à une meilleure mise en œuvre de l’embargo sur les armes et la lutte contre le trafic de migrants en mer au large de la Libye.

L’engagement de la France dans la résolution de la crise libyenne

En appui à la médiation onusienne, le président de la République française a pris l’initiative d’inviter le 25 juillet 2017, à La Celle Saint-Cloud, le Président du Conseil présidentiel du Gouvernement d’entente nationale Fayez Sarraj et le commandant de l’armée nationale libyenne, le Général Khalifa Hafter. Cette initiative visait à relancer la dynamique de dialogue entre les parties et s’inscrivait dans le prolongement des efforts internationaux et des précédentes initiatives régionales. Il s’agit d’une nouvelle étape importante dans le processus de la résolution de crise : les deux acteurs principaux du processus politique se sont engagés à s’unir contre le terrorisme et à poursuivre le dialogue politique pour avancer sur le chemin de la réconciliation nationale.

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French President, Emmanuel Macron, with the Chairman of the Presidential Council of the Government of National Accord, Fayez Al Sarraj, and the commander of the Libyan National Army, Khalifa Haftar in La Celle Saint-Cloud, on 25 July 2017

Dans le prolongement de la réunion de la Celle Saint-Cloud, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s’est rendu en Libye le 4 septembre 2017 où il s’est entretenu avec les deux acteurs politiques principaux, Fayez Sarraj et Khalifa Hafter, qui lui ont réaffirmé leur engagement à respecter la déclaration du 25 juillet.

Dernière modification : 15/11/2017

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