Libye : nous appelons les parties à reprendre des pourparlers politiques inclusifs [en]

Libye
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 19 mai 2020

Tout d’abord, je voudrais remercier la RSSG par intérim Stéphanie Williams et l’ambassadeur Schulz pour leurs présentations.

Dans le contexte de la pandémie de covid-19, nous appelons les parties libyennes à cesser les hostilités et à trouver une solution politique au conflit.

Les deux parties devraient approuver formellement le projet d’accord de cessez-le-feu conclu le 23 février dans le cadre du comité militaire conjoint "5+5". Ce projet d’accord de cessez-le-feu est un document libyen et a été approuvé par les délégués des deux camps.

Il est également important qu’une nouvelle réunion du comité militaire mixte "5+5" ait lieu dès que possible et sans conditions préalables, en vue de finaliser cet accord et d’établir les sous-commissions sur les questions structurelles, telles que le démantèlement des milices.

Ce sont les messages que le ministre français des Affaires étrangères a transmis aux dirigeants libyens des deux camps.

Un cessez-le-feu durable doit être mis en place et contrôlé par l’ONU et nous avons pris note positivement de la proposition qui a été faite de convenir d’une trêve pendant le mois saint du Ramadan, approuvée par l’ANL. Il n’y a pas de solution militaire en Libye et, à cet égard, nous condamnons le bombardement de zones civiles à Tripoli. Les deux parties doivent s’abstenir d’alimenter les tensions et éviter toute escalade, tandis que les interférences militaires doivent cesser.

À cet égard, nous regrettons qu’aucun élément sur la surveillance d’un éventuel cessez-le-feu par la MANUL n’ait été inclus dans le dernier rapport du Secrétaire général, en l’absence d’un rapport spécifique, qui a été demandé par le Conseil de sécurité dans la résolution 2510.

Nous appelons les parties à reprendre dès que possible des pourparlers politiques inclusifs sous les auspices de l’ONU.

Les questions essentielles telles que les élections, le type de constitution, l’articulation entre le civil et le militaire devront être discutées en priorité. Ce dialogue politique devrait être relancé avec la participation active des pays voisins de la Libye et de l’Union africaine, de la Ligue des États arabes et de l’Union européenne.

Nous devrions soutenir collectivement la mise en œuvre des réformes des institutions économiques et financières, à commencer par l’audit de la banque centrale de Libye, afin de restaurer sa gouvernance saine et transparente.

La répartition équitable des ressources pétrolières et la levée du blocus pétrolier sont également des questions prioritaires.

Le Conseil de sécurité et, plus largement, les Nations unies doivent rester pleinement mobilisés pour trouver une solution à la crise libyenne.

Les autorités françaises ont poursuivi leur dialogue avec toutes les parties libyennes afin de trouver cette solution, en soutien aux efforts menés par la médiation de l’ONU.

A cet égard, nous appelons le Secrétaire général à nommer une nouvelle ou un nouveau RSSGNU dans les meilleurs délais. Près de trois mois se sont écoulés depuis la démission de M. Ghassan Salamé.

Nous nous félicitons également du déploiement par l’UE de l’opération EUNAVFORMED-IRINI, qui mettra en œuvre l’embargo sur les armes, lequel est continuellement violé par les deux parties, et qui contribuera ainsi à la mise en œuvre des résultats de la conférence de Berlin et de la résolution 2510 du Conseil de sécurité. L’IRINI agira strictement dans le cadre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. À cet égard, le renouvellement par le Conseil de sécurité du mécanisme créé par la résolution 2292 du Conseil de sécurité est absolument essentiel.

La France restera pleinement engagée et mobilisée pour trouver une solution politique en Libye. Je vous remercie.

Dernière modification : 19/05/2020

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