Libye : de nombreux migrants continuent de risquer leur vie pour traverser la Méditerranée

Libye / Renouvellement EUNAVFOR MED Sophia
Explication de vote de M. Antoine Michon, Coordinateur politique à la Représentation permanente de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 3 octobre 2018

La France se félicite du renouvellement à l’unanimité, pour une durée de 12 mois, de l’autorisation sur laquelle s’appuie l’action menée par l’opération EUNAVFOR MED Sophia afin de lutter contre le trafic de migrants et la traite d’êtres humains en haute mer au large de la Libye.

Ce soutien unanime du Conseil à l’engagement de l’Union européenne en faveur de la paix et de la stabilité en Libye est une reconnaissance du rôle important que joue l’opération européenne EUNAVFOR MED Sophia pour désorganiser les réseaux de passeurs et sauver des dizaines de milliers de vies chaque année, comme l’a rappelé le dernier rapport du Secrétaire général des Nations unies. L’autorisation donnée par ce Conseil est une condition essentielle, qui permet à l’opération de disposer des moyens adaptés pour lutter efficacement contre le trafic de migrants, en lien avec le Gouvernement d’entente nationale mené par le Premier ministre Sarraj.

Ce texte va à l’essentiel, en renouvelant les autorisations visées par la résolution 2240 (2015) et la résolution 2380 (2017) par lesquelles le Conseil de sécurité exprime sa vive préoccupation devant l’ampleur du trafic de migrants en Méditerranée et ses conséquences humanitaires, politiques et sécuritaires pour la Libye et au-delà. On peut toutefois regretter que le texte ne soit pas plus explicite dans le rappel des positions du Conseil sur ce sujet grave, notamment s’agissant du cadre juridique international applicable, en particulier les conventions internationales du droit de la mer, sur le crime organisé international et sur les réfugiés.

Comme l’indique le rapport du Secrétaire général, un nombre toujours trop élevé de migrants, pour une grande part des femmes et des enfants, continuent de risquer leur vie pour tenter de traverser la Méditerranée, et sont les victimes de passeurs qui exploitent leur détresse. Les violations des droits de l’Homme auxquelles ces personnes en situation de vulnérabilité sont exposées heurtent la conscience mondiale. Le trafic de migrants et la traite d’êtres humains alimentent par ailleurs la prédation économique et mettent en péril les fragiles équilibres politiques en Libye. C’est pourquoi ce Conseil a adopté en juin ses premières sanctions à l’encontre de six passeurs de migrants, à l’initiative de la France et de ses partenaires européens et américain.

La France rappelle enfin, comme l’exprime la résolution 2240, que les migrants doivent être traités avec humanité et dignité et dans le plein respect de leurs droits et que tous les États doivent s’acquitter des obligations que leur impose le droit international, notamment le droit international des droits de l’Homme et le droit international des réfugiés. Elle rappelle également l’obligation de protéger les droits de l’Homme des migrants, quel que soit leur statut migratoire. Je vous remercie.

Dernière modification : 03/10/2018

Haut de page