Maintien de la paix [en]

"Le maintien de la paix onusien sauve des vies et remplit une mission irremplaçable" - François Delattre, 6 avril 2017

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Un contingent de l’Opération de maintien de la paix au Soudan du Sud.
juillet 2016 – © UN Photo/Eric Kanalstein

Les opérations de maintien de la paix (OMP) sont les actions les plus connues et visibles des Nations unies. Elles sont un acteur essentiel pour la résolution pacifique des conflits à travers le monde. La France contribue énormément aux OMP. Face à la multiplication des menaces à la paix dans le monde et à la complexité de ces crises, la France soutient l’expansion et la réforme des OMP pour des opérations modernisées et mieux adaptées aux conflits du XXIème siècle.

1. Les opérations de maintien de la paix, au cœur de l’action de la France pour la paix et la sécurité internationales

Face aux crises du XXIèmesiècle, la France soutient l’expansion des OMP sur le terrain

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Jean-Pierre Lacroix,
Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix - mars 2017 – © UN Photo/Sylvain Liechti

Le Département des opérations de maintien de la paix – dirigé par Jean-Pierre Lacroix qui a succédé à Hervé Ladsous le 1er avril 2017 – déploie aujourd’hui 16 opérations de maintien de la paix, dont 9 en Afrique. Depuis leur création en 1948, 71 opérations ont été déployées à travers le monde.

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Avec la multiplication des menaces à la paix dans le monde, les effectifs des opérations de maintien de la paix ont fortement augmenté : alors que les Casques bleus étaient 12 000 en 1996, et 20 000 en 2000, ils sont plus de 100 000 en 2017.

Les plus importantes missions (en termes d’effectifs totaux déployés, comprenant le personnel militaire, policier et civil) sont :
-  la MONUSCO en République démocratique du Congo avec environ 22 010 effectifs déployés ;
-  la MINUAD au Darfour avec 20 053 effectifs déployés ;
-  la MINUSS au Soudan du Sud avec 15 853 effectifs déployés ;
-  la MINUSMA au Mali avec 14 053 effectifs déployés ;
-  la MINUSCA en République Centrafricaine avec 13 461 effectifs déployés.

La fourniture en troupes des OMP dépend intégralement de la générosité des Etats membres. En 2017, 124 États membres contribuent aux effectifs des OMP.

Avec 940 casques bleus déployés dans le monde, au sein de 8 OMP, la France est le 2ème pourvoyeur de troupes parmi les 5 membres permanents du Conseil de sécurité. Par ailleurs, plusieurs milliers de soldats français sont déployés à titre national et apportent un appui quotidien aux opérations de maintien de la paix.

La France est le seul Etat membre de l’ONU à déployer une force nationale en appui aux opérations de maintien de la paix. Au Mali, la force Barkhane appuie la MINUSMA dans la lutte contre le terrorisme djihadiste dans la région. Jusqu’en 2016, en République centrafricaine, la force Sangaris apportait son soutien à la MINUSCA. En Côte d’Ivoire, la force Licorne, puis les Forces françaises de Côte d’Ivoire, ont également soutenu l’ONUCI tout au long de son mandat.

La France est le 5ème contributeur au budget des OMP

L’évolution des opérations de maintien de la paix se caractérise également par une augmentation de leur budget. Celui-ci a plus que triplé depuis le début des années 2000. Le budget total de l’ensemble des OMP est passé de 2,55 Md USD pour l’année budgétaire 2001-2002 à 7,89 Md USD pour la période juillet 2016 - juin 2017. Ce budget annuel est décidé par la cinquième commission de l’Assemblée générale de l’ONU, chargée des questions administratives et budgétaires de l’ONU.

La France est le 5ème contributeur au budget des opérations de maintien de la paix (3ème au sein des membres permanents du Conseil de sécurité). Elle contribue à 6,31% du budget des OMP, derrière les Etats-Unis, la Chine, le Japon et l’Allemagne.

C’est à New York, au Conseil de sécurité que se décide, par le biais de résolutions du Conseil, le mandat des OMP, leur renouvellement annuel le cas échéant, les effectifs déployés. Le 31 mars, par exemple, le mandat de la MONUSCO a été prorogé jusqu’au 31 mars 2018 par la résolution 2348, rédigée à l’initiative de la France. En tant que membre permanent du Conseil de sécurité, la France participe pleinement, constamment et avec conviction à la préparation des mandats et au suivi des actions des OMP.

Pour plus d’information sur le financement des OMP, lisez notre fiche sur le financement de l’ONU.


2. Face à la complexité des crises, la réforme des opérations de maintien de la paix est une priorité de la France à l’ONU

La mission complexe des opérations de maintien de la paix : créer les conditions d’une paix durable

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© Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
« Le maintien de la paix onusien sauve des vies et remplit une mission irremplaçable » - François Delattre, 6 avril 2017.

Si la première mission des OMP lors de leur mise en place en 1948 visait à superviser les cessez-le-feu et accompagner les pays vers la stabilisation, elles ont vu leurs mandats évoluer et se diversifier afin de s’adapter aux crises de plus en plus complexes auxquelles l’ONU doit faire face : guerres civiles, terrorisme djihadiste, groupes armés, etc.

De ce fait, les opérations de maintien de la paix sont devenues plus complexes et leurs missions plus diverses. Une opération de maintien de la paix se compose non seulement de personnel militaire (les fameux casques bleus), mais aussi de policiers et de civils, afin de pouvoir répondre à tous les défis sur le terrain. Ils travaillent ensemble à renforcer la sécurité et à appuyer les processus politiques devant mener à la consolidation de la paix.

La plupart des OMP sont polyvalentes et multidimensionnelles et évoluent en fonction des objectifs de transition. Non seulement sont-elles appelées à maintenir la sécurité, mais aussi le soutien au processus politique, la protection des civils, le renforcement de l’Etat de droit, la protection des droits de l’Homme, l’assistance humanitaire, les processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), ou encore la réforme des secteurs de la sécurité (RSS).

Aujourd’hui, le mandat des OMP dépasse donc bien souvent le strict cadre sécuritaire du maintien de la paix, et s’avance sur le terrain de la consolidation de la paix, parfois alors même que le conflit est terminé. Au Kosovo, par exemple, depuis la déclaration d’indépendance en 2008, le mandat de la MINUK a été considérablement modifié pour s’axer principalement sur la promotion de la stabilité et le respect des droits de l’Homme.

Les OMP doivent également souvent s’articuler avec des organisations régionales intervenant avec l’ONU. Par exemple avec l’Union Africaine au Darfour ou en Somalie, ou avec l’opération européenne déployée EUTM au Mali en appui à la MINUSMA.

Enfin, les OMP évoluent en fonction de l’amélioration de la situation sur le terrain : diminution des effectifs militaires, bascule vers une présence internationale sous la forme de forces de police, empreinte légère de la composante civile… Une fois son mandat rempli, une mission de maintien de la paix a vocation à se retirer du pays. Tel est le cas par exemple en Côte d’Ivoire où l’ONUCI a mis fin à ses opérations en avril 2017, après avoir joué un rôle central pour la stabilisation du pays.

Afin d’atteindre leur objectif ambitieux, les OMP doivent gagner en efficacité

« Les opérations de paix sont à la croisée des chemins. Notre tâche est de faire en sorte qu’elles restent pertinentes avec des mandats clairs et réalisables, ainsi que des stratégies et un soutien adéquat » - Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix.


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Casques bleus et équipement militaire au Camp du contingent hollandais de la MINUSMA, Gao, Mali
février 2014 - UN Photo/Marco Dormino

La réflexion sur la réforme des opérations de maintien de la paix est ancienne à l’ONU. Depuis plusieurs années et malgré leur mission remarquable, les OMP font l’objet de fortes critiques : coût trop élevé des opérations, déploiement trop étendu dans le temps, allégations d’abus sexuels sur des civils, etc.

L’évolution du mandat des OMP avec une priorité accordée à la protection des civils est d’ailleurs le résultat de cette réflexion. Consciente de l’évolution des crises et de leur complexité, la France souligne au Conseil de sécurité la valeur des OMP « multidimensionnelles intégrées » comprenant en particulier des composantes de protection des civils et droits de l’Homme, sans lesquels une paix durable serait impossible.

Les recommandations des divers rapports pour la réforme des OMP, et notamment le rapport Brahimi (2000), insistent sur la nécessité de mandats robustes et clairs des OMP. Ces mandats doivent être évolutifs afin de s’adapter en permanence aux priorités sur le terrain. Le rapport HIPPO de 2015 insiste particulièrement sur des OMP mieux adaptées aux complexités du terrain, aux besoins des populations civiles et davantage encrées dans le processus politique de résolution des crises.

La réforme des OMP passe également par leur modernisation. C’est tout le travail du Département des OMP, qui a particulièrement insisté ces dernières années sur la nécessité de fournir aux OMP des moyens suffisants pour exécuter leurs missions, tout en étant conscients du fait qu’il est important d’utiliser au mieux les ressources qui leurs sont allouées. La modernisation des OMP, y compris en mettant à leur disposition des hélicoptères, des véhicules blindés, des drones ou autres nouvelles technologies, leur permet de s’adapter aux enjeux du XXIème siècle.

La montée en gamme des OMP passe aussi par le soutien politique que leur donnent les Etats, une meilleure coopération avec les organisations régionales et les pays contributeurs et par un renforcement de la qualité des effectifs plutôt que de leur quantité. Dans cette optique, la France a organisé au mois de février 2017 à Paris une formation des formateurs de l’ONU. Cette formation faisait suite à la Conférence de Paris d’octobre 2016, consacrée au maintien de la paix en environnement francophone et où la formation linguistique et l’importance de l’interaction avec la population locale ont été mises en exergue. Sur le terrain, 320 coopérants français sont en appui à la formation des contingents déployés en OMP. Une grande partie des OMP étant déployées dans un environnement francophone, 74 professeurs enseignent le français au sein des contingents. Ceci est essentiel à la communication entre les troupes et avec les populations civiles.

Enfin, le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui a pris ses fonctions en janvier 2017, a fait de la revue des OMP un des principaux angles de la réforme de l’ONU. Dans ce cadre, la nouvelle stratégie de l’ONU de « tolérance zéro vis-à-vis des abus sexuels » s’intègre pleinement à la réforme des OMP. Une attention particulière est aussi portée au rôle des femmes pour la paix et la sécurité. La présence de personnels féminins est fondamentale pour servir au mieux les populations.

Dernière modification : 11/07/2017

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