Maintien de la paix : la France engagée pour le renforcement des capacités

Réunion sur le renforcement des capacités en matière de maintien de la paix
Intervention de M. Quentin Teisseire, Conseiller à la Mission permanente de la France auprès des Nations unies
Nations unies - 20 février 2020

Monsieur le président,

La France s’associe à la déclaration de l’Union Européenne. Je voudrais ajouter quelques compléments à titre national.

L’initiative pour le maintien de la paix, à laquelle nous avons tous souscrit, insiste sur l’importance que nous fassions tous, Secrétariat, Conseil de sécurité, Etats membres, le nécessaire pour permettre au maintien de la paix de répondre efficacement aux défis complexes d’aujourd’hui.

Pour être pleinement efficace, les casques bleus déployés en opération doivent arriver sur le théâtre d’opération solidement formés, encadrés et équipés. C’est un élément essentiel de la réussite de ces missions. La coopération entre Etats membres est un des moyens les plus efficaces d’y parvenir. Par la mise en place du système de préparation aux capacités de maintien de la paix, le PCRS, et par le mécanisme léger de coordination, le Secrétariat nous offre les outils pour y parvenir. La France s’en félicite et appuie pleinement leur opérationnalisation en finançant, par exemple, les visites pré-déploiement.

Pour sa part, la France s’est engagée depuis longtemps dans cette entreprise de renforcement des capacités.

Dans le cadre de notre coopération de sécurité et de défense et de notre partenariat militaire opérationnel, pour la seule année 2019, la France a consacré plus de 110M€ à la formation de 30,000 soldats venant de 105 pays aptes à servir dans des OMP et plus de 10M€ de cessions d’équipements.

La France déploie également en permanence plus de 300 experts auprès d’une cinquantaine de pays, afin notamment de renforcer leurs capacités dans l’apprentissage des procédures onusiennes et l’acquisition des compétences opérationnelles requises.

Nous faisons également un effort particulier sur l’enseignement de la langue française.
Comme le Maroc, le Canada et le Sénégal l’ont souligné, la dimension linguistique est structurante pour le succès des Missions en environnement francophone, où sont déployées plusieurs des principales OMP. Nous mettons à disposition des enseignants dans les écoles militaires d’une quarantaine de pays, nous appuyons la formation d’enseignants étrangers et le développement de manuels dédiés au maintien de la paix.

La France appuie aussi la diffusion des concepts doctrinaux du maintien de la paix auprès de ses partenaires en assurant la traduction de nombreux documents technico-opérationnels, les manuels et autres documents de l’ONU. En assurant l’organisation de formations de formateurs ONU, de cadre militaires, de police ou de gendarmerie. Comme le soulignait le représentant de l’Indonésie, nous devons faire plus pour renforcer la place des femmes dans les opérations de maintien de la paix. C’est pourquoi cette année, la France va par exemple consacrer 200 000 € pour un module spécifique de formation pour les responsables femmes francophones amenées à se déployer en opération.

Par ailleurs, pour la 6ème année consécutive, et en coordination avec le Département des Opérations de paix, la France organisera cet été une formation des formateurs des Nations Unies à Paris, au profit d’une trentaine d’officiers d’état-major francophones.

Je voudrais saisir cette occasion pour souligner également que nous organiserons avec le Maroc, une conférence de haut niveau sur le maintien de la paix en environnement francophone, les 23 et 24 avril.

Et enfin, dans le cadre du mécanisme léger de coordination, nous apportons des formations spécifiques pré-déploiement à plusieurs contingents et avons déployé des équipes mobiles pour poursuivre ces formations durant la phase de déploiement.

Monsieur le Président,

Au-delà des opérations de maintien de la paix onusiennes, la France est fermement engagée en soutien aux opérations africaines de paix, en leur offrant un appui militaire, financier, technique et logistique, à titre bilatéral ou via l’Union Européenne. Je ne citerai que quelques exemples : le soutien au G5 Sahel pour lutter contre le terrorisme, à la Force multinationale mixte pour lutter contre Boko Haram, ou encore en Somalie, où l’Union Européenne a apporté plus de 1,6 milliards d’euros au financement de l’AMISOM depuis son lancement et pour laquelle la France forme certains contingents avant leur déploiement. La France apporte également son expertise pour appuyer le développement de l‘architecture africaine de paix et de sécurité.

Monsieur le Président,

Comme vous le voyez, cet engagement très concret de la France pour renforcer les capacités des opérations de paix est l’illustration de notre soutien sans faille auprès de l’ONU et des organisations régionales en faveur du maintien de la paix. C’est une conviction profonde et une constante de la diplomatie française. Vous pouvez compter sur notre soutien pour poursuivre cette action dans les années à venir.

Je vous remercie.

Dernière modification : 20/02/2020

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