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« Le Conseil de sécurité démontre sa détermination à soutenir le rétablissement d’une paix durable au Mali. Il démontre sa détermination à appuyer l’action du Mali et des Etats de la région du Sahel pour réduire la menace terroriste. »
François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, le 29 juin 2017
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Casques bleus de la MINUSMA, opération de maintien de la paix au Mali
© UN Photo

Contexte

En 2012, une crise profonde s’installe au Mali à la suite de la prise de contrôle du Nord par des groupes indépendantistes puis islamistes et d’un coup d’Etat contre le Président Amadou Toumani Touré.

A la demande du président malien, la France intervient militairement en janvier 2013 avec l’opération Serval, afin de stopper l’avancée des forces djihadistes et permettre au pays de retrouver son intégrité territoriale. Des élections présidentielle et législatives se tiennent en 2013, portant Ibrahim Boubacar Keïta à la présidence de la République. En 2015, l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali est signé entre les groupes rebelles non-terroristes et le gouvernement, à Alger, avec l’appui des Nations unies. La France soutient le Mali dans la mise en œuvre de cet accord.

Mobilisation de l’ONU et de la communauté internationale au Mali : MINUSMA et G5 Sahel

La résolution de la crise au Mali appelle une réponse intégrée couvrant à la fois les aspects politiques, l’action militaire, mais aussi un soutien massif en matière de développement et d’aide humanitaire.

Aux Nations unies, la France s’est particulièrement mobilisée pour obtenir le vote de plusieurs résolutions, dont la résolution 2100, le 25 avril 2013, qui a permis la création de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA). Cette Mission, dont le mandat a été renouvelé chaque année depuis, à l’initiative de la France (résolution 2480, 28 juin 2019, a aujourd’hui comme tâches prioritaires le soutien à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, l’appui au gouvernement pour stabiliser la situation au centre du pays, et la protection des civils. Elle compte plus de 15 000 soldats, policiers et personnels civils.

Le Secrétaire général rend compte tous les trois mois, par des rapports, de la situation au Mali et de la mise en œuvre du mandat de la MINUSMA. Ces rapports sont ensuite discutés au Conseil de sécurité. Le Conseil de sécurité effectue régulièrement des visites sur place pour suivre la situation.

Malgré un contexte de menace terroriste qui rend sa tâche ardue, la MINUSMA obtient des résultats dans la mise en œuvre de son mandat. Le Représentant spécial du Secrétaire Général et chef de la MINUSMA, le Tchadien Mahamat Saleh Annadif, permet, par ses actions de bons offices, que le gouvernement et les groupes armés signataires de l’accord fassent les concessions nécessaires pour avancer dans la mise en œuvre de l’accord de paix. L’armée malienne a commencé à intégrer des anciens combattants des groupes signataires et ces nouvelles unités se sont déployées dans les villes du Nord, avec le soutien de la MINUSMA. Au centre du Mali, la MINUSMA soutient les efforts de réconciliation intercommunautaire menés par le gouvernement. Un plan d’adaptation est en cours de mise en œuvre pour renforcer la mobilité et l’efficacité de la mission.

La MINUSMA travaille en étroite collaboration avec les autres présences de sécurité, notamment la force conjointe du G5 Sahel. Cette dernière a un mandat de lutte contre le terrorisme, qui la rend complémentaire de la MINUSMA. Elle peut bénéficier, pour ses opérations, d’un soutien logistique en eau, carburant et nourriture fourni par la MINUSMA, sur financement de l’Union européenne.

L’Union européenne (UE) et ses Etats membres sont également très engagés en soutien au Mali. Au-delà de son action diplomatique, l’UE est le premier partenaire d’aide au développement du Mali (615 millions d’euros sur la période 2014-2020). Deux missions de politique de sécurité et de défense commune sont déployées : EUTM Mali, pour la formation de l’armée, et EUCAP Sahel Mali, en direction de la police, de la gendarmerie et de la garde nationale.

Pour faire avancer la mise en œuvre de l’accord de paix, le Conseil de sécurité a également décidé de mettre en place des sanctions, à la demande du gouvernement malien. Un régime a été créé le 5 septembre 2017 avec la résolution 2374. Huit individus sont aujourd’hui sous sanctions.

L’engagement de la France

L’opération Barkhane a succédé à Serval le 1er août 2014 pour apporter le soutien des forces françaises au Mali mais aussi aux autres Etats du G5 Sahel (Burkina Faso, Mauritanie, Niger et Tchad) dans leur lutte contre le terrorisme. Barkhane se compose, entre autres, de 5 100 militaires, de drones, d’avions de chasse et d’hélicoptères. La France, par cette opération, apporte son soutien opérationnel à la force conjointe du G5 Sahel et à la MINUSMA, lorsque celle-ci est menacée par un danger grave et imminent. L’objectif fondamental de l’opération est de permettre aux armées du Sahel, à terme, d’assurer seules leur propre sécurité.

Parce que la résolution de la crise au Mali appelle une réponse intégrée prenant en compte les impératifs politiques, de sécurité et de développement, la France entretient un dialogue politique étroit avec le Mali, et est un de ses principaux partenaires au développement avec 55 projets en cours et 357 millions d’euros engagés par l’Agence française de développement.

A l’issue du Sommet de Pau du 13 janvier 2020, la France et les pays du G5 Sahel, dont le Mali, ont décidé de mettre en place une « coalition pour le Sahel », qui a vocation à rassembler de manière cohérente les différents volets de l’action internationale. Elle est organisée en quatre piliers complémentaires : (1) lutte contre les groupes armés terroristes, (2) renforcement des capacités des forces armées, (3) appui au retour de l’Etat à travers le soutien aux forces de sécurité intérieure et au renforcement de la chaine pénale, (4) coordination des acteurs du développement.

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Sommet de Pau - 13 janvier 2020
© Elysée

Dernière modification : 30/03/2020

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