Marie-Hélène Lefaucheux et René Cassin : leurs contributions aux droits de l’Homme

A l’occasion de la célébration du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, découvrez les portraits de deux Français qui ont contribué à l’élaboration du texte.

Marie-Hélène Lefaucheux

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Marie-Hélène Lefaucheux a joué un rôle crucial dans la promotion des droits des femmes en France comme à l’ONU, notamment à travers sa participation à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948.

Grande figure de la Résistance française, décorée de la Légion d’Honneur, de la Croix de Guerre et de la Médaille de la Résistance, en raison de sa conduite courageuse, elle est élue à la Première Assemblée nationale constituante après la guerre, puis au Conseil de la République en 1946.
Parallèlement à ses mandats nationaux, de 1946 à 1959, Marie-Hélène Lefaucheux est aussi engagée auprès des Nations Unies. En 1946, elle est la seule femme membre de la délégation française lors de la session inaugurale de l’Assemblée générale.

A New York, elle œuvre particulièrement en faveur des droits des femmes. Elle fonde avec 14 autres membres la Commission de la condition de la femme (CSW), avant d’en assumer la présidence en 1948. Cette même année, la Déclaration universelle des droits de l’Homme est adoptée. Marie-Hélène Lefaucheux y contribue largement : elle réussit à y introduire une mention de non-discrimination fondée sur le sexe dans l’article 2.

Cet article 2 se lit ainsi : « Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. »

Sous l’impulsion de Marie-Hélène Lefaucheux, le droit international des femmes prend une importance croissante. Son engagement à la fois en France et auprès des Nations unies en faveur des droits des femmes a permis des avancées majeures dès les débuts de l’organisation et a tracé une voie, dans laquelle la France à l’ONU poursuit résolument.

A sa mort en 1964, le Conseil international des femmes déclare que « Madame Lefaucheux avait un cerveau d’homme d’Etat et un esprit de combat indomptable pour les progrès en faveur de d’éducation des femmes et de leurs droits. »

René Cassin

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Juriste et juge, René Cassin fut un acteur-clef dans les délibérations tenues au cours des trois sessions de la Commission des droits de l’Homme, ainsi que celles du Comité de rédaction de la Commission ayant abouti à la Déclaration universelle des droits de l’Homme en 1948.

Gravement blessé pendant la première guerre mondiale, c’est un Résistant de la première heure pendant la seconde, puisqu’il rejoint le Général De Gaulle à Londres dès le 24 juin 1940 et contribue à écrire les statuts de la France libre.

Fils d’un marchand juif, sa participation à la rédaction de la Déclaration universelle ainsi que ses autres travaux sur les droits de l’Homme, pour lesquels il a reçu le prix Nobel de la Paix en 1968, ont été beaucoup influencés par son expérience personnelle de l’Holocauste.

Loué pour ses qualités de stratège et de tacticien, René Cassin prônait une conception exigeante dans le processus tortueux d’élaboration de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Il fallait en effet « tenir compte à la fois du but à poursuivre sans aucune concession, ni capitulation, dans l’intérêt de l’humanité, et de la nécessité de procéder par étapes ».

Auprès de l’ONU comme en France et en Europe, René Cassin était un fervent défenseur des droits de l’Homme. En 1959, il devient membre de la Cour européenne des droits de l’Homme, puis en assume la présidence de 1965 à 1968.

La rue où se situe la Cour Européenne des droits de l’Homme à Strasbourg porte aujourd’hui son nom en son honneur.

Dernière modification : 07/12/2018

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