Israël/Palestine : la France appelle à relancer d’urgence un processus de paix crédible [en]

Moyen Orient
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 21 janvier 2020

Monsieur le Président,

Je remercie Mesdames DiCarlo et Muller pour leurs interventions.

La France appelle à relancer d’urgence un processus de paix crédible, alors que la détérioration de la situation sur le terrain constitue une source d’instabilité majeure. Nous le voyons notamment à Gaza, où la situation humanitaire est désastreuse, comme l’a rappelé Mme Muller, ainsi qu’à Jérusalem, où les démolitions, les expropriations et les atteintes au statu quo des Lieux saints se multiplient.

Les paramètres d’un règlement du conflit sont connus : des frontières basées sur les lignes du 4 juin 1967, avec des échanges agréés de territoires équivalents, négociés par les parties ; une solution juste, équitable et agréée au problème des réfugiés ; Jérusalem comme capitale des deux Etats ; des arrangements de sécurité qui permettent aux deux Etats de vivre côte à côte dans la paix et la sécurité.

C’est sur cette base agréée par la communauté internationale que doivent reprendre sans plus attendre les négociations entre les deux parties afin d’en fixer la mise en œuvre. Il serait illusoire et dangereux de croire qu’une solution qui s’affranchirait de ces paramètres serait susceptible d’apporter une stabilité durable à la région, en premier lieu pour Israël.

C’est pourquoi la France continue et continuera de défendre la solution des deux Etats, et donc la création d’un Etat palestinien souverain, viable et démocratique : non seulement car il s’agit d’une position juste, conforme au droit international et aux décisions de ce Conseil, mais également parce qu’elle est réaliste. A cet égard, il est vain de penser pouvoir réaliser les aspirations d’un peuple au détriment de l’autre et de répondre à des attentes politiques par des incitations exclusivement économiques.
Toute politique aboutissant à fragiliser la solution des deux Etats doit donc être dénoncée. C’est pourquoi je souhaite réaffirmer la vive préoccupation de la France face à l’accélération de la colonisation sur le terrain et au glissement vers une logique d’annexion.

J’ai eu l’occasion de rappeler à plusieurs reprises la position de la France sur la colonisation : celle-ci est contraire au droit international. Cette position reste inchangée, en vertu des résolutions de ce Conseil, notamment la résolution 2334, qui ne peuvent pas faire l’objet d’une lecture à la carte. C’est aussi la position de l’Union européenne.

Nous avons également condamné les appels de responsables israéliens à l’annexion de tout ou d’une partie de la Cisjordanie. Toute annexion de territoire constituerait une violation grave du droit international, comme l’a rappelé en septembre le Secrétaire général des Nations unies, et ne pourrait pas rester sans réponse. Dans ce contexte, nous appelons les autorités israéliennes à renoncer à tout projet qui créerait des faits accomplis allant à l’encontre de la solution des deux Etats.

Je souhaite enfin rappeler le soutien de la France à la tenue prochaine d’élections palestiniennes en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est.

Ces élections constituent une étape indispensable en vue de la réconciliation inter-palestinienne, nécessaire au renforcement démocratique des institutions palestiniennes. C’est également une attente légitime du peuple palestinien, quatorze ans après la tenue des dernières élections, ainsi qu’une étape essentielle pour avancer dans la voie de la négociation et de la paix.

Nous encourageons dans ce contexte la direction palestinienne à poursuivre ses efforts en vue d’élections plurielles et inclusives. Il est important que les autorités palestiniennes publient rapidement un décret présidentiel fixant la date des élections et que les autorités israéliennes de leur côté permettent la bonne tenue des élections à Jérusalem-Est.

La France, avec ses partenaires de l’Union européenne, est prête à prendre toute sa part pour apporter son soutien aux autorités palestiniennes dans l’organisation des élections. C’est le sens du travail que nous avons entamé.

La France appelle l’ensemble de la communauté internationale à se mobiliser pour permettre à l’UNRWA de poursuivre son travail crucial. Nous sommes à cet égard préoccupés par la multiplication des obstacles auxquels fait face l’Office pour mener à bien ses missions à Jérusalem-Est.

Monsieur le Président,

Je souhaiterais conclure en indiquant que le Président Macron aura l’occasion d’aborder ces sujets avec les deux parties lors de son déplacement en Israël et dans les Territoires palestiniens, les 22 et 23 janvier. Je vous remerci

Dernière modification : 24/01/2020

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