Myanmar: key responses to the crisis [fr]

Myanmar - Remarks to the press by Mr. François Delattre, Permanent Representative of France to the United Nations - Remarks in national capacity - 13 October 2017

(In French and in English)

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L’ancien Secrétaire général des Nations unies et président de la commission consultative pour l’Etat de l’Arakan, Kofi Annan, entouré de l’ambassadeur français François Delattre et de l’ambassadeur britannique Matthew Rycroft.

Bonjour à tous.

Nous sortons d’une réunion très importante autour de Kofi Annan que je voudrais remercier à nouveau de nous avoir fait l’honneur de venir ici, à New York.

La France a pris l’initiative de cette réunion avec le Royaume-Uni car la situation en Birmanie est d’une extrême gravité: 520 000 personnes déplacées, des centaines de villages décimés, des violations répétées et systématiques des droits de l’Homme : c’est bien un nettoyage ethnique qui se déroule sous nos yeux.

Cette réunion, que j’ai présidée avec mon collègue et ami britannique, Matthew Rycroft, avait deux objectifs principaux:

-  Premier objectif : réaffirmer le caractère totalement inacceptable du statu quo. Nous devons continuer à accroître en conséquence la pression sur les autorités birmanes pour que leurs premières annonces se traduisent maintenant en actes forts, à commencer par la fin des violences, un accès humanitaire sans entrave et le retour des refugiés. Sur ce dernier point, nous appelons en particulier au renforcement du dialogue engagé entre la Birmanie et le Bangladesh.

-  Deuxième objectif : soutenir les recommandations du rapport de Kofi Annan et progresser ensemble vers leur mise en œuvre. Ces recommandations constituent en effet une feuille de route claire pour traiter les causes profondes de la crise dans l’Etat de l’Arakan, parmi lesquelles la privation des droits des Rohingyas.

Cette réunion a été particulièrement utile pour construire un consensus autour de ces deux objectifs et pour identifier ce qui constitue selon nous deux des clés d’une sortie de crise :

-  la première clé, c’est de trouver la bonne articulation entre le respect des exigences de court terme posées aux autorités birmanes et la mise en œuvre des recommandations de Kofi Annan pour traiter les causes profondes de ce conflit ;

-  la deuxième clé, c’est un engagement résolu et uni en ce sens du Conseil de sécurité, engagement auquel la France est très attachée. Et nous espérons que cette réunion y contribuera.

C’est dire combien la France, avec le Royaume-Uni et nos autres partenaires, reste pleinement mobilisée sur cette question pour contribuer à une réponse forte et unie du Conseil de sécurité.

***

We just had a very important meeting with Kofi Annan, whom I want to warmly thank for coming and honoring us with his presence here in New York.

France has taken the initiative of this meeting, together with the United Kindgom, because the situation in Myanmar is extremely serious: 520,000 people displaced, hundreds of villages wiped out, systematic violations of human rights. This is an ethnic cleansing happening before our eyes.

This meeting that I chaired with Matthew Rycroft, my British friend and colleague, had two objectives:

-  First objective: to refuse and denounce the totally inacceptable status quo: We must therefore continue to increase pressure on Myanmar’s authorities so that their first announcements now translate into strong actions, starting with the end of violence, full humanitarian access and the return of refugees. On this last point, we call on the the strengthening of the dialogue engaged between Myanmar and Bangladesh.

-  The second objective was to support the recommendations of Kofi Annan in his report and to make progress together on their implementation. They are indeed a clear roadmap to tackle the deep causes of the crisis in Rakhine State, in particular the deprivation of the rights of Rohingyas.

This meeting has been particularly useful and helpful to build consensus on these two objectives and to identify two key responses to the crisis:

The first key is to find the right linkage, the right articulation between the respect of our short term demands to Myanmar authorities and the implementation of Kofi Annan’s recommendations regarding a longer term solution to the crisis, what we called the root causes.

The second key is a firm and united Security Council commitment to assuming its responsibility on this crisis. We hope that this meeting will be helpful in this regard too.

To conclude I would say that France, together with the United Kingdom and many other partners, stay fully mobilized on this issue to contribute to a strong and united response of the Council. Merci.

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Q: Monsieur Delattre, vous avez évoqué une pression accrue sur le gouvernement birman. La réunion était fermée à la presse, quel levier avez-vous donné à Kofi Annan pour aboutir à cette pression-là ? Est-ce que vous l’enjoignez à repartir en Birmanie ?

Kofi Annan va venir dans quelques minutes vous parler et il est le plus qualifié pour répondre à votre question. Je crois en effet que la rencontre que nous avons eu lui donne, nous donne un levier supplémentaire pour avancer.

Je crois que la clé de la solution permettant d’arracher un accord ou en tout cas de trouver le chemin d’une solution politique et une sortie de crise, est la bonne articulation entre les exigences du court terme, qui ont été posées très clairement durant cette réunion, et de manière très consensuelle, vis-à-vis des autorités birmanes – la fin des opérations militaires, l’accès humanitaire plein et sans entrave, le retour des réfugiés -, d’une part, et d’autre part tout ce que Kofi Annan a proposé dans son rapport en termes de recommandations pour traiter les causes fondamentales, les causes profondes de la crise. C’est autour de la bonne articulation entre le court terme et le long terme, entre les exigences fondées sur la fermeté et un sentier vers la paix fondé par définition sur les partenariats. C’est de la bonne articulation entre ces deux éléments que dépendra notre capacité à tous à utiliser au mieux cette réunion importante pour progresser.

En ce qui me concerne, je sors de cette réunion convaincu - et c’est le cas aussi de Kofi Annan, je crois qu’il vous le dira - que cette réunion a été extrêmement utile. J’espère que rétrospectivement elle apparaîtra comme l’un des acquis important de notre travail commun, cher Matthew, et de la présidence française du Conseil de sécurité, un acquis sur la base duquel il faut construire et travailler. Je vous remercie.

Dernière modification : 31/07/2018

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