Notre priorité collective est de répondre aux besoins humanitaires en Syrie [en]

BRIEFING DU CONSEIL DE SECURITE SUR LA SITUATION HUMANITAIRE EN SYRIE

INTERVENTION A TITRE NATIONAL

DE M. NICOLAS DE RIVIÈRE

REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 29 juin 2020

Je tiens tout d’abord à remercier Monsieur Lowcock et Madame Sirkin pour leurs présentations.

Vous l’avez rappelé, la pandémie de COVID-19 ne cesse d’accroître les besoins humanitaires, de même que la crise économique en Syrie - qui résulte de la corruption et d’une gestion désastreuse, dans un pays où plus de 11 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire.

Seul un cessez-le-feu national, immédiat et durable, sous l’égide des Nations Unies, permettra de protéger la population civile. Cela est indispensable alors que la trêve russo-turque au Nord-Ouest reste fragile.

Nous ne le répéterons jamais assez : le respect du droit international humanitaire est une obligation qui s’impose à toutes les parties. Je pense notamment à la protection des civils, y compris du personnel humanitaire et médical et de leurs infrastructures. A cet égard, nous regrettons vivement la décision de la Russie de se retirer du mécanisme de déconfliction.

Toutes les parties, en particulier le régime syrien, doivent garantir l’accès humanitaire. Le mécanisme d’aide humanitaire transfrontalière n’a jamais été aussi indispensable, tant au Nord-Ouest qu’au Nord-Est. L’aide crossline est largement insuffisante pour répondre aux besoins. Dans tous les cas, elle n’offre pas toutes les garanties nécessaires d’impartialité et de transparence. Un renouvellement pour douze mois du mécanisme transfrontalier, comme le demande le Secrétaire Général, est donc indispensable. La France apporte son plein soutien au projet de résolution élaboré par l’Allemagne et la Belgique, prévoyant notamment la réouverture pour une première période de 6 mois du point de passage à Yaroubiyah, qui répond pleinement à ces impératifs humanitaires. J’appelle l’ensemble des membres du Conseil à faire preuve d’unité et de responsabilité. Il faut cesser d’instrumentaliser l’aide humanitaire. Ne prenons pas la population syrienne en otage. L’UE et ses Etats membres sont les principaux contributeurs d’aide humanitaire, quels que soient ses bénéficiaires, avec plus de 18 milliards d’euros alloués au peuple syrien depuis 2011. La conférence Bruxelles IV le confirmera à nouveau.

La France continuera par ailleurs à soutenir fermement tous les efforts visant à prévenir et à punir les violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire.

Enfin, seule une solution politique conforme à la résolution 2254 du Conseil de sécurité permettra de mettre un terme à la tragédie humanitaire et de stabiliser durablement le pays. Notre priorité collective aujourd’hui est de parer à l’urgence et de répondre aux besoins humanitaires immenses en Syrie, avant d’envisager toute activité de développement. Nous y contribuons partout en Syrie. Tant qu’un processus politique crédible n’est pas fermement engagé, la France et l’Union européenne ne financeront pas la reconstruction. Vous connaissez enfin nos positions sur la levée des sanctions et la normalisation et qui demeurent inchangées.

Dernière modification : 29/06/2020

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