Nous devons intensifier nos efforts pour permettre la pleine mise en œuvre de la résolution 2532 [en]

COVID-19 / MISE EN ŒUVRE DE LA RESOLUTION 2532

INTERVENTION DE M. WADID BENAABOU
COORDINATEUR POLITIQUE ADJOINT DE LA MISSION PERMANENTE DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 9 septembre 2020

Je tiens tout d’abord à remercier le Niger d’avoir organisé cette réunion à la demande de la France et de la Tunisie. Je remercie également Rosemary di Carlo, Mark Lowcock et Jean-Pierre Lacroix pour leurs présentations.

Plus de deux mois après l’adoption de la résolution 2532, l’heure est venue de tirer un premier bilan mais aussi, et surtout, d’appeler à un sursaut collectif : alors que la pandémie de COVID-19 continue de se propager, la priorité absolue doit être la mise en œuvre d’une cessation des hostilités et d’une pause humanitaire. Les progrès présentés par nos trois briefeurs en vue de la mise en œuvre de la résolution constituent une première étape importante, et je tiens ici à rendre hommage au travail mené par l’ensemble des acteurs onusiens. Mais nous sommes encore loin du compte et il est temps de passer de la parole aux actes.

Tout d’abord, je tiens à rappeler que la cessation des hostilités est une condition indispensable à une lutte efficace contre la pandémie. Si l’appel du Secrétaire général en ce sens a été appuyé par plus de 180 pays, plus de 20 groupes armés et de nombreuses organisations régionales et de la société civile, beaucoup reste à faire pour parvenir à une cessation effective des hostilités. En Syrie, au Yémen, en Libye, en Afghanistan ou encore au Sahel, la situation reste très instable et les populations civiles continuent d’en payer le prix.

Comme l’a indiqué Jean-Pierre Lacroix, les casques bleus poursuivent sans relâche leurs efforts, dans des conditions souvent très difficiles. Je tiens ici à leur rendre hommage. Nous devons continuer à soutenir les opérations de maintien de la paix en leur permettant de mettre pleinement en œuvre leurs mandats malgré la pandémie. La France y est déterminée. Nous sommes, à ce titre, prêts à accueillir dans nos hôpitaux militaires des casques bleus étrangers malades de la COVID-19 et nécessitant des soins urgents.

Sur le volet humanitaire, nous devons collectivement soutenir la mise en œuvre pleine et entière du Plan global de réponse humanitaire à la COVID-19. La France continuera, tant par son appui bilatéral que multilatéral, à œuvrer en ce sens. Le président Emmanuel Macron a été un des premiers, en avril dernier, à appeler à un soutien massif aux pays les plus fragiles, notamment en Afrique, face à la COVID-19. Depuis début mai, l’Union européenne a, quant à elle, coordonné plus de 65 vols dans le cadre d’un pont aérien humanitaire, permettant de transporter plus de 1700 personnels humanitaires et médicaux et plus de 1200 tonnes d’aide. En juin dernier, le Ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s’est à ce titre rendu en République démocratique du Congo pour accueillir un des vols prévus dans le cadre de ce pont aérien, conjointement avec son homologue belge et le Commissaire européen à la gestion des crises.

Tout doit également être fait pour garantir un accès humanitaire sûr et sans entraves et protéger les travailleurs humanitaires ainsi que le personnel médical, dont je salue le travail remarquable. La hausse des attaques contre le personnel humanitaire est extrêmement préoccupante. Nous ne transigerons pas à ce sujet : les auteurs de ces crimes devront répondre de leurs actes devant la justice. Le respect du droit international humanitaire est une obligation qui s’impose à tous.

La stabilité et la paix reposent également sur la résilience des systèmes de santé. Nous devons à cet égard soutenir les efforts engagés par les Nations Unies et l’OMS, qui coordonnent la réponse internationale à la crise. L’OMS doit être confortée dans son rôle normatif, d’alerte et de coordination. Cela n’exclura pas, bien sûr, d’engager les réformes nécessaires et de tirer toutes les leçons de la gestion de la crise actuelle.

Enfin, la résolution 2532 reconnaît le rôle essentiel que les femmes jouent dans la lutte contre la pandémie de COVID-19, ainsi que les effets négatifs et disproportionnés que cette pandémie a sur les femmes, les filles, les réfugiés et les déplacés notamment. Il est essentiel d’unir nos efforts pour minimiser ces effets et leur permettre de participer pleinement à l’élaboration et à la mise en œuvre de la réponse à la pandémie. La France, qui organisera au 1er semestre 2021 le Forum Génération Egalité, en partenariat avec le Mexique et ONU Femmes, y est plus que jamais déterminée.

Monsieur le Président,

Il n’y a pas de temps à perdre. Nous devons collectivement intensifier nos efforts pour permettre la pleine mise en œuvre de la résolution 2532. Il n’y a pas d’alternative pour lutter efficacement contre la pandémie. Vous pouvez compter sur le soutien sans faille et continu de la France.

Je vous remercie.

Dernière modification : 02/10/2020

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