La France appelle le CS à relancer un processus politique au Moyen-Orient [en]

MOYEN-ORIENT

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIERE, REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 26 octobre 2020

Monsieur le Président,

Je remercie le Coordinateur spécial pour son intervention. Je salue la présence parmi nous du ministre al Malki, ainsi que des vice-ministres russe et vietnamien ainsi que celle du secrétaire d’Etat tunisien.

Nous les rappelons chaque mois, les paramètres du règlement du conflit israélo-palestinien sont connus : deux Etats, vivant en paix et en sécurité, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues sur la base des lignes de 1967, ayant tous deux Jérusalem pour capitale.

Il ne s’agit pas d’une position idéologique déconnectée de la réalité et appartenant à un passé révolu. Il s’agit tout au contraire, de la seule solution réaliste pour assurer la stabilité de la région et notamment la sécurité d’Israël, avec laquelle la France ne transigera jamais, et le droit des Palestiniens à l’autodétermination qui est inaliénable. Ce qui est en jeu, c’est la crédibilité de ce Conseil, qui a endossé ces paramètres et qui est le garant du droit international.

La France, avec ses partenaires européens, a salué les accords de normalisation entre Israël, les Emirats arabes unis et le Bahreïn et elle salue l’annonce d’un accord avec le Soudan. Elle souhaite qu’ils puissent contribuer à la stabilité de la région. La décision prise dans ce cadre par les autorités israéliennes de suspendre leurs projets d’annexion est une étape positive. La France appelle Israël à en faire une mesure définitive.

La France s’inquiète de la dynamique d’annexion de facto des territoires occupés à l’œuvre sur le terrain. Nous condamnons à cet égard la décision des autorités israéliennes de lancer des plans pour la construction de plus de 4 900 unités de logement dans les colonies de Cisjordanie. L’extension des colonies constitue une violation flagrante du droit international et constitue un obstacle à une paix juste, globale et durable comme le précise la résolution 2334. Cette décision s’ajoute au lancement de la procédure de soumission des offres pour la construction de nouvelles unités à Givat Hamatos, prévu le 2 novembre. Les taux records de démolitions de structures palestiniennes, y compris à Jérusalem Est, sont également inquiétants. Ces démolitions doivent cesser. C’est ce que nous avons réaffirmé avec l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni, le 16 octobre dernier.

Nous devons œuvrer à recréer une dynamique positive pour permettre aux parties de renouer le dialogue.

La France est prête, en lien avec ses partenaires européens et arabes, à accompagner une reprise progressive des discussions, sur la base d’engagements concrets et réalistes de la part des deux parties. La France continue à se coordonner étroitement avec l’Allemagne, l’Egypte et la Jordanie à ce sujet dans la lignée de la réunion d’Amman du 24 septembre dernier.

La France apportera également son soutien à toute initiative qui s’inscrit dans le cadre des paramètres agréés et du droit international. Nous saluons à cet égard la proposition détaillée par le ministre al Malki d’organiser une conférence internationale et l’invitons à y travailler avec tous les acteurs concernés.

Nous souhaitons tirer profit de la présence de M. al Malki parmi nous aujourd’hui pour l’encourager à poursuivre les efforts entamés en matière de réconciliation inter-palestinienne. Nous saluons l’engagement du président Abbas à organiser des élections générales dans les Territoires palestiniens. Nous appelons l’Autorité palestinienne à organiser ces élections sans plus attendre pour répondre aux demandes démocratiques et faire avancer la paix. La France et l’Union européenne sont prêtes à lui apporter leur soutien à cet égard.

Enfin, nous réitérons notre appel à tous les Etats membres, notamment nos partenaires du Golfe, à financer l’UNRWA, qui est d’autant plus essentiel en période de COVID 19. La France a doublé sa contribution à l’Office depuis 2017 et elle continuera à le soutenir en ces temps difficiles. Elle continuera également de soutenir les organisations de la société civile et d’appeler au respect du droit international humanitaire et des droits de l’Homme.

Monsieur le Président,

La France appelle ce Conseil à unir ses efforts pour travailler ensemble à la relance d’un processus politique au point mort depuis 2014. Cela relève de notre responsabilité en tant que garants de la paix et de la sécurité internationales. Je vous remercie.

Dernière modification : 10/11/2020

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