L’accord de paix en Colombie est bien vivant

Colombie
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 10 octobre 2019

Merci Monsieur le Président,

Je tiens à remercier les intervenants et à saluer la présence parmi nous du ministre colombien des Affaires étrangères M. Carlos Holmes Trujillo.

Monsieur le Président,

Ce Conseil a régulièrement souligné combien l’accord final a constitué un chemin inédit et courageux pour construire la paix et la réconciliation nationale en Colombie. Il a soutenu de manière unie cet effort collectif, notamment par la mise en place de la mission de vérification des Nations unies dirigée par Carlos Ruiz Massieu dont je salue le travail. Face aux défis auxquels fait face la consolidation de la paix, nous devons plus que jamais continuer à soutenir l’approche exigeante choisie par le gouvernement colombien, les anciennes FARC-EP et la société civile dans la construction d’une paix durable.

Monsieur le Président, je souhaite insister sur les points suivants :

Les réactions à l’annonce de la reprise des armes par d’anciens commandants des FARC le 29 août, que la France a condamnée, ont paradoxalement montré que l’accord de paix est bien vivant. En effet, tant le gouvernement colombien que le parti FARC, les autres partis politiques et la société civile ont vivement rejeté cette annonce et réaffirmé leur attachement à l’accord. Des choix individuels de renouer avec la violence ne remettront pas en cause le processus collectif de construction de la paix.

La situation sécuritaire dans les anciennes zones de conflit reste une priorité, au vu du nombre élevé d’assassinats de leaders sociaux, de défenseurs des droits de l’Homme, d’ex-combattants des FARC et de candidats politiques, notamment dans le contexte des élections locales du 27 octobre. La France condamne ces assassinats. Nous saluons à ce titre l’adoption le 26 août dernier du Pacte national pour la culture politique et la non-violence et encourageons les autorités à intensifier leurs efforts pour apporter toutes les garanties nécessaires à celles et à ceux qui s’engagent en politique ou pour la défense des droits de l’Homme.

Face à ces défis, la solution est de renforcer encore davantage la mise en œuvre de l’accord, dans toutes ses composantes. En matière de réintégration économique et sociale des ex-combattants, des progrès importants ont été réalisés et ils doivent être poursuivis. L’accord de paix contient également des dispositions ambitieuses en matière de réforme rurale, de réforme politique, de substitution des cultures illicites, ainsi que des dispositions transversales en faveur des femmes et des minorités ethniques. Leur mise en œuvre intégrale est la clé de la construction de la paix dans le long terme. Les mécanismes de suivi prévus par l’accord doivent également être utilisés. Enfin, les institutions du système intégral de justice et vérité doivent pouvoir sereinement poursuivre leur travail, essentiel dans la perspective d’une paix durable.

Enfin, nous avons pleinement conscience du défi que constitue la crise migratoire pour la Colombie. Je veux saluer ici la générosité du gouvernement et du peuple colombiens dans l’accueil de ces migrants, avec le soutien de la communauté internationale.

Face à ces différents défis, je tiens à assurer le gouvernement et le peuple colombiens du soutien de la France et de notre disponibilité à continuer de l’accompagner, conjointement avec nos partenaires de l’Union européenne, sur la voix exigeante de la paix.

Je vous remercie Monsieur le Président.

Dernière modification : 10/10/2019

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