Océans : il reste de l’espoir si nous agissons ensemble

Conférence sur les océans – Evènement parallèle : « From problems to solutions : stewarding our oceans between major climate change impacts and nature based solution to adaptation and mitigation » - Intervention de M. Serge Ségura, Ambassadeur chargé des océans – Siège des Nations unies, New York – 7 juin 2017

Monseigneur, Mme la Ministre, M. le Ministre,

Excellences, chers amis,

Je souhaiterais tout d’abord remercier la Suède et l’IUCN pour cette invitation à conclure ce side event en particulier parce que c’est un side event optimiste et positif qui, au-delà des problèmes, voit des solutions.

Depuis le début de cette semaine, nous avons entendu de très mauvaise nouvelles sur l’état de nos océans à la fois au cours des dialogues de partenariat et des side events. Pourtant, il est important de constater qu’il existe encore de l’espoir et des solutions si nous décidons collectivement, et c’est là un mot important, de faire quelque chose, d’agir et de rendre nos paroles et nos mots concrets. C’est bien la volonté de mon pays.

Je ne suis pas un scientifique ni un spécialiste de l’environnement marin, malheureusement. Je suis simplement un diplomate qui essaye de mieux comprendre et connaître nos océans grâce aux scientifiques mais surtout grâce aux gens qui travaillent sur les océans, à ceux qui vivent sur ses rivages et grâce aux gens qui vivent de l’océan.

Notre conférence est un moment important de la diplomatie des océans. Pourtant, quelques jours auparavant, mon pays a ressenti une grande déception, lui qui a tant travaillé avec d’autres comme Monaco, en faveur de l’accord de Paris pendant la COP21 en 2015. Ce fut en effet une lourde déception que d’entendre la décision du Président des Etats Unis sur cet accord. Bien sûr, juridiquement, nous savons que le processus de retrait va prendre du temps mais le dommage politique est déjà fait et nous considérons que cette décision est une grosse erreur, peut-être même une faute. Comme l’a dit le président Macron aux français comme aux citoyens américains, il n’y a pas de plan B parce qu’il n’y a pas de planète B. Heureusement, de nombreuses voix se sont élevées aux Etats-Unis pour exprimer leur soutien à l’accord de Paris en manifestant leur volonté de le mettre en œuvre. Des villes, des Etats, des associations et des entreprises se sont exprimées en ce sens.

Cette décision, je l’espère, ne diminuera pas l’impact et la force, pas plus que le rôle à venir de l’Appel à l’action que nous devrons adopter en fin de conférence, et cela, même si les Etats-Unis refusent de l’accepter dans son intégralité. La décision américaine aura au moins montré le soutien très large dont bénéficie l’accord dans la communauté internationale des Etats. Nombreux se sont exprimé pour dire leur volonté de l’appliquer complètement. Nous avons négocié durement ces dernières semaines pour que l’Appel à l’action contienne une référence claire à l’accord de Paris et je crois qu’aujourd’hui, de nombreux Etats qui étaient hésitants pendant la négociation, comprennent mieux la force du mouvement en faveur de cet accord.

Je voudrais aborder un autre point au-delà du changement climatique. La France dispose de la seconde plus vaste zone maritime sous juridiction ou sous souveraineté au monde. Peut-être sera-t-elle la première bientôt. Quand cette information est parue en France l’année dernière, nombreux ont été mes compatriotes, politiciens compris, à ressentir de la fierté. Il s’agit pourtant simplement du jeu combiné de la nature et de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Il est vrai que cette situation nous donne plus d’opportunités économiques, mais avant tout, elle constitue une énorme responsabilité puisqu’il revient à mon pays d’assurer et de veiller au bon état écologique de cette zone.

Dès lors, toutes les bonnes recettes, les bonnes pratiques sont utiles. La connaissance des milieux naturels concernés est également essentielle. La capacité de résilience que montrent les écosystèmes marins est un des moyens que nous voulons utiliser. Cela s’applique essentiellement aux zones côtières et nous avons de nombreux programmes qui touchent cette résilience. La France a un nombre important de territoires d’outre-mer, sur tous les océans sauf l’Arctique, et nous avons donc une bonne expertise de milieux marins très divers. Deux de ces territoires d’outre-mer participent du reste à cette conférence, la Nouvelle Calédonie et la Polynésie française. J’ai eu , bien sûr, avant la conférence et pendant, de nombreux contacts avec leurs délégations et je peux vous assurer que les questions relatives à la protection des zones côtières les préoccupent beaucoup. Il ne s’agit pas là uniquement du combat contre l’érosion côtière, mais aussi du changement climatique en soi. Ainsi les programmes de protection des mangroves, des zones humides, des prairies marines et des récifs coralliens sont pour eux et pour nous d’une très grande importance.

A cet égard, je voudrais dire quelques mots d’un outil formidable en France en faveur de la préservation des zones littorales : le conservatoire du littoral. Il s’agit d’une administration publique, créée il y a une quarantaine d’années, dont le rôle est d’acheter avec des fonds publics à des particuliers ou des municipalités, des zones littorales pour éviter leur urbanisation ou toute autre forme de destruction de leur état naturel. Le conservatoire cherche à redonner à ces zones leur état naturel et initial. Il aide à leur résilience. Cette administration s’est lancée il y a peu dans un projet à l’étranger, essentiellement en Afrique, de réseau de petites îles afin d’y promouvoir les bonnes pratiques de protection des milieux naturels côtiers de ces îles. Ce projet bénéficie de fonds de la Banque mondiale.

Cela m’amène à la conclusion de ma conclusion. La collaboration internationale, la coopération, les partenariats doivent être au cœur de notre action si nous voulons réussir. C’est avec satisfaction qu’un pays comme la France, qui a toujours consacré des sommes importantes à la coopération pour le développement dans des projets touchant l’environnement marin et les activités maritimes, en particulier en Afrique, voit les grands donateurs internationaux que sont la Banque mondiale et l’Union européenne consacrer plus de moyens à des projets relatifs aux zones côtières et aux activités littorales. Le partenariat reste la clé du succès.

Je vous remercie.

Dernière modification : 08/06/2017

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