Parce qu’il engage la stabilité de la région, le conflit israélo-palestinien demeure un sujet de première importance [en]

SITUATION AU MOYEN-ORIENT

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIERE
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 21 juillet 2020

Je remercie le Coordinateur spécial et MM. Levy et Shikaki pour leurs interventions. La France soutient l’intervention de l’Union européenne qui sera diffusée ultérieurement.

Parce qu’il engage la stabilité de la région, le conflit israélo-palestinien demeure un sujet de première importance. Les paramètres de son règlement sont connus : deux Etats, vivant en paix et en sécurité, le long de frontières sûres et reconnues, avec Jérusalem comme capitale des deux Etats. C’est une question de droit mais aussi de pragmatisme : seule la solution des deux Etats permettra de répondre aux aspirations des Palestiniens et de garantir la sécurité d’Israël avec laquelle la France ne transigera jamais.

Dans ce cadre, la France réitère son appel à Israël à renoncer à tout projet d’annexion de parties de la Cisjordanie, quel qu’en soit le périmètre.

Comme l’écrasante majorité de ce Conseil l’a rappelé le mois dernier, toute annexion constituerait une violation manifeste du droit international. Elle porterait une atteinte flagrante à l’ordre international dont nous avons ensemble érigé les règles, à commencer par la Charte de cette Organisation, qui pose le principe de non-acquisition de territoires par la force.

Toute annexion de territoires porterait également un coup irréversible au processus de paix, ainsi qu’à la solution des deux Etats. Elle viendrait renforcer les ennemis de la paix, au détriment des efforts en vue de parvenir à une paix régionale et au détriment de la sécurité d’Israël. L’annexion ne serait dans l’intérêt ni des Israéliens ou des Palestiniens.

La France ne reconnaîtra aucune modification des lignes de juin 1967, sauf celles agréées par les deux parties, conformément au droit international, aux résolutions de ce Conseil comme aux paramètres internationalement agréés sur lesquels repose la solution des deux Etats.

Comme l’a dit le Haut représentant de l’Union européenne, toute décision d’annexion aurait des conséquences pour la relation de l’Union européenne avec Israël. Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a également indiqué qu’une telle décision ne saurait rester sans réponse compte tenu de sa gravité.

Il est donc de la responsabilité de ce Conseil de rester mobilisé pour prévenir toute décision en ce sens.

La France exprime également sa vive préoccupation à l’égard de la poursuite de la colonisation, en violation du droit international.

Elle appelle en particulier Israël à mettre un terme aux projets d’expansion des colonies de Givaat Hamatos et dans la zone « E1 », qui sont d’une sensibilité particulière pour la viabilité de la solution des deux Etats. L’ouverture programmée de la procédure de soumission des offres pour la construction de plus d’un millier de logements à Givat Hamatos et la poursuite de la procédure pour la construction de 3 500 unités de logement dans la zone « E1 » sont à cet égard inquiétantes.

La France est également préoccupée par la poursuite des démolitions, confiscations et évictions en zone C et à Jérusalem-Est, alors que les autorités israéliennes se sont engagées au début de la crise sanitaire à suspendre les démolitions.

La France avec ses partenaires, notamment arabes et européens, est déterminée à continuer à œuvrer à la reprise de négociations crédibles et ambitieuses entre les parties, fondées sur le droit international, les résolutions de ce Conseil et les paramètres internationalement agréés.

Il appartient aux parties, avec le soutien de la communauté internationale, de négocier les concessions nécessaires pour avancer sur le chemin de la paix. Le conflit ne se résoudra pas par des décisions unilatérales. La voie de la paix sera longue et difficile et requerra des décisions politiques courageuses. Des progrès sur la voie de la réconciliation inter-palestinienne seraient des pas importants en ce sens.

La France est prête à prendre toute sa part dans ce processus, en lien avec ses partenaires arabes et européens. Les ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne, de l’Égypte et de la Jordanie ont ainsi rappelé conjointement, le 7 juillet 2020, l’importance de reprendre un dialogue fructueux entre les parties israélienne et palestinienne. Ils ont également proposé leur soutien pour faciliter l’avancée des négociations.

En conclusion, je souhaiterais réaffirmer aussi le plein soutien de la France à l’UNRWA et appeler à un sursaut de mobilisation pour permettre à l’Office de surmonter sa crise financière et continuer à mettre en œuvre l’intégralité de son mandat.

Je vous remercie.

Dernière modification : 21/07/2020

Haut de page