"Atlantique", un film poignant sur la migration, l’amour et la jeunesse

Projection du film « Atlantique » de Mati Diop
Remarques introductives de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies
Nations unies – 9 janvier 2020

Merci beaucoup Rina et merci d’avoir été la cheville ouvrière de ce bel événement,
Chers collègues,
Madame la réalisatrice, chère Mati,
Cher Abdoulaye,

C’est un plaisir et un honneur pour moi de me glisser dans cette embarcation. Et en ce début d’année, je voudrais vous remercier chaleureusement pour votre présence aujourd’hui afin d’assister à la projection du film « Atlantique », et vous présenter également tous mes vœux de bonheur et de santé pour vous et vos proches.

Je souhaite à mon tour remercier les co-organisateurs, en particulier Netflix qui à notre grand plaisir distribue ce film sur sa plateforme, ainsi que Refugees International et International Rescue Committee, dont le président directeur général M. David Miliband nous fera l’honneur de sa présence cet après-midi pour la discussion du panel après la projection, et je vous encourage bien évidemment à rester pour ce moment d’échange.

Je souhaiterais également à mon tour remercier tout particulièrement Mme Mati Diop, dont je salue le talent. Nous avons l’immense chance de l’avoir avec nous aujourd’hui pour présenter ce film et je suis sure que vous allez apprécier cette œuvre d’art.

Il y a un an à peine, nous adoptions le Pacte mondial sur les migrations sûres, ordonnées et régulières, qui est le premier texte d’envergure et à vocation universelle sur les migrations, ici aux Nations unies. A travers ce texte, nos différents pays se sont engagés solennellement à renforcer la protection des droits existants des migrants ; des droits qui sont inscrits dans des conventions internationales, à commencer par la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Ainsi, c’est avec un réel plaisir que nous présentons aujourd’hui au siège des Nations unies cette œuvre, qui est une œuvre de fiction mais qui aborde avec grande sensibilité et une grande sensibilité artistique le sujet des migrations. Ce film que nous nous apprêtons à voir se distingue par la force du lien entre les personnages qui sont au cœur du récit, les jeunes Ada et Souleiman, mais aussi par la poésie de ses images, des images magnifiques du Sénégal. Au-delà, ce film constitue une fenêtre sur l’expérience de celles et ceux dont les vies, souvent débutantes, sont à jamais modifiées par l’expérience du départ, qui implique à la fois séparation et nouveau commencement pour ceux qui partent comme pour ceux qui restent.

Chers collègues,

Les migrations sont souvent perçues comme un « problème à gérer ». Or , les migrations sont en fait, historiquement, un facteur de développement économique et social, et d’enrichissement humain et culturel. Une société vivante est une société qui se métisse, qui se renouvelle et qui se nourrit à travers les échanges. C’est la raison pour laquelle le gouvernement français a pris en compte les interactions entre migrations et développement dans sa propre stratégie nationale de développement et qu’il est à notre sens absolument nécessaire de tenir un discours responsable sur les migrations, et plus encore, un discours et une approche qui soient pleinement respectueux des migrants et migrantes.

Sans m’attarder plus avant, nous sommes réunis ici pour honorer l’œuvre de Mati Diop qui réalise à travers « Atlantique » un film unique qui mêle réalisme et éléments fantastiques. Dans un film où la place des femmes au sein de la société, en particulier celle des jeunes femmes, est centrale, « Atlantique » nous rappelle sans relâche qu’il s’agit bien du sort et du quotidien de personnes aux aspirations universelles dont nous traitons lorsque nous abordons le sujet des migrations aux Nations unies. Et d’ailleurs, je suis, nous sommes, pratiquement tous dans cette salle, dans un sens ou dans un autre, des migrants.

Je vous souhaite à toutes et à tous de passer un beau moment et vous remercie encore une fois de votre présence.

Dernière modification : 10/01/2020

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