Protéger le patrimoine culturel

La Conférence des donateurs sur le patrimoine culturel en péril s’est tenue le 20 mars à Paris. Sous l’impulsion de la France et des Emirats arabes unis, cette conférence visait à poursuivre la mobilisation de la communauté internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflits. Cette conférence a notamment permis le lancement d’un fonds international. Prochaine étape de la mobilisation : le 24 mars avec une réunion ministérielle du Conseil de sécurité.



"On ne peut inventer l’avenir sans la conscience du passé" - François Hollande, 20 mars 2017

1. Pourquoi protéger le patrimoine culturel ?

Partout dans le monde, les guerres et le terrorisme menacent un patrimoine parfois millénaire, témoignage de la diversité des civilisations humaines et de notre humanité commune.

De nombreux biens culturels dans le monde en ont déjà fait les frais, tel par exemple la destruction par AQMI des grandes mosquées et des manuscrits de Tombouctou en 2012 ou encore la cité antique de Palmyre gravement endommagée par Daech en 2015.

Le patrimoine, dans sa diversité, est une source de richesse collective et incite au dialogue. Il constitue un facteur de rapprochement, de tolérance, de liberté et de respect. Sa destruction représente une menace pour la paix.

La destruction du patrimoine culturel est devenue une tactique de guerre, qui vise à alimenter les conflits et nourrir la propagande. Le pillage et le commerce illicite des biens culturels sont également perçus par de nombreux groupes armés, notamment les groupes terroristes, comme une source de revenus.


« Les fanatiques ont fait du trafic, du pillage et de la destruction de l’héritage culturel le prolongement des persécutions contre les populations. Il s’agit là d’un même objectif : briser ce qui a pu exister avant pour tuer l’espoir après, éradiquer la diversité humaine et culturelle » - François Hollande, 20 mars 2017


Les destructions et pillages de sites historiques, notamment en Afghanistan, en Syrie, en Irak ou encore au Mali, ont ainsi conduit la France et les Emirats Arabes Unis, en partenariat avec l’Unesco, à agir pour leur protection. Il s’agit là d’une priorité pour la France.

2. Quel était le but de la conférence du 20 mars 2017 ?

La conférence organisée le 20 mars à Paris par la France et les Emirats arabes unis lance la mise en œuvre concrète des mesures adoptées en décembre 2016 lors de la conférence qui s’est tenue à Abou Dabi.

La conférence qui s’est tenue au musée du Louvres le 20 mars a visé notamment à :

• concrétiser les engagements pour financer l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit (ALIPH), le fonds permettant de financer des actions préventives ou d’urgence, de lutter contre le trafic illicite de biens culturels et de participer à la restauration de biens culturels endommagés.

• réunir les Etats donateurs, des Etats témoins de destructions du patrimoine comme l’Irak, le Mali et l’Afghanistan, ainsi que des donateurs.

La conférence aura ainsi permis de financer l’ALIPH à hauteur de 75 millions de dollars. La France a annoncé pour sa part une contribution de 30 millions de dollars à ce fonds.

La protection du patrimoine en danger, priorité de la France : quelques dates clef

La conférence du 20 mars s’inscrit dans la continuité de l’action menée par la France.

* Mars 2015 : en déplacement au Louvre, François Hollande annonce la volonté de la France d’agir pour la préservation du patrimoine et la diversité culturelle. A la demande du Président, le président-directeur du Louvre remet en novembre 2015 un rapport proposant 50 recommandations pour la sauvegarde du patrimoine en situation de conflit.

* Septembre 2016 : lors de l’Assemblée générale des Nations unies, François Hollande lançait un appel au Metropolitan Museum de New York et présentait l’initiative franco-émirienne, rappelant que la protection du patrimoine constitue un enjeu « non pas d’une civilisation, mais de l’humanité ».

* Décembre 2016 : la première conférence internationale se tient à Abou Dabi sous le haut patronage de l’Unesco et avec la participation de plus de 40 Etats, organisations internationales et organismes du monde culturel. La déclaration adoptée réaffirme la volonté des Etats à unir leurs efforts pour sauvegarder le patrimoine culturel en danger de tous les peuples, contre sa destruction et son trafic illicite. Cette déclaration prévoit en particulier la création d’un fonds international pour la protection du patrimoine culturel en péril et la création d’un réseau international de refuges pour sauvegarder de manière temporaire les biens culturels en danger par des conflits armés ou le terrorisme.

* Mars 2017 : création à Genève par la France et les Emirats arabes unis du fonds international sous la forme d’une fondation publique privée : l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit.
* Mars 2017 : la France signe le second protocole de la Convention de La Haye sur la protection du patrimoine dans les conflits armés

3. Quelle action au Conseil de sécurité ?

A l’initiative de la France et de l’Italie, une réunion de niveau ministériel se tiendra le 24 mars prochain au Conseil de sécurité sur le thème : « la destruction et le trafic du patrimoine culturel par les groupes terroristes et en situation de conflits armés ».

Si le Conseil de sécurité avait déjà abordé la question spécifiquement sur le financement du terrorisme par le trafic d’objets de patrimoine ou pour des situations spécifiques (Irak, Syrie, Mali par exemple), c’est la première fois qu’il adoptera une résolution visant à donner un cadre global à la protection du patrimoine.

La résolution vise en particulier à :

- condamner l’ensemble des menaces dirigées contre le patrimoine dans les conflits armés
- proposer des mesures afin d’améliorer la coordination des Etats en terme de prévention de la destruction et de vol, la lutte contre le trafic et la protection du patrimoine
- améliorer la coordination entre les États et avec les entités compétentes des Nations unies
- appuyer les Etats concernés par le vol et la destruction de leur patrimoine

Les représentants de l’Unesco et de apporteront leurs témoignages. La France y sera représentée par la Ministre de la Culture et de la Communication, Mme Audrey Azoulay.

Suivez la réunion en direct sur nos réseaux sociaux le vendredi 24 mars avec @franceonu et #culturalheritage #ALIPH

Dernière modification : 23/03/2017

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