RDC : le processus n’est pas terminé [en]

République démocratique du Congo
Intervention de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 11 janvier 2019

Monsieur le Président,

Je remercie la représentante spéciale du Secrétaire général, Mme Leila Zerrougui - à qui je souhaite à nouveau rendre hommage ici -, le ministre zambien des Affaires étrangères, le président de la CENI, le Secrétaire général de la CENCO ainsi que l’observatrice permanente de l’Union africaine près les Nations pour leurs interventions importantes. Il était essentiel en effet que le Conseil de sécurité puisse disposer d’un éclairage plus large sur le déroulement des élections, en bénéficiant notamment de l’évaluation rendue par les organisations ayant conduit des missions d’observations électorales sur place, aux côtés des organisations de la société civile.

La France souhaite tout d’abord rendre hommage à l’ensemble du peuple congolais, qui a fait preuve de patience après un report des élections de plus de deux ans et s’est déplacé en nombre le 30 décembre pour exercer son droit de vote. Les écueils techniques et politiques ont été nombreux pendant ces deux années, la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre 2016 a connu des soubresauts, mais on retiendra avant tout l’image de ces Congolais faisant la queue en bon ordre, pendant parfois plusieurs heures, pour pouvoir exercer leur droit à choisir librement leurs représentants. C’est un exemple de vitalité démocratique et la France tient à le saluer.

La France adresse également ses félicitations aux acteurs politiques, à la société civile et aux institutions compétentes de la République démocratique du Congo pour l’organisation de ces élections, qui se sont tenues dans des conditions jugées satisfaisantes, malgré certaines irrégularités, par les missions d’observations électorales internationales de la CIRGL, de la SADC et de l’Union africaine. La France salue le travail que ces missions d’observations ont accompli, ainsi que celui de la société civile congolaise, dont la présence sur l’ensemble du territoire a contribué au bon déroulement du vote.

Monsieur le Président,

Le processus n’est pas terminé. La commission électorale nationale indépendante a annoncé des résultats provisoires le 10 janvier concernant une partie des élections provinciales, ainsi que l’élection présidentielle. La France attend désormais la publication des résultats des élections législatives par la CENI ainsi que la compilation des procès-verbaux pour les élections provinciales et les résultats détaillés des élections présidentielles. Ces premiers résultats ont été publiquement contestés. La loi congolaise prévoit des voies de recours et, comme l’a souligné l’Union Africaine, il est essentiel que toute contestation des résultats, portant notamment sur leur non-conformité avec le verdict des urnes, se fasse pacifiquement, par le recours aux procédures légales en vigueur et le dialogue politique entre toutes les parties prenantes.

Dans cette période cruciale, la France renouvelle son appel à toutes les parties à préserver le calme. Elle appelle tous les acteurs concernés à faire preuve de responsabilité et à favoriser le consensus national, fondé sur le respect des principes démocratiques et de la volonté exprimée dans les urnes par les électeurs congolais, dans le respect aussi des droits de l’Homme et de la paix civile.

Monsieur le Président,

Ces élections sont un moment historique pour la République démocratique du Congo, à même de conduire à la première alternance pacifique du pouvoir dans l’histoire du pays, et au renforcement de ses institutions démocratiques. Ce serait là l’aboutissement d’un cycle débuté à Sun City il y a maintenant 16 ans. La RDC a franchi des étapes importantes ces dernières semaines vers cet objectif. La France se tient aux côtés de la nation et du peuple congolais pour l’accompagner sur ce chemin, dans le respect du choix démocratique des Congolais.

Dans ce contexte, la France proposera aux Etats membres du Conseil d’adopter rapidement une déclaration à la presse qui salue le déroulement du scrutin, appelle toutes les parties à engager dans le calme les prochaines étapes du processus, et les invite à construire un consensus national, dans le respect de la légalité et au service de la paix.

Je vous remercie.

Dernière modification : 17/01/2019

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