Redoublons d’efforts pour préserver les instruments de maîtrise des armements [en]

Menaces à la paix et à la sécurité internationales
Intervention de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies, Chargée d’Affaires a.i.
Conseil de sécurité - 22 août 2019

Madame la Présidente,

Permettez-moi d’abord de remercier la Secrétaire générale adjointe pour les questions de désarmement pour sa présentation.

Madame la Présidente,

Cette enceinte résonne régulièrement de nos appels à préserver et renforcer le système de sécurité dont ce Conseil est le garant. C’est une priorité et un objectif communs, et la maîtrise des armements, le désarmement et la non-prolifération en constituent les piliers. Le Président de la République française l’a rappelé dans cette enceinte en septembre dernier : notre responsabilité, ce que nous devons à ceux qui nous ont précédés comme aux populations dont nous avons la charge, c’est de préserver et de renforcer ce régime de maîtrise des armements, à un moment où il est profondément mis à l’épreuve.

Le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (traité FNI) en était un élément central. La France regrette qu’aucune solution n’ait pu être trouvée pour le maintenir en vigueur. La fin de ce traité accroît les risques d’instabilité en Europe, et elle érode le système international de maîtrise des armements.

La viabilité et l’efficacité des instruments de désarmement et de non-prolifération nécessitent que ces accords soient pleinement respectés et mis en œuvre. La Russie porte la responsabilité de l’extinction du traité, qu’elle a continué d’enfreindre en dépit de nos appels à une application conforme du Traité FNI. Le développement d’un nouveau système de missile à portée intermédiaire par la Russie accroît la menace qui pèse sur les intérêts de sécurité européens.

Nous regrettons qu’elle n’ait montré aucune volonté de se conformer de nouveau à ses obligations internationales, et n’ait pris aucune mesure concrète en ce sens.

Madame la Présidente,

Dans le contexte actuel, nous souhaitons maintenir un engagement mesuré, équilibré et responsable pour assurer la sécurité de nos populations, et préserver la paix et la stabilité régionale et internationale. Mais cet impératif impose aussi de rétablir la confiance mutuelle et le dialogue, et de nous en donner les moyens.

Le monde ne peut pas s’engager dans une nouvelle course aux armements, dont nous paierions tous le prix ; ce serait un dangereux retour en arrière, au détriment des acquis fondant notre sécurité. Le soutien et le renforcement des processus de désarmement, de non-prolifération et de maîtrise des armements sont indispensables, en tenant compte de la dégradation de notre environnement de sécurité.

Nous devons redoubler d’efforts pour préserver les instruments de maîtrise des armements conventionnels et nucléaires existants et refonder un cadre international robuste. Il doit reposer sur des instruments réels et vérifiables, fondés sur le droit, pour préserver et prolonger les réalisations des dernières décennies, et répondre aux enjeux stratégiques de demain. La France continuera de s’employer à le renforcer, et encourage tous les autres acteurs dans cette voie.

Je vous remercie.

Dernière modification : 05/09/2019

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