Redoublons d’efforts pour protéger les enfants victimes de conflits [en]

Enfants dans les conflits armés
Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 2 août 2019

Merci Monsieur le Président,

Je salue le Ministre des affaires étrangères de Pologne pour son engagement en faveur des droits des enfants. Je remercie Madame Mariatu Kamara, Monsieur Majok Peter Awan ainsi que la Représentante spéciale, Madame Virginia Gamba, et la Directrice exécutive de l’UNICEF, Madame Henrietta Fore, pour leurs interventions.

En 2019, nous célébrons le trentième anniversaire de la Convention des droits de l’enfant, le soixantième anniversaire de la Déclaration des droits de l’enfant, mais aussi, dans deux jours, le dixième anniversaire de la résolution 1882, adoptée alors à l’initiative de la France et à l’unanimité de ce Conseil. C’est l’occasion de prendre acte des progrès accomplis, avec plus de 130 000 enfants libérés en près de 20 ans, mais aussi des défis à relever. Ils sont considérables avec, en 2018, 25 000 violations vérifiées, dont 12 000 meurtres et mutilations. C’est un record intolérable.

C’est pourquoi ce Conseil doit renforcer son action pour mieux protéger plus de 200 millions d’enfants confrontés quotidiennement à la guerre.

Nous saluons le rôle de la Belgique à la tête du groupe de travail sur les enfants dans les conflits armés. Nous devons utiliser l’ensemble des outils dont nous nous sommes dotés pour protéger les enfants.

I/ Il faut tout d’abord faire pleinement usage des mécanismes créés par ce Conseil.

1/ La résolution 1882 avait notamment renforcé le mécanisme de surveillance et de suivi, qui doit rester au cœur de notre stratégie.

Je salue, Madame la Représentante spéciale, vos récentes visites, en RCA, au Mali, qui sont indispensables pour dialoguer avec les autorités et les groupes armés. Ces visites sont indispensables.

Nous sommes encouragés par la signature de nouveaux plans d’action par le Mouvement patriotique pour la Centrafrique, les Forces démocratiques syriennes, dont nous espérons des résultats concrets.

Les conseillers pour la protection de l’enfance jouent également un rôle indispensable. Nous leur devons par exemple les succès obtenus par la MINUSCA et la MONUSCO. Il est indispensable que leur fonction et leur spécificité soient conservées au sein des opérations de paix.

Je salue l’adoption par le groupe de travail des conclusions sur la Syrie et sur la Birmanie, qui doivent maintenant pleinement être mises en œuvre.

Enfin, je veux réaffirmer l’importance des annexes au rapport du Secrétaire général qui listent les parties aux conflits armés qui commettent des violations graves contre les enfants. Leur fonction dissuasive et incitative n’est plus à démontrer. Il doit être clair qu’aucune partie ne saurait être retirée de ces annexes sans avoir démontré de réels progrès.

2/ La Résolution 1882 avait par ailleurs fait des violences sexuelles un critère d’inscription des parties à la « liste noire ». Il faut admettre que dix ans après, nous n’avons pas mis fin à ces violences et nous devons donc redoubler d’efforts.

La coopération entre les deux Représentantes spéciales sur les violences sexuelles et sur les enfants dans les conflits armés est essentielle.
Leurs interactions avec les comités de sanctions et les échanges d’informations sur des cas individuels doivent également être renforcées.

II/ Nous devons nous mobiliser davantage pour prévenir les violations et réintégrer les enfants victimes des conflits.

Le 31 Octobre 2017, le Ministre de l’Europe et des affaires étrangères français, M. Jean-Yves Le Drian, avait présidé le débat ouvert du Conseil et avait proposé une méthode fondée sur la prévention et la réintégration des enfants.

Dans le cadre, nous appelons à nouveau les Etats qui ne l’ont pas encore fait à adopter le « bloc constitutionnel » pour la protection des enfants dans les conflits, en signant et en ratifiant le Protocole optionnel à la Convention des droits de l’enfant, en endossant les Principes et Engagements de Paris, les Principes de Vancouver et la Déclaration sur la sûreté des écoles.

Ce corpus juridique doit être pleinement mis en œuvre. Cela implique aussi de sanctionner et de juger les auteurs de crimes graves commis contre les enfants, en ayant recours aux mécanismes judiciaires nationaux, mixtes ou internationaux. Cela implique également de garantir l’accès des enfants à l’éducation, à la santé et aux autres services essentiels, dans des écoles et des hôpitaux sécurisés. La France contribuerait à hauteur de 200 millions d’euros au Pacte mondial pour l’éducation et mettrait en place des financements innovants, en travaillant en priorité à l’éducation et l’autonomisation des filles.

La France est par ailleurs pleinement mobilisée en faveur de la réintégration des enfants, non seulement comme co-présidente du Groupe des amis pour la réintégration, mais surtout sur le terrain, comme en République centrafricaine, où la France finance plusieurs projets liés à l’accès à l’éducation.

Nous continuerons de jouer pleinement notre rôle pour protéger les enfants des souffrances de la guerre. Nous avons coutume de dire que les enfants incarnent l’avenir, les générations futures, qu’ils sont la condition d’une paix durable. Les protéger est aussi une obligation morale universelle et nous devons redoubler d’efforts. Je vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 02/08/2019

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