Renforcer la dynamique de paix en Somalie [en]

Somalie
Intervention de M. Antoine Michon, coordinateur politique à la Représentation permanente de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité – 25 octobre 2019

Monsieur le Président,

Je souhaiterais remercier l’Ambassadeur Marc Pecsteen pour son intervention et lui réitérer tout le soutien de la France dans l’accomplissement de sa mission.

Monsieur le Président,

Je souhaiterais revenir sur trois points.

1/ Mon premier message est que l’embargo sur les armes sur la Somalie demeure crucial. Il entrave en effet directement la capacité des groupes terroristes, et notamment Al-Shabaab, à se fournir en armes et ne peut donc être accusé d’entraver la lutte contre le terrorisme. Il joue également un rôle utile pour prévenir les trafics d’armes et de munitions, en provenance notamment du Yémen. Et il permet enfin et surtout d’accompagner les autorités somaliennes dans la réforme du secteur de la sécurité et dans l’amélioration de leurs capacités en matière de gestion des armes et des munitions. Nous avons constaté des progrès, mais nous voyons aussi que des difficultés persistent avec des cas documentés de détournements d’armes des forces armées somaliennes qui ont été retrouvées sur le marché noir ou dans les mains d’Al-Shabaab.

2/ Mon deuxième message est que nous devons aussi renforcer la lutte contre le financement d’Al-Shabaab. Dans ce contexte, nous constatons qu’aucune exportation illicite de charbon n’a été constatée depuis l’été 2018, ce qui est une bonne nouvelle et qui montre que le travail effectué par le panel d’experts avec certains pays du Golfe a porté ses fruits. Mais nous devons cependant rester vigilants pour que ces trafics ne reprennent pas.

Et nous savons que le charbon de bois somalien n’est pas la seule source de financement d’Al-Shabaab. Le groupe terroriste tire aussi des revenus très importants des trafics d’armes, de sucre ou encore de tabac ou de nouvelles formes de taxation, notamment sur les importations qui arrivent au port de Mogadiscio. Il est donc absolument nécessaire que les autorités somaliennes, avec le soutien de la communauté internationale et de ce Conseil, renforcent leur vigilance et leurs actions pour lutter contre le financement d’Al-Shabaab et nous souhaitons également que le panel d’experts, qui dispose d’une expertise particulière dans ce domaine, puisse apporter son soutien aux efforts des autorités somaliennes dans la lutte contre le financement d’Al-Shabaab.

3/ Et mon dernier message porte sur la coopération des autorités fédérales somaliennes avec le panel d’experts. Et là je vais être très clair sur ce point. Cela fait maintenant près de 10 mois que le Conseil de sécurité appelle les autorités somaliennes à coopérer pleinement avec le panel d’experts, ce panel qui est mandaté par ce Conseil. La Présidence du Comité de sanctions a déployé tous les efforts possibles pour tenter de trouver une solution. Néanmoins, les autorités somaliennes ont continué de refuser de coopérer avec le panel d’experts, ce qui constitue une remise en cause directe de l’autorité de ce Conseil.

Dans ce contexte, il est pour nous inacceptable que le Conseil de sécurité reçoive de nouvelles injonctions de la part des autorités fédérales somaliennes, par lettre, qui fixent de nouvelles conditions à la coopération avec le panel d’experts actuel mais aussi avec le futur panel d’experts. Sans changement d’attitude de la part des autorités somaliennes, nous pourrions être amenés à reconsidérer notre position sur l’appui considérable que la communauté internationale apporte à la sécurité de la Somalie, et ce depuis des années. La France appelle donc clairement les autorités somaliennes à coopérer avec le nouveau panel d’experts dès qu’il sera nommé, notamment en l’autorisant à se rendre dans le pays.

Enfin Monsieur le Président,

Je souhaiterais rappeler que nous considérons toujours que l’Erythrée doit s’engager à œuvrer de bonne foi, avec Djibouti, au règlement du différend frontalier entre les deux pays et au règlement de la question des prisonniers de guerre djiboutiens. Ce Conseil doit continuer de suivre ces deux problématiques non résolues et pour lesquelles des avancées concrètes et rapides permettraient de renforcer la dynamique de paix dans la région.

Je vous remercie.

Dernière modification : 25/10/2019

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