Renforcer la performance des opérations de maintien de la paix [en]

OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX

INTERVENTION DE MME SHERAZ GASRI, COORDINATRICE POLITIQUE DE LA MISSION PERMANENTE DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, 14 septembre 2020

Je vous remercie Monsieur le Président,

Je tiens à remercier à mon tour le Secrétaire général adjoint, M. Jean-Pierre Lacroix, pour son exposé très éclairant.

Je souhaiterais, pour le compte de la France, insister sur deux points en particulier :

Premier point, nous avons encore des marges de progrès pour renforcer la performance des opérations de maintien de la paix.

Cela suppose des personnels suffisamment formés et équipés, un financement adéquat et des outils d’évaluation. Des progrès ont été accomplis avec les visites pré-déploiement qui permettent de s’assurer du niveau opérationnel des contingents mais aussi avec les formateurs qui peuvent être dépêchés sur le terrain si nécessaire. La finalisation du Cadre de performance et de responsabilité doit permettre de consolider ces avancées. La France, demeurera particulièrement mobilisée en soutien à la formation des pays contributeurs de troupes francophones avec une attention toute particulière en matière de formation au droit international humanitaire.

Pour être performantes, les opérations de maintien de la paix doivent être aussi capables de s’adapter aux évolutions sur le terrain. Cela passe par le développement des bataillons à déploiement rapide, comme cela a été fait en RDC, pour réagir au plus vite à une montée des tensions. Cela passe aussi par l’amélioration des équipements, le comblement des déficits capacitaires, l’amélioration des procédures de CASEVAC ou par une répartition évolutive des emprises, comme cela a été réalisé en RCA ou au Mali dans le cadre du plan d’adaptation de la MINUSMA. Le partage du renseignement et les technologies innovantes de protection doivent aussi être développés. Enfin, la performance repose également sur la posture et l’état d’esprit des contingents ainsi que de leur leadership.

La pandémie de COVID-19 a démontré que les opérations de maintien de la paix pouvaient avoir suffisamment d’agilité pour s’adapter à des changements de circonstances et mener des actions nouvelles : soutien aux Etats hôtes, actions de sensibilisation ou de partage d’expertise. Ces efforts doivent être portés au crédit des opérations de maintien de la paix et doivent être poursuivis.

La performance ne représente toutefois qu’un pan de l’Initiative pour le maintien de la paix que la France soutient. Cette Initiative doit être mise en œuvre dans toutes ses composantes. Et c’est là mon deuxième point.

Les effets de l’Initiative sont réels. Les opérations intègrent davantage la priorité donnée aux solutions politiques, les mandats sont plus clairs et mieux hiérarchisés, et les besoins de formation et d’équipements des casques bleus sont mieux définis.

Mais nous devons aller encore plus loin.

Comme d’autres l’ont dit avant moi, alors que nous célébrons cette année le 20ème anniversaire de l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité », il est nécessaire de renforcer la participation des femmes afin d’obtenir un plus grand impact sur le terrain. En ce sens, nous saluons l’adoption de la résolution 2538 sur les femmes dans les opérations de maintien de la paix. Cette résolution doit permettre des avancées concrètes.

Le Conseil de sécurité doit aussi savoir planifier une transition efficace entre les opérations de maintien de la paix et les structures appelées à leur succéder, en particulier celles de consolidation de la paix. Le mandat sur les droits de l’Homme que nous confions aux opérations de maintien de la paix doit être une partie intégrante de notre stratégie à cet égard. La logique de partenariats avec les organisations régionales, tout particulièrement avec l’Union africaine, doit également être au cœur de nos considérations.

La sécurité des casques bleus qui opèrent dans des environnements de plus en plus volatiles doit aussi être améliorée plus encore. Nous rendons hommages, comme d’autres l’ont fait avant nous, à ceux qui sont tombés pour la paix, encore récemment au sein de la MINUSMA, de la MINUSCA ou de la MONUSCO. Comme cela a été souligné en particulier par le représentant de l’Indonésie, les crimes commis contre les casques bleus ne doivent pas rester impunis.

Monsieur le Président pour finir,

Ce sont aujourd’hui plus de 150 Etats qui ont signé la Déclaration d’engagements communs sur les opérations de maintien de la paix. Parmi eux, la France est et restera engagée avec détermination et constance pour soutenir ces opérations qui font partie de l’ADN des Nations Unies.

Je vous remercie.

Dernière modification : 14/09/2020

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