MINURSO : la France est attachée au retour à un mandat de douze mois [en]

Renouvellement de la MINURSO
Explication de vote de Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 30 avril 2019

Monsieur le Président,

La France se félicite de l’adoption de la résolution 2468 qui renouvelle le mandat de la MINURSO et apporte son soutien à l’Envoyé personnel du Secrétaire général. Ma délégation remercie la plume américaine pour ses consultations approfondies et pour son engagement à haut niveau.

1/ Tout d’abord, je souhaite réitérer le plein appui de la France aux efforts de l’Envoyé personnel. Cette nouvelle résolution permet de réaffirmer le soutien du Conseil de sécurité au processus politique qu’il a lancé à Genève et qui a permis de réunir le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie pour la première fois depuis six ans au mois de décembre dernier. Le président Horst Köhler a de tout notre soutien pour aller de l’avant et organiser une troisième rencontre à Genève dans ce format quand il jugera les conditions réunies.

Il est important que les quatre délégations poursuivent leurs discussions dans un état d’esprit constructif et de compromis en vue de parvenir à une solution politique réaliste, pragmatique, juste, durable et mutuellement acceptable, conformément aux résolutions de ce Conseil. Les deux précédentes table-rondes ont permis au Maroc, au Front Polisario, à l’Algérie et à la Mauritanie de s’accorder sur la responsabilité particulière de la région et sur la nécessité de développer la confiance. Il faut désormais construire sur ces acquis. J’en profite pour réaffirmer que la France considère le plan d’autonomie marocain de 2007 comme une base sérieuse et crédible de discussions.

2/ En deuxième lieu, je voudrais rappeler le soutien entier de la France au travail de la MINURSO et à son Représentant spécial. Les dernières consultations avec le Représentant spécial Colin Stewart le 10 avril dernier ont permis de rappeler le rôle essentiel joué par cette opération de maintien de la paix pour assurer le respect du cessez-le-feu et ainsi contribuer à la stabilité régionale. Le retour à la normale à Gueguerate, sur lequel le Secrétaire général revient dans son dernier rapport, en est la preuve et continuera de faire l’objet d’une attention vigilante. Je tiens à saluer à cet égard le travail remarquable des équipes de la MINURSO, qui par leur présence, contribuent à assurer le calme, à réduire le risque d’escalade en prévenant efficacement les tensions sur le terrain et ainsi à créer les conditions nécessaires à la poursuite du dialogue entre le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie.

3/ Enfin, c’est à l’aune de ce rôle essentiel de la MINURSO que je veux rappeler l’attachement de la France au retour à un mandat de douze mois, qui doit rester la norme et les mandats de six mois l’exception. Un mandat d’un an permet d’assurer une continuité, ainsi qu’une plus grande prévisibilité dans la gestion de cette mission, tout en réduisant les incertitudes pesant sur son futur. L’existence et le mandat de cette opération de maintien de la paix ne doivent pas être conditionnés aux progrès des discussions politiques, à la bonne tenue desquelles la MINURSO contribue en créant les conditions propices sur le terrain. Nous regrettons à cet égard que le Conseil n’ait pas pu s’engager sur le fait qu’il envisagera le retour à un mandat d’un an en temps et en heure et formulons le souhait qu’il puisse être renouvelé pour un an en octobre. Je vous remercie.

Dernière modification : 30/04/2019

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