République Centrafricaine [en]

« Nous avons la chance de soutenir une dynamique qui peut être vertueuse et ramener une stabilité durable dans le pays. » Représentant permanent de la France auprès des Nations unies, l’Ambassadeur François Delattre, le 16 mars 2017

Contexte

La République centrafricaine a connu à partir de décembre 2012 une crise politique et sécuritaire majeure. La prise du pouvoir à Bangui par la coalition de groupes rebelles Séléka en mars 2013 et les conflits les ayant opposés au mouvement anti-Balaka ont entraîné une grave dégradation de la situation politique, sécuritaire et humanitaire du pays, ainsi que de nombreuses violations des droits de l’Homme. Cette situation a également engendré de nombreux déplacements de populations (réfugiés et déplacés internes) et menacé de déstabiliser l’ensemble de la sous-région.

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Saisie d’armes de combattants ex-Séléka en soutien au rétablissement de l’autorité de l’Etat Centrafricain.
UN Photos

Dès le début de la crise, la communauté internationale, notamment les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne et la France, ont œuvré pour permettre un règlement pacifique au conflit et aider à la stabilisation du pays. C’est dans ce contexte que l’Union africaine a déployé, en décembre 2013, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) relayée, en septembre 2014, par l’opération de maintien de la paix des Nations unies, la MINUSCA, avec le soutien de l’opération française Sangaris. Ces opérations ont permis un retour à la stabilité dans le pays.

En parallèle, une période de transition s’est ouverte en janvier 2014 après la démission de Michel Djotodia, leader de la coalition Séléka. Cette transition s’est achevée avec l’élection, en février 2016, de Faustin-Archange Touadéra en tant que Président de la République. Dès sa prise de fonctions, le Président Touadéra, avec l’appui de la MINUSCA, a poursuivi le processus politique engagé avec comme priorités le désarmement des ex-combattants, le rétablissement de la sécurité, le redéploiement de l’Etat et la réconciliation nationale.

Une recrudescence des violences a néanmoins été constatée depuis plusieurs mois sur de plusieurs parties du territoire centrafricain du fait de l’action de groupes armés entrainant une aggravation de la situation humanitaire. Cette situation appelle à la plus grande vigilance de la part de la communauté internationale. Celle-ci doit accentuer son soutien à l’action menée par le Président Touadéra afin de faire perdurer le processus politique en cours. C’est dans ce sens qu’une feuille de route conjointe pour la paix et la réconciliation a été signée le 17 juillet 2017 à Libreville (Gabon) entre les autorités centrafricaines et l’Union africaine ainsi que par le Gabon, l’Angola, le Congo-Brazzaville, le Tchad, la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) et la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL).

L’engagement international en Centrafrique : de la MISCA à la MINUSCA

En décembre 2013, le Conseil de sécurité a adopté une résolution autorisant le déploiement de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) de l’Union africaine (résolution 2127 (2013)) et de l’opération française Sangaris, en vue d’enrayer l’escalade de la violence.

Cette force a été remplacée en septembre 2014 par la Mission multidimensionelle intégrée des Nations unies, la MINUSCA, après l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2149 (2014), à l’initiative de la France.

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Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, visitant les troupes de la MINUSCA en République Centrafricaine.
Crédits : UN Photos

La MINUSCA avait pour mandat initial la protection des populations et l’appui au processus politique, notamment l’appui aux efforts de réconciliation, au processus de démobilisation des groupes armés, à la réforme des forces de sécurité ou encore à la lutte contre l’impunité. Avec le processus politique poursuivi par le Président Touadéra depuis son élection, le mandat robuste de la MINUSCA a été recentré sur l’objectif stratégique de réduction de la présence des groupes armés et de la menace qu’ils représentent en RCA. Près de 12 800 personnels en uniforme sont actuellement déployés dans le cadre de la MINUSCA.

L’Union européenne a également apporté son soutien à la stabilisation de la RCA et à la restructuration des forces armées centrafricaines, d’abord avec le déploiement de la mission militaire européenne EUFOR RCA en avril 2014 qui avait pour mission d’appuyer la sécurisation de la capitale Bangui (cette mission s’est achevée en mars 2015), puis, depuis juillet 2016, avec le lancement de la mission de conseil et de formation opérationnelle EUTM RCA.

Avec la récente recrudescence des attaques dans le pays, la France appelle au renforcement des capacités de la MINUSCA afin qu’elle puisse avoir tous les moyens nécessaires pour réagir et soutenir le processus politique.

La France, engagée pour la stabilisation et le renforcement des autorités de la RCA

La France s’est investie dés le début de la crise, tant à titre national qu’au sein du Conseil de sécurité, pour apporter son appui pour un retour à la stabilité et un Etat de droit en République centrafricaine.

Au Conseil de sécurité où elle tient la plume (« penholder »), la France est à l’initiative sur les différentes résolutions ayant trait à la situation en RCA. Ainsi, le mandat de la MINUSCA est régulièrement renouvelé par le Conseil de sécurité (résolution 2301 (2016)) tout comme le régime de sanctions concernant la RCA (résolution 2339 (2017)) afin de les adapter à la nouvelle situation du pays.

A titre national, la France a, dans un premier temps, déployé l’Opération Sangaris (début en décembre 2013), en appui des actions menées par la MISCA puis par la MINUSCA, opération qui a pris fin en 2016. La France s’est par la suite engagée au sein de la mission européenne EUTM RCA et de la MINUSCA en y intégrant de nombreux personnels français. Elle contribue également à appuyer la MINUSCA sur le plan matériel.

Enfin, la France apporte également un soutien financier à la RCA comme lors de la Conférence des bailleurs qui s’est tenue à Bruxelles en novembre 2016 au cours de laquelle elle a annoncé une aide de 85 millions d’euros pour la période 2017-2019.

Dernière modification : 28/09/2017

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