République Centrafricaine [en]

« La France salue la signature de l’accord pour la paix entre le gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés qui a eu lieu à Bangui le 6 février dernier, après deux semaines de négociations à Khartoum conduites dans le cadre de l’Initiative africaine de paix, sous les auspices de l’Union africaine et avec le soutien des Nations unies. Cet accord constitue une étape importante pour aboutir à une paix durable en RCA et à la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire centrafricain. Pour le dire autrement, cet accord peut et doit marquer un nouveau départ pour la RCA » François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, 21 février 2019

Situation politique et sécuritaire : de la crise à la signature d’un accord de paix

La République centrafricaine a connu à partir de décembre 2012 une crise politique et sécuritaire majeure. La prise du pouvoir à Bangui par la coalition de groupes rebelles « Séléka » en mars 2013 et les conflits les ayant opposés au mouvement « anti-Balaka » ont entraîné une grave dégradation de la situation politique, sécuritaire et humanitaire du pays, ainsi que de nombreuses violations des droits de l’Homme. Cette situation a également engendré de nombreux déplacements de populations (réfugiés et déplacés internes) et menacé de déstabiliser l’ensemble de la sous-région.

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Saisie d’armes d’anciens combattants de la Séléka pour soutenir la restauration de l’autorité en République centrafricaine
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Dès le début de la crise, la communauté internationale, notamment les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne et la France, ont œuvré pour permettre un règlement pacifique au conflit et aider à la stabilisation du pays. C’est dans ce contexte que l’Union africaine a déployé, en décembre 2013, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) relayée, en septembre 2014, par l’opération de maintien de la paix des Nations unies, la MINUSCA, avec le soutien de l’opération française Sangaris. Ces opérations ont permis un retour à la stabilité dans le pays.

En parallèle, une période de transition s’est ouverte en janvier 2014 après la démission de Michel Djotodia, leader de la coalition Séléka. Cette transition s’est achevée avec l’élection, en février 2016, de Faustin-Archange Touadéra en tant que Président de la République. Dès sa prise de fonctions, le Président Touadéra, avec l’appui de la MINUSCA, a poursuivi le processus politique engagé avec comme priorités le désarmement des ex-combattants, le rétablissement de la sécurité, le redéploiement de l’Etat et la réconciliation nationale.

Malgré cela les groupes armés ont continué à contrôler une large part du territoire centrafricain et ont poursuivi leurs violences entrainant une aggravation de la situation humanitaire. Face à cette situation, une feuille de route conjointe pour la paix et la réconciliation a été signée le 17 juillet 2017 à Libreville (Gabon) entre les autorités centrafricaines et l’Union africaine ainsi que par le Gabon, l’Angola, le Congo-Brazzaville, le Tchad, la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) et la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) et l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en RCA, conduite par l’Union africaine, a été lancée afin de parvenir à un accord politique global entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés.

Après plus d’un an et demi de discussions, les négociations d’un accord de paix ont été lancées à Khartoum (Soudan) en janvier 2019, dans le cadre de l’Initiative africaine de paix, sous les auspices de l’Union africaine et avec le soutien des Nations unies. Ces négociations ont abouti à la signature, le 6 février 2019, à la signature d’un accord de paix entre le gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés signataires de la feuille de route de Libreville (17 juillet 2017). Cet accord, le huitième signé depuis 2012, prévoit, comme le demandaient les groupes armés, la mise en place d’un gouvernement inclusif, des mesures de décentralisation et une réforme de la fonction publique. Les groupes armés s’engagent à une cessation immédiate des violences, à se dissoudre, à faciliter le redéploiement de l’Etat sur l’ensemble du territoire et à participer au processus de démobilisation, désarmement, réintégration et rapatriement (DDRR). Des mesures pour la réinsertion économique et sociale des anciens combattants seront adoptées. L’accord rejette l’idée d’impunité et met en place un mécanisme de justice transitionnelle avec la création d’une Commission vérité, justice, réparation et réconciliation

L’engagement international en Centrafrique : de la MISCA à la MINUSCA

En décembre 2013, le Conseil de sécurité a adopté une résolution autorisant le déploiement de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) de l’Union africaine (résolution 2127 (2013)) et de l’opération française Sangaris, en vue d’enrayer l’escalade de la violence.

Cette force a été remplacée en septembre 2014 par la Mission multidimensionelle intégrée des Nations unies, la MINUSCA, après l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2149 (2014), à l’initiative de la France.

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Le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix Jean-Pierre Lacroix rendant visite aux troupes UNSCA en République centrafricaine
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La MINUSCA avait pour mandat initial la protection des populations et l’appui au processus politique, notamment l’appui aux efforts de réconciliation, au processus de démobilisation des groupes armés, à la réforme des forces de sécurité ou encore à la lutte contre l’impunité. Avec le processus politique poursuivi par le Président Touadéra depuis son élection, le mandat robuste de la MINUSCA a été recentré sur l’objectif stratégique de réduction de la présence des groupes armés et de la menace qu’ils représentent en RCA. Suite à la hausse du plafond de troupes de 900 personnels militaires autorisée par la résolution 2387 du Conseil de sécurité, ce sont actuellement près de 13 600 personnels en uniforme (11 160 militaires et 2 039 policiers) qui déployés dans le cadre de la MINUSCA.

Le 13 décembre 2018, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2448 renouvelant pour un an le mandat de la MINUSCA en dépit des abstentions russe et chinoise. Cette résolution maintient le nombre de casques-bleus, permet à la MINUSCA de continuer à agir de façon active et robuste pour protéger les populations civiles contre la menace des groupes armés, renforce le rôle de soutien de la MINUSCA au processus politique, et autorise la Mission à apporter un soutien supplémentaire, notamment logistique, aux forces armées centrafricaines, pour leur permettre de se redéployer progressivement sur le territoire centrafricain afin d’assurer la sécurité des populations locales.

L’Union européenne a également apporté son soutien à la stabilisation de la RCA et à la restructuration des forces armées centrafricaines, d’abord avec le déploiement de la mission militaire européenne EUFOR-RCA en avril 2014 qui avait pour mission d’appuyer la sécurisation de la capitale Bangui (cette mission s’est achevée en mars 2015), puis, depuis juillet 2016, avec le lancement de la mission de conseil et de formation opérationnelle EUTM-RCA. A la demande de la France, le Conseil des Affaires étrangères du 15 octobre 2018 a acté l’établissement temporaire d’une composante civile à la mission EUTM-RCA (dite « EUTM + ») d’une quinzaine de personnels.

La France continue de soutenir le renforcement des capacités de la MINUSCA afin qu’elle puisse avoir tous les moyens nécessaires pour contribuer à la stabilisation de la RCA et soutenir le processus politique.

La France, engagée pour la stabilisation et le renforcement des autorités de la RCA

La France s’est investie dès le début de la crise, tant à titre national qu’au sein du Conseil de sécurité, pour apporter son appui pour un retour à la stabilité et un Etat de droit en République centrafricaine.

Au Conseil de sécurité où elle tient la plume (« penholder »), la France est à l’initiative sur les différentes résolutions ayant trait à la situation en RCA. Ainsi, le mandat de la MINUSCA est régulièrement renouvelé par le Conseil de sécurité (résolution 2448 (2018)) tout comme le régime de sanctions concernant la RCA (résolution 2339 (2017)) afin de les adapter à la nouvelle situation du pays.

A titre national, la France a, dans un premier temps, déployé l’Opération Sangaris (début en décembre 2013) répondant à la demande des autorités centrafricaines afin de protéger les populations civiles face au cycle de très graves violences, en appui des actions menées par la MISCA puis par la MINUSCA. Cette opération s’est effectuée dans le cadre du mandat conféré par la résolution 2127 (2013) du Conseil de sécurité et a pris fin le 31 octobre 2016. La France s’est par la suite engagée au sein de la mission européenne EUTM-RCA et de la MINUSCA en y intégrant de nombreux personnels français. Elle contribue également à appuyer la MINUSCA sur le plan matériel.

Enfin, la France apporte également un soutien financier à la RCA comme lors de la Conférence des bailleurs qui s’est tenue à Bruxelles en novembre 2016 au cours de laquelle elle a annoncé une aide de 85 millions d’euros pour la période 2017-2019.

Dernière modification : 23/08/2019

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