République Démocratique du Congo [en]

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Des Casques bleus de la MONUSCO sur le terrain
© UN Photos

Contexte

La proclamation par la Cour constitutionnelle le 20 janvier 2019 de la victoire de Félix Tshiskedi à l’élection présidentielle, et la première transition pacifique dans l’histoire de la RDC qui s’en est suivie, ont mis fin à plus de deux ans de tensions politiques. Le report des élections depuis 2016 sous l’ancienne présidence de Joseph Kabila avaient en effet entraîné de nombreuses manifestations et suscité la préoccupation de la communauté internationale.

Les premières mesures encourageantes prises par le nouveau Président Tshisékedi vont dans le sens de l’expression par les Congolais, avec force et dans le calme, de leur volonté d’alternance et de changement. La France encourage le nouveau chef de l’Etat à répondre à ces attentes dans un esprit de dialogue et de consensus.

En dépit d’avancées positives, la RDC connaît toujours une situation sécuritaire inquiétante pour les civils et une instabilité due à la présence de nombreux groupes armés, notamment dans l’Est du pays, où sévit en particulier le groupe ADF, et dans les provinces du Kasaï. Cela est la conséquence de nombreuses guerres qui ont eu lieu dans la région des Grands Lacs et sur son sol depuis plus de vingt ans.

Par ailleurs, la RDC est touchée par une nouvelle épidémie du virus Ebola, qui s’est déclarée le 1er août 2018 dans l’est du pays. Au 14 mai 2020, 3 461 cas ont été recensés, dont 2 279 décès. Il s’agit de la plus grave épidémie qu’ait connue la RDC depuis la première apparition du virus en 1976.
Après une nette régression du virus Ebola observée début 2020, de nouveaux cas ont été confirmés au mois d’avril 2020.
La RDC doit aujourd’hui faire également face à la pandémie de COVID-19, avec plus de 1730 cas confirmés au 20 mai 2020.

La MONUSCO : Une opération onusienne en évolution

La Mission de l’ONU pour la stabilisation de la République démocratie du Congo (MONUSCO), une des plus importantes opérations onusiennes en termes de personnels (15 267 personnels en uniforme sur le terrain), a été déployée en 2010, en remplacement de la MONUC. La résolution 2502 (2019) a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité en décembre 2019 et renouvelle le mandat de la MONUSCO pour 1 an.

Avec l’alternance pacifique qu’a connue le pays, la MONUSCO doit s’adapter aux défis des années à venir afin que les autorités congolaises soient pleinement en mesure d’apporter la sécurité et les conditions propices au développement pour leur population sur l’ensemble du territoire et que la Mission puisse, à terme, se retirer.

Le Conseil de sécurité a ainsi demandé une revue stratégique de l’action de la MONUSCO au Secrétaire général de l’ONU dans le but d’évaluer la situation et les besoins afin de reconfigurer la MONUSCO et d’entamer une transition vers d’autres formes d’appui à terme.

Avec la résolution 2502, le Conseil de sécurité demande notamment à la RDC et à l’ONU de développer ensemble une stratégie de transition, qui permette de déterminer les priorités à mettre en œuvre afin de réunir les conditions préalables au retrait à terme de la MONUSCO, dans ce que la revue stratégique indépendante a appelé « un compact de transition pour une paix durable ». Cette initiative permettra de concentrer les efforts sur l’Est du pays, toujours en proie à de violents affrontements, tout en poursuivant les efforts de consolidation de l’Etat et de ses institutions.

Parallèlement à la MONUSCO, le Conseil de sécurité a mis en place en 2004 un régime de sanctions (résolution 1533), renouvelé tous les ans. Il se compose à la fois d’un embargo sur les armes, ainsi que de sanctions individuelles à l’encontre de personnes ou entités, répondant à certains critères, comme les violations de l’embargo sur les armes, le recrutement d’enfants ou encore les violations graves des droits de l’Homme.

Le rôle de la France

La France joue un rôle moteur sur le dossier de la République démocratique du Congo au Conseil de sécurité, animée par la conviction que la stabilité et le développement de ce pays sont déterminants pour l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Elle a soutenu les deux opérations européennes menées en RDC en appui à la MONUC à des moments critiques du processus de transition mené de 2003 à 2006 : l’opération ARTEMIS, première opération militaire de l’UE en Afrique, dont la France a été la nation-cadre et l’opération EUFOR-RDC.

La France soutient l’engagement de l’ONU et met en avant deux grandes priorités :
- Appuyer la stabilisation et le renforcement des institutions
- Protéger les populations civiles, en renforçant les capacités de la MONUSCO, en adaptant sa posture et son mandat à la situation sécuritaire et humanitaire du pays, particulièrement dans les Kasaïs et dans l’Est, et en améliorant ses performances.

En outre, la France, notamment dans l’action qu’elle mène au CSNU, demeure aux côtés de la RDC dans sa lutte contre la 10ème épidémie Ebola qui s’est déclarée le 1er août 2018 et affecte le Nord-Kivu et l’Ituri, ainsi que contre les groupes armés.

Une feuille de route franco-congolaise de lutte contre l’épidémie Ebola, qui prévoit une contribution française de 71 millions d’euros, a notamment été élaborée. Elle contient trois axes d’action : une réponse humanitaire d’urgence pour apporter un soutien aux acteurs de terrain engagés contre l’épidémie et renforcer l’information et la prévention ; un renforcement du partenariat scientifique ; des actions de développement pour renforcer le système de santé congolais à moyen et long terme et soutenir des projets dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, indispensables pour limiter le risque de propagation des épidémies.

Dernière modification : 21/05/2020

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