République Démocratique du Congo

« La MONUSCO doit se concentrer sur ses deux priorités : la protection des civils et le soutien à la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre. » François Delattre, le 11 juillet 2017

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Des Casques bleus de la MONUSCO sur le terrain

Contexte

Les dernières élections présidentielles du 28 novembre 2011 ont de nouveau placé Joseph Kabila à la présidence de la République démocratique du Congo. Selon les termes de la Constitution, Joseph Kabila ne pouvait se représenter à la présidence à l’expiration de son mandat en décembre 2016. En mai 2016, la cour constitutionnelle a toutefois autorisé Joseph Kabila à rester en place tant que les élections présidentielles n’étaient pas organisées.

Le non-respect de la date fixant l’élection présidentielle a provoqué de nombreuses manifestations les 19 et 20 septembre 2016.

En décembre 2016, la conférence épiscopale congolaise organise une médiation qui se conclut par un accord politique entre le gouvernement et l’opposition, l’Accord du 31 décembre. Si cet accord prévoit notamment la tenue d’élections au plus tard en décembre 2017, l’accumulation des retards dans sa mise en œuvre génère des tensions au sein du pays.

La RDC connaît par ailleurs une situation sécuritaire inquiétante pour les civils et une instabilité due à la présence de nombreux groupes armés, notamment dans l’Est du pays et les provinces du Kasaï. Cela est la conséquence de nombreuses guerres qui ont eu lieu dans la région des Grands Lacs et sur son sol depuis plus de vingt ans.

La MONUSCO : Une opération onusienne en évolution

La Mission de l’ONU pour la stabilisation de la République démocratique du Congo (MONUSCO), plus importante opération onusienne en termes de personnels (18 571 personnels en uniforme sur le terrain), a été déployée en 2001, en remplacement de la MONUC. La résolution 2348 a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité en mars 2017 pour renouveler et adapter son mandat aux nouveaux enjeux politiques et sécuritaires auxquels la RDC fait face.

La priorité du mandat de la MONUSCO est double : la protection des civils d’une part et la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre et du processus électoral d’autre part. Elle compte en son sein une Brigade d’intervention rapide qui lutte contre les groupes armés, en coopération avec les forces armées de la RDC.

Parallèlement à la MONUSCO, le Conseil de sécurité a mis en place en 2004 un régime de sanctions (résolution 1533), renouvelé tous les ans. Il se compose à la fois d’un embargo sur les armes, ainsi que de sanctions individuelles à l’encontre de personnes ou entités, répondant à certains critères, comme les violations de l’embargo sur les armes, le recrutement d’enfants ou encore les violations graves des droits de l’Homme.

En mars 2017, deux experts onusiens ont été assassinés par des groupes rebelles et démontrent une fois de plus la violence qui se répand en RDC. Le mois suivant ce double meurtre, le groupe d’enquête de l’ONU constate que des recherches et investigations plus poussées s’imposent. La France appelle alors le Secrétaire général à mettre en place un mécanisme spécial d’enquête pour permettre aux autorités judiciaires compétentes de mener des poursuites effectives afin que justice soit rendue.

Le rôle de la France

La France joue un rôle moteur sur le dossier de la République démocratique du Congo au Conseil de sécurité, animée par la conviction que la stabilité et le développement de ce pays sont déterminants pour l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Elle a soutenu les deux opérations européennes menées en RDC en appui à la MONUC à des moments critiques du processus de transition mené de 2003 à 2006 : l’opération ARTEMIS, première opération militaire de l’UE en Afrique, dont la France a été la nation-cadre et l’opération EUFOR-RDC.

La France soutient l’engagement de l’ONU et met en avant deux grandes priorités :
- Soutenir le processus politique, pour aboutir à une transition démocratique. Le retard des élections est inquiétant et cela ne contribue pas à maintenir la stabilité dans le pays.
- Protéger les populations civiles, en renforçant les capacités de la MONUSCO, en adaptant sa posture et son mandat à la situation sécuritaire et humanitaire du pays, particulièrement dans les Kasaïs, et en améliorant ses performances.

Dernière modification : 30/08/2017

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