Réunion sur les ressources naturelles en RDC et la région des Grands Lacs [en]

LES RESSOURCES NATURELLES DANS LA REGION DES GRANDS LACS

INTERVENTION DE M. ANTOINE MICHON
COORDINATEUR POLITIQUE A LA MISSION PERMANENTE DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

REUNION DU CONSEIL DE SECURITE EN FORMAT ARRIA

New York, le 15 juillet 2020

Merci Monsieur l’Ambassadeur,

Je tiens tout d’abord à remercier les organisateurs de cette réunion en format Arria, sur un sujet qui est essentiel pour l’avenir de la RDC et plus largement pour la région des Grands lacs.

Comme plusieurs intervenants l’ont très bien illustré, les industries extractives, surtout quand elles intègrent l’artisanat minier, offrent un fort potentiel d’emploi, qui est un élément crucial pour la stabilité de l’Est de la RDC, où les populations souffrent aujourd’hui d’un manque d’opportunités économiques. Une RDC prospère dans l’Est bénéficierait à l’ensemble des pays voisins, par sa stabilité mais aussi par les opportunités économiques d’export qu’elle offrirait. Toute la région a un intérêt immédiat en ce que ce secteur soit transparent et légal, avec des règles formalisées et qui puisse bénéficier ainsi à tous. Un développement concerté du secteur minier en particulier sera bénéfique, en favorisant la création d’emploi au travers d’investissements responsables, en offrant des débouchés aux ex-combattants qui feraient le choix de renoncer à l’action violente pour assurer leur survie, et aussi en renforçant l’attractivité économique de cette région, qui permettrait d’assurer son développement. Mais la mise en œuvre d’une politique d’intégration économique régionale renforcée est indissociable du retour à la sécurité, tout particulièrement dans les zones frontalières d’interaction, où persistent des tensions importantes. Et à cet égard, l’envoyé spécial de l’ONU, que je tiens à saluer, a un rôle important à jouer, pour avancer de front sur les deux dimensions qui sont indissociables : Paix et sécurité et développement économique et commercial.

S’agissant de la transparence, qui est essentielle, des outils existent et méritent d’être développés. Je pense en particulier à l’initiative pour la transparence dans les industries extractives, que la France avait mis à l’agenda de sa présidence du G7 l’année dernière, qui permet de créer les conditions d’une bonne gouvernance du secteur extractif, et de renforcer les capacités des États producteurs, mais aussi de lutter contre la corruption et les détournements, ce qui favorise à la fois la légitimité des États et une plus grande confiance des citoyens.

Nous devons aussi faire plus en matière de diligence responsable de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, comme le recommandent les lignes directrices de l’OCDE, et les intervenants ont appuyé ce point important. Mais aussi, en tant que Conseil, nous ne devons pas, enfin, hésiter à utiliser l’outil des sanctions contre les acteurs de ce commerce illicite, qui déstabilise depuis tant d’années la région.

Je forme le vœu que cette réunion puisse être le début d’une vraie réflexion, et en premier lieu entre acteurs de la région, pour sortir de ce cercle vicieux, pour que la région profite pleinement du potentiel qu’offrent ses ressources naturelles.

Je vous remercie.

Dernière modification : 15/07/2020

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