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« Notre défi est aujourd’hui, là aussi, d’éradiquer le terrorisme, et pour ce faire de renforcer les capacités nationales pour que les Etats eux-mêmes prennent en charge leur sécurité […]. C’est pourquoi j’ai soutenu, dès ma prise de fonction, le déploiement de la Force conjointe du G5 Sahel, et j’en appelle ici à votre mobilisation collective. » Emmanuel Macron, Président de la République française, devant l’Assemblée générale des Nations unies, le 19 septembre 2017

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Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, avec les chefs d’Etats des forces du G5 Sahel, le Président de la République française, Emmanuel Macron, et la Haute Représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité - 18 septembre 2017
© UN Photo/Eskinder Debebe

La force conjointe du G5 Sahel, une initiative soutenue par l’ONU

Les pays du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) sont confrontés à de multiples défis : développement, changement climatique, progression de la menace terroriste et du crime organisé. Face à ces enjeux communs, la réponse doit être multiforme et intégrée, afin de couvrir à la fois les questions politiques, sécuritaires, mais aussi les enjeux humanitaires et de développement.

Pour coordonner leurs actions, les chefs d’État de la région ont créé, en 2014, le G5 Sahel. En matière de sécurité, la force conjointe du G5 Sahel a été lancée en 2017. Elle est dotée de 5 000 soldats, répartis en sept bataillons. Elle est soutenue par l’ONU, l’Union africaine et l’Union européenne.

C’est à l’initiative de la France que le Conseil de sécurité des Nations unies a assuré un soutien fort et uni à la force conjointe du G5 Sahel en adoptant à l’unanimité la résolution 2359 en juin 2017. Cette résolution appelle l’ensemble de la communauté internationale à fournir une assistance logistique, opérationnelle et financière à l’initiative des Etats du G5 Sahel.

Six mois plus tard, le 8 décembre 2017, le Conseil de sécurité a adopté, à l’initiative de la France, la résolution 2391 à l’unanimité. Cette résolution prévoit un soutien opérationnel et logistique, à la force conjointe du G5 Sahel, via la MINUSMA, l’opération de maintien de la paix de l’ONU au Mali. L’adoption de la résolution 2391 marque ainsi un véritable tournant en renforçant le soutien des Nations unies envers la Force conjointe.

Le Secrétaire général rend compte tous les six mois, par des rapports, du soutien de l’ONU à la force conjointe du G5 Sahel. Ces rapports sont ensuite discutés au Conseil de sécurité. Le Conseil de sécurité effectue régulièrement des visites dans les pays du Sahel pour suivre la situation.

L’action de la force conjointe du G5 Sahel est complémentaire de l’opération de maintien de la paix au Mali, la MINUSMA, car elle couvre une zone d’action plus large (les cinq pays du G5 Sahel) et mène des opérations anti-terroristes, ce qui n’est pas le rôle de la MINUSMA. En luttant contre les groupes terroristes, la force conjointe contribue à sécuriser la région du Sahel, ce qui facilite la mise en œuvre du mandat de la MINUSMA au Mali.

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La France est le premier soutien de la force conjointe du G5 Sahel

À titre bilatéral comme européen et dans le cadre des Nations unies, la France est résolument engagée dans la lutte contre le terrorisme au Mali et au Sahel aux côtés de la force conjointe du G5 Sahel, à travers l’opération Barkhane. 5 100 soldats français sont déployés dans la région, à la demande des pays du G5 Sahel et mènent des actions contre-terroristes, conjointement avec les armées de ces pays. L’objectif est de permettre aux Etats de la région d’assurer, à terme, leur sécurité de façon autonome.

A l’issue du Sommet de Pau du 13 janvier 2020, tenu en présence du Secrétaire général des Nations Unies, la France et les pays du G5 Sahel ont décidé de renforcer leurs efforts et leur coordination en matière de lutte contre le terrorisme. Un mécanisme de commandement conjoint entre la force conjointe du G5 Sahel et Barkhane a été mis en place avec un poste de commandement à Niamey, au Niger.

Soutien international et européen au G5 Sahel

Le 23 février 2018, une conférence de soutien en faveur de la force conjointe du G5 Sahel a été organisée à Bruxelles par l’Union européenne, l’Union africaine, l’ONU et le G5 Sahel. A la suite de cet événement, des contributions financières d’un montant total de 414 millions d’euros ont été annoncées. Ces sommes servent à équiper et former les armées du G5.

Puis, en matière de développement, le 6 décembre 2018, une conférence internationale des bailleurs s’est tenue à Nouakchott, afin de financer le programme d’investissements prioritaires du G5 Sahel. La France a annoncé à cette occasion son soutien à hauteur de 220 millions d’euros pour œuvrer au développement de la région, dont 90 millions d’euros au titre du programme de stabilisation d’urgence.

L’Union européenne (UE) est un des premiers partenaires du G5 Sahel. Son soutien cumulé à la force conjointe s’élève à 253,6 millions d’euros depuis 2017. Ce soutien comprend plusieurs composantes, telles qu’un appui en équipement, infrastructures et services, y compris à travers la MINUSMA, ainsi que pour la mise en œuvre du cadre de conformité en droits de l’Homme et droit international humanitaire de la force conjointe. L’UE contribue également au programme d’investissements prioritaires du G5 Sahel à hauteur de 124,8 millions d’euros. Un dialogue stratégique se tient tous les ans entre le Haut Représentant de l’UE pour la politique étrangère et de sécurité et les ministres des Affaires étrangères du G5. Depuis 2014, le soutien total de l’UE au G5 Sahel et ses pays membres s’élève à 4,5 milliards d’euros.

Plusieurs pays européens sont engagés militairement au Sahel, en particulier au sein de la mission de politique de sécurité et de défense, EUTM Mali, dont le mandat vient d’être renouvelé pour quatre ans, mais aussi, pour plusieurs d’entre eux, par des contributions en forces spéciales au sein de la Task Force Takuba, qui appuie les efforts de Barkhane en soutien aux armées du G5 Sahel.

La coalition pour le Sahel

A l’issue du Sommet de Pau du 13 janvier 2020, la France et les pays du G5 Sahel ont décidé de mettre en place une « coalition pour le Sahel ». Elle a vocation à rassembler de manière cohérente les différents volets de l’action internationale. Elle est organisée en quatre piliers complémentaires : (1) lutte contre les groupes armés terroristes, (2) renforcement des capacités des forces armées, (3) appui au retour de l’Etat à travers le soutien aux forces de sécurité intérieure et au renforcement de la chaine pénale, (4) coordination des acteurs du développement.

L’Alliance Sahel

Parce que sécurité et développement doivent aller de pair pour aider à la stabilisation du Sahel, l’Alliance Sahel a été lancée en 2017 par la France, l’Allemagne et l’Union européenne. Son but est d’améliorer l’efficacité de l’aide au développement dans la zone et d’être l’interlocuteur du G5 sur les questions de développement. Elle coordonne l’action des grands partenaires du développement dans la région afin d’accélérer la mise en œuvre d’actions qui correspondent directement aux besoins exprimés par les populations et qui sont en mesure de donner des résultats rapides et concrets sur le terrain.

La France contribue à hauteur d’1,6 milliard d’euros au portefeuille de projets de l’Alliance Sahel, qui a déjà mobilisé 12 milliards d’euros au total. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, s’est rendu le 25 février 2020 en Mauritanie à Nouakchott, à l’occasion de l’assemblée générale de l’Alliance et du sommet du G5 Sahel. Les Nations Unies sont membres de l’Alliance Sahel à travers le Programme des Nations Unies pour le développement.

Dernière modification : 09/06/2020

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