Soudan / Soudan du Sud : la France appelle à la reprise du dialogue entre les parties [en]

SOUDAN ET SOUDAN DU SUD
INTERVENTION DE MME NATHALIE BROADHURST, REPRESENTANTE PERMANENTE ADJOINTE DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES
AU CONSEIL DE SECURITE

New York, 22 octobre 2020

Madame la présidente,
Je tiens à remercier M. Lacroix et M. Onanga pour leurs exposés.
Je serai brève et je mettrai l’accent sur trois points.

Premièrement, la France regrette que le processus politique reste aujourd’hui au point mort et elle appelle à la reprise du dialogue entre les parties. Bien que les deux parties aient nommé leurs administrateurs pour la région d’Abiyé à l’été 2020, les mêmes sujets restent en suspens. L’absence d’instances de gouvernance locale empêche le règlement des différends, tandis que l’action de la FISNUA est elle-même entravée par l’absence de coopération entre les parties. Cette opération de maintien de la paix, je le rappelle, a été conçue comme une force intérimaire, elle n’a pas vocation à figer éternellement une situation sans perspective politique de règlement du conflit.

Pour autant, et c’est mon deuxième point, et comme cela a été souligné par de nombreux intervenants, la dynamique actuelle entre Khartoum et Djouba est encourageante et elle doit se matérialiser à Abiyé. La signature des accords de Djouba le 3 octobre 2020, dans le cadre d’un processus facilité par la médiation sud-soudanaise, en est l’illustration. La reprise des discussions en septembre 2020 entre les deux parties sur le statut final d’Abiyé est également positive. Nous espérons donc que ces signaux positifs entre capitales se matérialiseront bientôt concrètement sur le terrain. Nous appelons l’Union africaine en particulier à encourager les parties en ce sens par ses efforts de médiation politique. Nous saluons en outre les efforts de la FISNUA pour maintenir le fil du dialogue entre les communautés et maintenir les conditions d’un règlement durable du conflit. Cette mission agit dans un théâtre qui est particulièrement éprouvé et la crise de la COVID-19 a encore accentué les contraintes existantes.

Dans ce contexte, et je conclurai sur ce point, les recommandations qui sont formulées par le Secrétaire général dans son dernier rapport offrent une réelle opportunité pour les parties de donner des gages de leur réengagement. La reprise du dialogue au niveau local pour traiter des questions sécuritaires, pour avancer vers la mise en place des administrations conjointes de la zone est indispensable. Une action coordonnée des deux parties est également requise pour mener à bien les enquêtes sur les violences de Nai Nai et de Kolom qui ont eu lieu les 19 et 22 janvier 2020. Enfin, l’opérationnalisation de l’aéroport d’Athony, ainsi que la délivrance des visas qui sont nécessaires au déploiement des unités de police et l’arrivée d’un adjoint au chef de mission sont autant de nécessités et de gages de la volonté des parties qui conforteraient l’action de la FISNUA.

Madame la présidente, je vous remercie.

Dernière modification : 22/10/2020

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