Soudan : la priorité est le soutien à la transition [en]

SOUDAN

INTERVENTION DE MME NATHALIE BROADHURST,
REPRESENTANTE PERMANENTE ADJOINTE DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 25 septembre 2020

Monsieur le président,

Je remercie Mme DiCarlo et M. Lacroix pour leurs exposés très complets.

La priorité de la France est le soutien à la transition engagée il y a maintenant plus d’un an. Les progrès de ces derniers mois sont encourageants, en particulier s’agissant de la dynamique des négociations de paix dont le gouvernement a fait une priorité. Nous serons vigilants quant à la mise en œuvre de ces accords. Nous appelons en outre les parties qui restent à l’écart de ce processus à prendre leurs responsabilités, en reprenant les discussions de paix, et à tirer les conséquences de la nouvelle donne politique au Soudan.

Nous restons préoccupés par la persistance des violences au Darfour, à la fois entre les communautés et au sein des groupes armés, qui continuent de faire de nombreuses victimes civiles, y compris parmi les personnes déplacées, en violation du droit international humanitaire. L’envoi de 1 500 soldats des forces armées soudanaises annoncé fin juillet est encourageant et démontre une volonté claire de prendre en compte ces défis. Cela doit se traduire par une protection effective et une réduction des risques pour les populations civiles.

C’est indispensable pour créer les conditions du retrait de la MINUAD, qui est attendu à la fin du mois de décembre 2020 par le gouvernement soudanais. Il reviendra au Conseil de se prononcer d’ici là sur la base de l’évaluation de la situation sur le terrain dressée par le Secrétaire général des Nations unies.

Dans ce contexte, la structure de la MINUATS proposée par le Secrétaire général constitue une ossature adéquate. Elle doit bénéficier des ressources humaines et financières nécessaires pour prendre corps. C’est en particulier essentiel s’agissant du mandat de protection des civils, notamment des femmes, des enfants et des personnels humanitaires et médicaux. Laissez-moi souligner la responsabilité première des autorités soudanaises à cet égard, cela va de soi. La mission dispose d’un mandat étendu dans ce domaine pour appuyer leurs efforts, en matière de droits de l’Homme et de renforcement des capacités de police notamment. Je salue à ce titre la coopération entre les forces armées soudanaises et les forces de la MINUAD pour maîtriser les violences de juillet dernier, qui va dans le bon sens.

Il est également indispensable, dans les mois à venir, de tirer pleinement parti des synergies entre la MINUAD et la MINUATS, sans logique d’exclusive. Il ne fait pas de doute que la mobilisation des capacités et de l’empreinte de la MINUAD peuvent aider à accélérer la transition vers la MINUATS.

Dans ce contexte, la France continuera à apporter son plein soutien au gouvernement soudanais, sur plusieurs fronts : au-delà des enjeux sécuritaires, les autorités soudanaises sont en effet confrontées à des défis majeurs, économiques, avec le chantier des indispensables réformes structurelles, sanitaires ensuite, compte tenu de l’impact de la COVID-19, et humanitaires enfin, en raison des inondations qui ont affecté plus de 800 000 personnes dans le bassin du Nil du nord au sud. La France exprime ses condoléances aux victimes de ces inondations. Nous continuerons à nous mobiliser aux côtés du peuple soudanais, à travers notre aide d’urgence. Nous saluons enfin l’accord conclu avec le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme pour l’ouverture d’un bureau local à Khartoum et ainsi que d’antennes régionales, y compris au Darfour.

Je vous remercie.

Dernière modification : 25/09/2020

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